analyse

Six graphiques pour résumer 2017

Le bitcoin souffre-t-il de ses maladies de jeunesse? Le pétrole se stabilise, pourquoi pas le Venezuela? Quelle entreprise a le plus performé au sein du Bel 20?

Bitcoin: entre ascension vertigineuse et crainte de la bulle

Il est sur toutes les lèvres. Des discussions autour de la machine à café aux repas de famille, jamais un actif spéculatif n’aura autant suscité d’intérêt que le bitcoin. Résultat ? La demande est forte. Conséquence ? Une montée vertigineuse du cours. Si bien qu’entre début janvier, où un bitcoin valait moins de 800 dollars, et mi-décembre, il a explosé pour atteindre près de 20.000 dollars.  Et même si certains États, comme la Chine, ont tenté de lutter contre la cryptomonnaie, via la fermeture de plateformes de transactions, son ascension n’a que brièvement été freinée.

Mais qui dit spéculation excessive dit aussi bulle potentielle. Si la confiance venait à s’effriter, au "bonheur" de certains professionnels de la finance qui décrient cette monnaie virtuelle faute de contrôle, le cours pourrait s’effondrer. Il a d’ailleurs chuté considérablement en décembre, passant de 18.674 dollars le 18 décembre à 13.768 dollars le 25 décembre.

Le bitcoin reste encore et toujours la cryptomonnaie la plus importante, la plus répandue. Mais sa part de marché est passée de plus de 85% en janvier à environ 40% fin décembre. L’arrivée et la montée en puissance, bien que plus limitée, des autres cryptomonnaies, comme l’Ethereum et le Ripple, en sont les principales responsables.

 

Gourmand en énergie

Les échanges et la création de Bitcoin demandent beaucoup d’énergie. La technologie blockchain implique tout le réseau relié dans le processus et consomme donc beaucoup d’électricité. Selon des estimations, chaque transaction en bitcoin représenterait la consommation hebdomadaire d’un ménage américain. La consommation totale annuelle avoisinerait celle du Qatar. Pas très « green » tout ça…

 

 

L’or noir remonte, pas le Venezuela

Le pétrole aurait-il trouvé un semblant d’équilibre ? Après un plus bas historique en 2016 (moins de 28 dollars le baril de Brent fin janvier), l’accord, fragile au départ, de l’Opep et de ses partenaires a finalement porté ses fruits.  La réduction de la production, et donc de l’offre, a maintenu les tarifs aux alentours de 50 dollars par baril, pour même atteindre les 65 dollars fin décembre. Une bonne nouvelle pour la plupart des pays exportateurs. Mais pas forcément pour l’un des plus dépendants : Le Venezuela. Le pays, dont l’économie est extrêmement dépendante de l’or noir, n’a pas réussi à relancer la machine. Le moteur est trop encrassé.

©REUTERS

En proie depuis de nombreux mois à une crise politique et économique, le pays devrait profiter de la hausse du prix du baril. Le secteur pétrolier devrait remettre du beurre dans les épinards. Pourtant, il n’en est rien. Ou presque. Étouffé par les prix extrêmement faibles des dernières années 2015 et 2016, le Venezuela a perdu des parts de marchés et, pire, n’a plus de fonds pour investir dans la production. Il n’arrive même pas à atteindre le nombre " maximum " de barils prévu dans l’accord de l’Opep. Un plafond qui fait pourtant figure de plancher pour les plus gros producteurs, comme l’Arabie saoudite, qui restreignent leur production pour respecter l’accord.

Un paradoxe pour le pays sud-américain qui affiche les plus grosses réserves de pétrole au monde.  Ajoutez à cela une corruption qui ralentit le mécanisme économique et le principal importateur de pétrole vénézuélien que sont les États-Unis qui affichent des réticences à l’achat, et le pays reste enlisé. Les États-Unis qui produisent d’ailleurs de plus en plus de pétrole et de pétrole de schiste. Une situation qui réduit les moyens de pressions du Venezuela à peau de chagrin.

 

Bel 20 en hausse, AB Inbev dans le rouge, Umicore dans le top

Le géant aux pieds d’argile. L’image est un peu forte, mais AB Inbev, champion de 2016 qui avait avalé SABMiller, a un peu plombé le Bel 20.

À l’inverse, Umicore a connu un record historique. L’entreprise, active dans les métaux, a vu le cours de son action fortement augmenter (+46%). La scission de l’action en 2 en octobre a dû attirer les investisseurs. D'ailleurs, le CEO a laissé entendre qu'une augmentation de capital pourrait être possible dans un futur proche. Le fait qu’Umicore soit actif dans les métaux, dont le lithium, a dû favoriser la confiance des investisseurs. Car qui dit métaux et lithium dit batteries. Dans un monde où ces mêmes batteries se multiplient et où l’on mise de plus en plus sur les véhicules électriques, ça semble légitime.

Ce qui est plus étonnant, c’est la hausse du prix des métaux en tant que matières premières. Ce qui aurait dû peser sur les résultats d’Umicore. Mais cela ne semble pas avoir tant freiné la croissance de l’entreprise. Reste à voir ce que cela va donner sur le long terme.

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