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Allons schtroumpfer à Smurfland

©vadot

Smurfland, un parc d’attractions d’une cinquantaine d’hectares, à cheval sur la frontière linguistique. Sa création pourrait générer un pôle d’attraction touristique international aux retombées économiques importantes, à l’instar de l’Europa-Park allemand et, bien évidemment, de Disneyland Paris.

Créer de toutes pièces un parc d’attractions de dimension internationale en Belgique. Centré sur l’univers des Schtroumpfs, ce Smurfland pourrait étendre sa zone de chalandise naturelle aux Pays-Bas, à l’ouest de l’Allemagne, à l’Angleterre et à la moitié nord de la France. Soit une population de 30 à 40 millions d’habitants. Sans compter les touristes du sud de l’Europe ou extra-européens. On l’a vu lors de la création de parcs d’attractions internationaux à Dubaï et en Malaisie notamment, les personnages des Schtroumpfs bénéficient d’une réelle renommée internationale. En cas de réussite, c’est l’assurance de retombées économiques considérables et d’une importation pécuniaire qui profiteraient à l’économie belge dans son ensemble.

Il est vrai qu’il a fallu plus de 10 ans avant que le succès commercial ne soit réellement au rendez-vous pour Disneyland Paris, et que le parc de Marne-la-Vallée ne devienne la première destination touristique en Europe. Durant ses vingt premières années d’existence, Euro Disney n’a connu que 9 exercices en positif ou à l’équilibre. Du coup la société cumule une perte qui flirte avec les 2 milliards d’euros, après avoir culminé à 3 milliards d’euros deux ans après l’ouverture.

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Alors fausse bonne idée que de créer un grand parc de loisirs pour relancer l’économie? Pas sûr. Pour autant que la taille et les moyens soient à la hauteur des ambitions. Avec des parcs comme Walibi à Wavre, Plopsaland à La Panne ou, dans un autre style, Pairi Daiza à Brugelette, la Belgique compte au moins trois parcs qui dépassent le million de visiteurs par an. Mais aucun des trois n’a de rayonnement international et aucun n’attire davantage de touristes étrangers que belges.

Smurfland placerait donc la barre plus haut, à l’image de son géant voisin de l’est parisien. Les équipes de IMPS, gestionnaire des droits sur l’œuvre de Peyo, le créateur des Schtroumpfs, se sont prêtées au jeu et ont conçu ce parc avec nous (voir ci-dessous). Une vingtaine d’attractions, dans un premier temps, issues de l’univers des Schtroumpfs, réparties sur un territoire d’une trentaine d’hectares, et un complexe hôtelier (indispensable pour sédentariser les visiteurs et faire du parc une destination de séjour et non d’un jour) et immobilier pour une autre vingtaine d’hectares. Un parc de cette ampleur, qui doit rivaliser avec Disney ou Europa-Park, nécessiterait plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements. Le jeu en vaut la chandelle en termes de retombées économiques. L’exemple d’Euro Disney est parlant.

Survolez les pastilles sur le plan pour consulter le détail des attractions de Smurfland ou cliquez ici pour visionner le plan sur votre mobile.

 

Avec plus de 15 millions de visiteurs par an, Disneyland Paris et Disney Studio sont la première destination touristique européenne. Faute de succès financier, le succès commercial est au rendez-vous, loin devant les autres parcs européens comme Europa-Park en Allemagne ou le Tivoli au Danemark qui culminent à environ 5 millions de visiteurs par an.

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En 20 ans, plus de 59 milliards d’euros ont été dépensés par les visiteurs des parcs Disney en France.

Selon une étude menée par le gouvernement français, pour un euro investi par les pouvoirs publics, en infrastructures essentiellement, 7 euros ont été apportés par le secteur privé. Soit 7 milliards de dépenses sur 20 ans au total. Côté recettes 59 milliards d’euros ont été dépensés en France par les visiteurs d’Euro Disney sur 20 ans, dont 37 milliards proviennent de l’étranger. Un tiers seulement l’a été dans le parc lui-même, le reste bénéficie directement à l’économie régionale ou nationale en horeca, transports, fournitures… Disneyland Paris a généré sur la même période 50 milliards de valeur ajoutée à l’économie française et 5,33 milliards d’impôts et taxes.

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Les parcs Disneyland Paris et Studio Disney créent chaque année 55.000 emplois directs et indirects dans la région parisienne et au-delà.

En termes d’emplois, les chiffres sont aussi éloquents. Le parc assure 55.000 emplois directs et indirects chaque année. Pour un emploi créé dans le parc, trois le sont ailleurs en France. Ce calcul s’applique à d’autres parcs de loisirs en France. En Vendée, le parc historique du Puy du Fou, qui connaît les meilleurs taux de progression ces dernières années, affiche les mêmes multiplicateurs en termes d’emplois et de retombées économiques extra-muros.

Même analyse pour les parcs belges. Destination d’un jour, Walibi génère un chiffre d’affaires de 30 à 35 millions d’euros, dont 2/3 via les ventes de tickets et 1/3 en dépenses internes (horeca, souvenirs…). Près de 60% de ces rentrées retombent directement dans l’économie locale et régionale. Tout profit pour les 500 à 600 fournisseurs, belges pour la plupart.

Cette pluie d’euros n’échappe d’ailleurs à personne. Les projets de parcs d’attractions fleurissent actuellement, particulièrement en France. La mairie de Calais prévoit un Heroic Land à l’horizon 2019: 50 hectares, 32 attractions pour 275 millions d’investissements. Plus au sud, Spirou devrait avoir son parc en 2017 à Monteux dans le Vaucluse. Certes, même si les promesses financières sont effectivement tenues, de tels projets doivent se concevoir sur le long terme. Disneyland, le Puy du Fou et le Futuroscope de Poitiers par exemple, ont mis plus de 15 ans avant de trouver leur vitesse de croisière. Mais le jeu en vaut la chandelle. Alors pourquoi pas chez nous?

Les erreurs à ne pas commettre

Sur la base de l’expérience d’Euro Disney et d’autres parcs européens, les créateurs de Smurfland peuvent éviter certains écueils.

Aller trop vite. Plus de 2 ans de négociations avant la signature de la convention avec l’État, et 5 ans supplémentaires avant l’ouverture officielle: un tel projet prend du temps.

Cohérence politique. Construire un parc d’une telle ampleur ne peut se faire uniquement au niveau local. Cela nécessite l’implication de tous les niveaux de pouvoir, pour l’affectation des terrains mais aussi pour les travaux d’infrastructures indispensables.

Le montage financier. Le financement d’Euro Disney était essentiellement basé sur l’endettement à taux élevés, ce qui a plombé sa rentabilité sur le long terme. Il y a aujourd’hui d’autres techniques de financement et surtout d’autres sources. Un partenariat public-privé est envisageable.

Gestion à l’américaine. Durant les premières années, la gestion d’Euro Disney, ne correspondait pas aux attentes et aux habitudes de consommation européennes. Politique tarifaire complexe, pas de forfaits proposés aux tour-opérateurs, offre alimentaire de très mauvaise qualité par rapport au prix, pas de vins dans les restaurants,… Sans compter qu’il a fallu convaincre le public de venir dans ce parc par tous les temps et en toute saison.

Respect de l’image. Même si le parc peut comporter plusieurs espaces et des thématiques différentes, il est important que son image soit cohérente. On l’a vu avec Walibi. Au fil des reprises et changements de propriétaire, son image a changé, ses personnages aussi. Mais, pour le public, la marque Walibi est restée la plus forte. Dans le même ordre d’idées, l’ancien parc Walibi Schtroumpf en Lorraine n’a pas réussi à fidéliser son public, faute d’une politique d’image et de marque constante.

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