Le bilan CO2 des fans coûte 2,4 millions

Chaque supporter parti au Brésil devrait payer 264 euros pour compenser son impact carbone. ©BELGA

Le bureau CO2Logic a calculé le bilan des émissions de CO2 dues au déplacement des supporters belges au Brésil. Les 38.000 tonnes équivalent à 8.000 années de chauffage pour un ménage moyen…

Se rendre au Brésil pour aller encourager les Diables rouges de vive voix, c’est évidemment super. On applaudit au virus du voyage qui a pris les quelque dix mille "vrais" fans de l’équipe belge ayant eu l’audace de traverser, pour l’occasion, l’Atlantique — et l’équateur. Ils garnissent les gradins de stades d’un supplément de "belgitude" qui ne peut que faire chaud au cœur d’Eden Hazard, de Dries Mertens et de leurs équipiers, au moment de négocier un dribble ou d’armer un tir. Mais bon, même si l’on se sent tous supporter, on ne peut s’empêcher de prendre en considération le message diffusé hier par CO2Logic, un bureau belge spécialisé dans les bilans carbones et les plans de compensation d’émission de CO2.

Les déplacements des supporters belges au Brésil ont un coût en termes d’émissions de gaz à effet de serre (CO2), souligne le bureau. Comme tous les autres déplacements, du reste. Et l’on peut calculer, à la grosse louche, leur bilan carbone. CO2Logic précise d’emblée qu’il "ne veut pas casser l’ambiance", mais que son rôle est "d’informer chacun de l’impact de ses émissions de CO2 sur le climat".

Les 9.123 supporters partis pour le Brésil vont effectuer autant de vols aller et retour Bruxelles-Sao Paulo (pour faire simple, on a laissé tomber les vols internes). Un vol de ce type génère 4,24 tonnes d’équivalent CO2, selon une grille de calcul basée sur la consommation de carburant des avions. Multiplié par 9.123, cela donne un total de 38.681,52 tonnes d’équivalent CO2.

Compenser les vols des supporters

Quelque 9.100 supporters des Diables rouges se rendent au Brésil; les vols qu’ils vont prendre dégageront l’équivalent de 38.681 tonnes de gaz à effet de serre.

Chaque tonne de CO2 émise a une incidence sur le climat, qui représente un coût de 85 dollars pour la société.

Il y a moyen de compenser ces émissions en finançant le développement de projets "verts" (absorbant ou réduisant les émissions).

S’il veut compenser ses émissions, chaque supporter devrait débourser 264 euros.

 

Est-ce beaucoup, pas beaucoup? Cela correspond à 5.372 tours du monde en voiture, à 8.045 années de chauffage pour une famille belge moyenne ou à 2.579 terrains de football à reboiser pour absorber la même quantité de CO2, a calculé CO2Logic. En termes de production énergétique durable, il faudrait 19,34 éoliennes ou 54.945 installations de panneaux solaires sur les toits de particuliers pour produire de quoi éviter la même quantité d’émissions.

264 euros par tête

Ceci dit, en termes absolus, ce n’est pas énorme. Ces 38.681 tonnes représentent à peine 0,03% des émissions de la Belgique. Cela n’empêche pas CO2Logic de suggérer, aux vaillants supporters voyageurs des Diables, de compenser leurs émissions, c’est-à-dire de verser de l’argent pour financer des projets "verts" dans des économies émergentes ou des pays en développement, dans le cadre du Mécanisme de développement propre organisé sous l’égide de l’Onu. Il faut savoir que chaque tonne de CO2 émise a une incidence sur le climat qu’on a traduite en coût pour la société: cela revient actuellement à 85 dollars. Cela signifie que les vols des supporters représentent un coût global de 3,28 millions de dollars (2,4 millions d’euros). Par tête de pipe, cela fait 360 dollars ou 264 euros…

A ce tarif, pas sûr qu’ils seront tous prêts à mettre la main au portefeuille pour compenser leur déplacement. Mais peut-être que si les Diables vont très loin dans le tournoi, leurs fans seront plus disposés à fournir cet effort…

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