Les disques de la semaine

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Paul Kalkbrenner - "7"

(Columbia/Sony Music)

Electro

En 2003, le label électro BPitch Control prenait un sacré virage techno avec Paul Kalkbrenner. Ce producteur allemand livrait alors "Self", un second album festif pour danser à la verticale. Depuis, le DJ berlinois – starifié par le film "Berlin Calling" – court les festivals et les clubs du monde entier.

Entre deux siestes d’aéroport, il a trouvé le temps de retourner en studio. Pour nourrir "7", sa nouvelle compagnie, Columbia lui a permis d’aller fouiller dans ses archives.

Le Berlinois a retravaillé "White Rabbit" de Jefferson Airplane (1967) pour un hypnotique "Feed Your Head". Il a aussi transformé le discosynthétique de D-Train, "You’re the One for me", de 1981, en un titre beaucoup plus soul et plus intense, l’inspiré "Cloud Rider". Ailleurs, les notes fluctuent, les jambes hésitent, le pouls s’accélère… sur un rythme parfois répétitif, parfois trop binaire ("Mothertrucker", "Align the Engine", "Bright Roller"). Reste le planant "A Million Years", sur lequel le DJ s’empare de la voix de Luther Vandross, mort en 2005, et de son tubesque "Never too Much".

Paul Kalkbrenner - Cloud Rider

 

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Gengahr - "A Dream Outside"

(Transgressive/Pias)

Pop

Signés sur l’excellent label indépendant "Transgressive", qui a couvé de grands noms tels que Foals, Battle, ou Bloc Party, les Anglais de Gengahr livrent un premier album à vif, tout en éruptions rêches et chant voilé, mêlant fureur blafarde, chatoiements rêveurs et montées d’hormones.

Sous ses airs innocents et dépouillés, le single "She’s a Witch" dessine un paysage sonore dans la mouvance néo-psyché de MGMT et Temples. "Heroine" est un condensé d’indie rock pur sucre, dont les inflexions mélodiques et l’électricité à voltage variable rappellent les offensives de Beulah ou l’irrésistible The Spinto Band.

Même si le chanteur force trop systématiquement son chant dans les aigus, sa "féminité" — rappelant celle de Morrissey ou des Wild Beasts — fait merveille sur des chansons comme "Powder" ou "Fill My Guns with Blood", candidates à la bande-son de l’été. À placer sous surveillance. Juste à côté des extincteurs.

Genghar - Heroine

 

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Dr Dre - "Compton: A Soundtrack by Dr. Dre"

(Aftermath/Universal Music)

Hip hop

Le monde attendait "Detox", il aura "Compton: A Soundtrack by Dr. Dre", premier album en 16 ans de Dr. Dre, qu’il annonce aussi comme le dernier. En revisitant son vieux quartier, le frétillant quinqua dit avoir retrouvé la juste inspiration, celle qui lui permet de caresser ses racines, dévoilées tout prochainement dans un film retraçant l’ascension de son ancien groupe NWA.

Architecte méthodique, Dr. Dre ne va pas là où l’on pourrait l’attendre. Pas d’auto-tune, pas d’accointances électro et pas forcément de tubes pensés pour nourrir les radios. Le flow chaloupé, Dre se rit de la monotonie. Les guests, triés sur le volet, donnent le meilleur d’eux-mêmes. Eminem, Snoop Dogg (sur le génial "Satisfiction"), Ice Cube (pour un "Issues" puissant infusé de rock), The Game, Xzibit et Kendrick Lamar savent tous ce qu’ils doivent à Andre Young.

Devenu richissime, Dre ne renie ni la poudre ni le goudron. Et use de son aura pour s’indigner. Sur "Animals", il mentionne la situation des jeunes Noirs aux États-Unis et revient sur les événements de Ferguson. Histoire de tirer sa révérence en toute dignité.

Dr. Dre - Straight Outta Compton – “Learning from the Master”

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