Un maillot "made in Germany" mondialisé

©BELGA

Une campagne réussie des Diables Rouges au Mondial russe rapporterait le pactole à son équipementier, Adidas. Qui reste très nébuleux sur l’origine des maillots et muet sur ses objectifs.

Rivaux acharnés sur les terrains et dans les magasins de sport, les géants Nike et Adidas, qui équipent 22 des 32 équipes présentes au Mondial russe, rivalisent aussi de discrétion dans leur politique de communication. Bonne chance pour avoir un aperçu chiffré de ce que les deux équipementiers attendent en termes de revenus.

La Coupe du monde 2014 au Brésil avait été marquée par une première, l’Américain Nike sponsorisant davantage d’équipes (10) que son grand rival allemand (9). Mais ce dernier a effectué un retour en force au détriment du troisième larron, l’Allemand Puma, qui soutenait huit équipes au Brésil et n’en équipe plus que quatre en Russie (la Serbie, la Suisse, l’Uruguay et le Sénégal).

©Mediafin

Au Mondial russe, Adidas, qui est aussi le sponsor officiel de la Coupe du monde, fournit en effet douze équipes, dont trois favoris: l’Allemagne, l’Espagne et l’Argentine — enfin, elle l’était jusqu’à la dégelée croate de jeudi soir…. -, et un (gros?) outsider, la Belgique. Les principales équipes portant des maillots Nike sont la France et le Brésil.

Maillots vintage

Les vareuses des principales nations équipées par Adidas ont un caractère commun: le vintage.

Le maillot allemand est inspiré du Mondial italien de 1990 et celui des Diables Rouges rappelle, avec ses losanges tricolores et son logo centré, la vareuse que portaient leurs prédécesseurs à l’Euro français de 1984. Un tournoi qui rappelle pourtant un souvenir cuisant puisque la Belgique, battue par le Danemark (2-0) et aplatie par la France de Michel Platini (5-0), n’avait pas franchi le premier tour.

"La production va en Indonésie ou au Vietnam, où les salaires se situent entre 82 et 200 euros par mois."
Jean-Marc Caudron
responsable de l’ASBL achACT

Si Adidas et Nike rivalisent d’efforts pour nouer des contrats d’équipement, c’est parce qu’ils espèrent que les bons résultats des ténors doperont leurs ventes. Mais on n’en saura pas plus. Nos tentatives de joindre un responsable d’Adidas pour savoir ce que le groupe — dont le holding GBL détient 7,5 % du capital — attendait des ventes de maillots des Diables sont restées vaines.

En 2015, nos confrères de "Tendances" avaient tenté de tirer les vers du nez d’Herbert Hainer, le CEO d’Adidas, en lui demandant quel était le prix payé par Adidas à l’Union belge de football. Ils avaient fait chou blanc.

"Vous comprendrez que nous ne communiquons pas sur le montant de nos contrats. Cela ne fait qu’entretenir les conversations stériles sur le fait que cette somme soit trop ou pas assez élevée", avait-il répondu.

On sait néanmoins que l’équipementier allemand a négocié avec la Mannschaft, l’équipe nationale allemande, un contrat à… 65 millions d’euros. Nul doute que le contrat avec l’Union Belge reste loin d’un tel pactole.

38 sous-traitants dans 14 pays

Pas d’infos non plus sur le nombre de maillots vendus et sur les objectifs de ventes.

Et au fond, où sont produits les maillots de l’équipe nationale? Là aussi, Adidas ne brille guère par sa transparence. Tout juste peut-on voir, sur son site internet, une liste de 38 sociétés sous-traitantes dans 14 pays lui fournissant ses vêtements. Mais impossible de savoir si la vareuse des Diables a été produite au Cambodge, en Chine, en Thaïlande, en Indonésie ou encore au Vietnam.

Des ONG européennes regroupées au sein du collectif "Éthique pour l’étiquette" mettent pour leur part en cause les conditions de travail des ouvriers sous-traitants, qui gagnent moins d’un euro sur les 90 que coûte un maillot.

+0,6%
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Les 11 actions sélectionnées: Adidas, Nike, AB InBev, Carlsberg, Coca-Cola, Visa, Gazprom, TF1, Carrefour, GVC Holdings (Ladbrokes) et EVS. Le portefeuille a gagné 0,6% vendredi. Toutes les actions étaient en hausse.

"Pour accroître la rétribution de leurs actionnaires, Adidas et Nike vont jusqu’à transférer des activités de Chine, où les salaires ont augmenté sous la pression de mouvements sociaux jusqu’à atteindre aujourd’hui l’équivalent de 300 euros par mois, soit près du minimum vital, explique Jean-Marc Caudron, responsable de l’ASBL achACT (Actions consommateurs travailleurs), une plateforme de 25 organisations (syndicats, ONG, organisations de consommateurs…). La production va notamment en Indonésie ou au Vietnam, où les salaires restent cantonnés entre 82 et 200 euros par mois."

Une paille à côté des contrats à vie de 20 millions d’euros pour Cristiano Ronaldo avec Nike et de 12 millions pour Lionel Messi avec Adidas.

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