chronique

Venise, ses canaux et son bar de foot

Eric Giacometti

Le hors-jeu d'Eric Giacometti, auteur de thrillers et scénariste de Largo Winch.

Souvenir de voyage bis. Vendredi dernier, je me trouvais à Venise pour le mariage d’un couple d’amis très proches. Un mariage célébré dans la mairie à quelques encablures de gondole du pont du Rialto. Ah la Sérénissime! Ses palais, ses canaux, son atmosphère magique… Tout avait été calé jusqu’au moindre détail depuis des mois. La cérémonie à 15h30, l’arrivée de la cinquantaine d’invités, un palais pour abriter le dîner…

Oui, mais voilà, nous étions vendredi 6 juillet, jour de France-Uruguay. Quart de finale de la Coupe du monde à 16 heures pile. Ajoutez à cela que la noce était composée d’une majorité de Français dont certains vibraient pour les Bleus.

Célébrer son union pendant un match clé de la Coupe du monde. Quelle témérité.

Imaginez le dilemme. Nous étions ravis de partager le bonheur d’amis très chers, mais fébriles à l’idée de rater le match. Et l’angoisse des mariés? Célébrer son union pendant un match clé de la Coupe du monde. Quelle témérité.

Heureusement, tout se passa à merveille. Par un divin hasard, le planning incluait une plage de temps libre entre la fin de la cérémonie et le début du dîner. Quatre heures de battement. Le luxe. Idéal pour se rendre dans un bar voisin qui retransmettait le match, attendre des prolongations éventuelles, voire des tirs au but, et ensuite rejoindre le palais.

La célébration se déroula donc à merveille et les heureux et magnifiques époux prononcèrent le oui fatidique sous les ovations des invités. Une heure plus tard, une petite dizaine d’entre nous prit ses quartiers dans un bar de footeux.

Imaginez la scène, nous portions vestes et costumes d’apparat au milieu d’une foule de supporters. Il y avait aussi des Italiens curieux de voir si la France allait se prendre une raclée, des Allemands hilares, des Anglais bien imbibés, des Français au taquet et une famille belge dont le père vantait les louanges de la bière ambrée servie par le patron. Bref un sympathique instantané d’Europe. Et au premier but marqué par la France, un type jovial en tee-shirt paya une tournée générale. Il était iranien.

La France triompha et le dîner fut une réussite. Fin de l’histoire. Tout est bien qui finit bien.

Au moment d’envoyer cette dernière chronique, c’est-à-dire la veille de parution du billet, je réalise avec émotion que le match de ce soir (donc hier pour vous) oppose la France, mon pays, à la Belgique que j’apprécie depuis ma jeunesse. Ma mère m’a même fait naître un 21 juillet. C’est pour dire… Et mon ami, le dessinateur de Largo, Philippe Francq est belge.

Mais en toute honnêteté, j’espère que la France aura mis la pâtée aux Diables Rouges! En revanche, si c’est la Belgique qui gagne, alors je payerai ma tournée aux Belges que je croiserai pour la finale. Ce sera dans un bar en… Espagne.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content