Nos coups de coeur musicaux de la semaine

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Chaque semaine, nous vous proposons d'apprendre à connaître 4 artistes venus d'horizons musicaux totalement différents et qui ne vous laisseront certainement pas indifférents. Allez, on vous emmène.

Plaza Francia Orchestra

Tango-rock. Because Music. Note: 3/5.

Échappés du Gotam Project, Eduardo Makaroff et Christoph Müller donnent à leur… projet Plaza Francia une nouvelle impulsion, en lui conférant une dimension orchestrale. Le duo, qui avait décidé d’actualiser le tango argentin en l’électrisant comme sur "Arabeto", s’entoure cette fois d’un véritable orchestre tout en continuant à mixer rythmes actuels et langueurs argentines.

Plaza Francia Orchestra - Te prohíbo

Ce concept du vague à l’âme argentin (en deux mots: la fille bourgeoise qui s’abandonne à l’amour dans un quartier populaire de Buenos Aires et y perd la raison) voit défiler des invités comme Lura, chanteuse cap-verdienne, ou Maria Muliterno (sur l’entraînant "Paraiso Terenal") ou Argentine de Paris, laquelle reste un épicentre du tango. La plus connue des voix conviées reste l’ex-Rita Mitsuko Catherine Ringer, déjà encline aux rythmes latinos et présente sur le précédent projet de tango acoustique de Makaroff et Müller: elle endosse ici le chant sur deux des plus "buenos airs" de l’album, à savoir "Barbara Monica" et "Todo estaba Planeado". Sa voix s’accroche, s’enroule autour des mouvements sinueux et fluides des deux mélodies pour s’unir et danser… le tango.

 

Palatine, "Grand paon de nuit"

Pop. Pias. Note: 3/5.

En cherchant un coin d’ombre, on tombe sur ce premier album de Palatine. Quatuor parisien, mené par Vincent Ehrhart-Devay, qui pioche ses influences chez Nick Cave et PJ Harvey mais surtout beaucoup dans le blues et l’américana. On sent la moiteur des choses et la poésie du soir. L’ambiance laid-back s’étire sur tout l’album et ses onze morceaux chantés tantôt en français, tantôt en anglais.

Palatine - Paris/L'ombre

Il y a du voyage sans sortir de Paris ou en poussant jusqu’à Baton Rouge. Les textes font parfois songer à Feu! Chatterton ou à Alain Bashung. Mais il n’y a pas de démesure, ici. Au contraire. Plutôt le léger tremblotement des timides qui s’enhardissent. Mention spéciale à "City of light" et à "C’était un loup". "Grand paon de nuit" est une belle surprise et on a déjà hâte d’en connaître la suite.

En concert le 6 octobre à l’Atelier 210 à Bruxelles dans le cadre du Festival Francofaune.

Ross From Friends, "Family portrait"

Musique électro. Brainfeeder. Note: 3/5.

Derrière ce pseudonyme loufoque (référence à Ross de la série "Friends", pour les deux du fond) se cache Felix Clary Weatherall, jeune DJ originaire de Londres, adepte de l’expérimentation, des ambiances eighties et des gros "kicks" de batterie. C’est d’ailleurs exactement ce que l’on retrouve dans son premier album "Family portrait".

Ross From Friends - 'Pale Blue Dot'

Excentrique, dansante, mélancolique, légère, crasseuse… L’électro de Ross From Friends est multiple. Le dénominateur commun vient se situer dans les basses et les percussions, réglées comme du papier à musique, sur lesquelles viennent se greffer les claquements, nappes de synthés, notes virevoltantes, voix trafiquées et toutes autres inventions de l’artiste. Cette richesse du son de Ross From Friends provoque un effet tout à fait apaisant, dans lequel il fait bon rêvasser. À l’instar de la vidéo de son titre "Pale blue dot" (qu’on jurerait emprunté aux géniaux  Mount Kimbie), retraçant le parcours de ses parents dans les années 90, qui organisaient des fêtes itinérantes au quatre coins de l’Europe.

Touchant, ce "Family portrait" est à coup sûr une des meilleures surprises de l’année.

 

"Benevolo - Missa/Magnificat",

Classique. Hervé Niquet, Le concert spirituel, 1CD Alpha. Note: 5/5.

Pur produit de la contre-réforme catholique et de la volonté de reconquête des fidèles par des œuvres grandioses, Benevolo a conçu ses motets comme des colosses sonores. Pour graver ces œuvres monumentales, qui déversaient au XVIIe leurs escadrons célestes dans les églises romaines, il faut un brin d’inconscience. Et du talent. Hervé Niquet possède les deux, ce qui nous vaut ce somptueux enregistrement de la Missa "Si Deus pro Nobis" et d’un Magnificat à 16 voix. Programme que complètent en toute légitimité Monteverdi, Palestrina et Frescobaldi. Sous la direction experte de Niquet, les 48 chanteurs du Concert spirituel, répartis en plusieurs chœurs sous les voûtes de la cathédrale Notre-Dame du Liban, à Paris, ont tout pour réussir le pari: richesse des timbres, relief et articulation des parties, spatialisation exemplaire.

Benevolo - Missa/Magnificat

On pourrait redouter, devant une telle profusion vocale, que la polyphonie se noie dans d’incontrôlables tourbillons. La prise de son fidèle à l’acoustique enveloppante du lieu, à la fois proche et distante, ne gomme pas tout à fait l’écueil. Mais elle le polit avec tant d’habileté que l’inévitable halo sonore en devient encore plus enivrant.

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