Un Mondial, ça se gagne aussi avec la tête

Le psychologue du sport Jef Brouwers ne fait pas partie du staff technique des Diables, mais est en permanence à la disposition du sélectionneur national Roberto Martinez. ©Photo News

La Coupe du Monde se gagne (aussi) avec la tête... Les Diables Rouges font appel depuis deux ans à un soutien mental professionnel, en la personne du psychologue du sport Jef Brouwers.

La qualité d’une équipe de football dépend entièrement des compétences de ses joueurs. Mais pour tirer le maximum de leur potentiel, il faut plus que de bonnes jambes. Un coach mental, par exemple. Y compris chez nos Diables Rouges.

Ce sont souvent de petites choses – sur lesquelles il est parfaitement possible de travailler – qui font la différence.
Kris Perquy
Psychologue du sport

Pourquoi un coach mental?

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Depuis des décennies, le Mexique compte de bons footballeurs. Malgré tout, ces dernières années, l’équipe nationale n’a jamais réussi à dépasser le deuxième tour de la Coupe du Monde. Pour briser cette malédiction, l’association de football mexicaine a recruté en 2006 un "gourou" mental, qui a entraîné les joueurs au pied des pyramides Maya pour "capter leur énergie spirituelle". Sans succès.

Pour la Coupe du Monde 2018, le coach Juan Carlos Osorio a opté pour une approche plus scientifique. Depuis 2016, l’équipe nationale mexicaine utilise en permanence les services d’un préparateur mental, Imanol Ibarrondo.

Fan de rugby, Osorio a eu l’idée de recruter un coach mental après un entretien professionnel avec l’équipe nationale néo-zélandaise de rugby. Les All Blacks travaillent depuis des années avec un préparateur mental renommé. Lorsque Osorio a reçu une volée de critiques suite à ce recrutement, il a réagi de manière laconique: "C’est une pratique courante dans le sport moderne de haut niveau. Pourquoi pas dans le football?"

Et chez les Diables?

Des pays comme la Suède ont un coach mental dans leur staff technique. C’est aussi le cas de la Belgique. Tandis que lors de la dernière Coupe du Monde, tout le monde se moquait encore de l’idée de recruter un psychologue du sport, les Diables Rouges font appel depuis deux ans à un soutien mental professionnel, en la personne du psychologue du sport Jef Brouwers. Ce dernier ne fait pas partie du staff technique, mais est en permanence à la disposition du sélectionneur national Roberto Martinez.

La psychologie ne décide pas si vous êtes ou non un bon joueur. Mais elle peut vous aider à donner le meilleur de vous-même.
Jef Brouwers
Psychologue du sport

"L’homme qui murmure à l’oreille de Martinez. C’est ainsi que le journal Le Soir m’a un jour qualifié", raconte Brouwers. "Je suis assez d’accord avec cette image. Je viens avec des idées, et c’est au coach de les mettre ou non en œuvre. Nous communiquons via Skype, Whatsapp, par téléphone ou par mail en fonction des cas. Martinez n’estime pas nécessaire que je sois présent en permanence."

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· Quel est exactement son impact? "Dans le football, tout tourne autour du talent des joueurs", explique Brouwers. "Mais lorsque les compétences sont bien gérées sur tous les plans, il est possible d’aller encore plus loin. Le mental est un des aspects susceptibles de faire la différence. La psychologie ne décide pas si vous êtes ou non un bon joueur. Mais elle peut vous aider à donner le meilleur de vous-même."

"La pression sur le top du football mondial est immense", poursuit Brouwers. "Elle vient de tous les côtés. Le monde entier a les yeux braqués sur vous. Il y a beaucoup d’argent en jeu, les supporters et les journalistes ont tous un avis. Et comme l’écrivain Marcus Buckingham l’a dit un jour: nous parlons pendant 2 minutes des bonnes choses, et pendant 58 minutes de ce qui a mal tourné. Tout cela fait du football de haut niveau un monde particulièrement complexe. Un psychologue peut encadrer et interpréter cette complexité."

Alors qu’un athlète individuel ne se préoccupe que de lui-même, dans le football, il faut tenir compte de la dynamique de groupe. Cela aussi, c’est parfaitement gérable, explique le psychologue du sport Kris Perquy, qui travaille également pour les équipes nationales juniors. "L’esprit de groupe est positif en cas de victoire. A l’inverse, il a également été démontré que s’il l’on travaillait la dynamique du groupe, on pouvait avoir un impact positif sur les résultats. Les joueurs se coupent plus volontiers en quatre pour leurs coéquipiers quand l’atmosphère est positive."

Comment ça marche?

©AFP

Perquy: "Pour commencer, nous étudions le rôle de chaque individu dans le groupe. Le joueur est-il un meneur? Un tacticien? Un finisseur? Nous cartographions tous ces éléments sur base d’un questionnaire basé sur des données scientifiques. Une bonne compréhension du groupe permet de travailler de manière ciblée, afin que les coéquipiers se comprennent mieux. Lorsque l’un d’entre eux fait une erreur, un autre rend alors plus facilement le relais et ils peuvent se soutenir mutuellement."

"L’issue de nombreux matchs de cette Coupe du Monde s’est décidée dans les dernières minutes. Dans ce cas, qui gagne? L’équipe la mieux préparée. Physiquement, mais aussi mentalement. Le fait d’être encore capable de réfléchir lucidement à la fin du match peut faire la différence. Ce sont souvent de petites choses – sur lesquelles il est parfaitement possible de travailler – qui font la différence. Pour gagner, vous devez être au top dans tous les domaines: sur le plan physique, tactique, technique, alimentaire, etc. Et donc aussi au niveau mental."

©REUTERS

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