Philippe montera sur le trône le 21 juillet

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Le Roi Albert II a annoncé qu'il abdiquait le 21 juillet, jour de la Fête nationale, après 20 ans de règne, au profit de son fils, le prince Philippe. Cette annonce a surpris le monde politique.

L’annonce de l’abdication du roi Albert II a surpris l’ensemble du monde politique et pris de court les observateurs. Et même quelques minutes avant le Conseil de ministre convoqué à 17h30, le secrétaire d’État Philippe Courard (PS) n’avait pas encore reçu la confirmation de la nouvelle qui s’était répandue sur les sites Internet des médias et les réseaux sociaux depuis quelques heures. "J’ai reçu un SMS me demandant de me rendre au Conseil des ministres à 17h30 mais je n’ai encore aucune confirmation", admet-il. Devant le bureau du Premier ministre au 16 rue de la Loi, les médias sont pourtant déjà présents en masse.

Sur le coup de 18h, c’est dans un salon exigu à l’intérieur du "16" que les journalistes écoutent sur leur smartphone le discours du roi. La Brabançonne retentit. Une page se tourne. Elio Di Rupo fait son entrée. Il est 18h15. La communication est minutée. Il est entouré par l’ensemble des vice-premiers. Les visages sont tendus.

Dans sa déclaration, le Premier ministre rend tout d’abord hommage au Roi Albert II. Les flashs crépitent. "Il y a quelques minutes, le Roi Albert II nous a fait part de son intention d’abdiquer ce 21 juillet 2013 en faveur de son successeur constitutionnel, le prince Philippe", déclare avec émotion Elio Di Rupo. "Nous avons appris avec regret que la santé du Roi ne lui permet plus d’exercer sa fonction comme il le voudrait. Le gouvernement fédéral exprime son respect et sa compréhension pour la décision du Roi. (…) Nous assisterons certes au départ de notre Roi mais nous pouvons nous réjouir. Nous réjouir que le changement de règne puisse s’opérer dans des circonstances très différentes de celles d’il y a 20 ans."

Le Premier ministre se veut également rassurant sur la suite: "Le prince Philippe s’est préparé avec beaucoup de sérieux et un grand sens des responsabilités à sa future fonction. Il pourra compter sur le soutien du gouvernement dans l’exercice de ses nouvelles fonctions."

La décision d’un homme

À leur sortie, les vices Premiers ne cachent pas leur "surprise". "J’ai été surpris par la communication faite aujourd’hui", confie Didier Reynders (MR). "Quand la chancellerie du Premier ministre nous a averti que la réunion du kern était déplacée au Palais Royal ce midi, j’ai compris que le Roi allait abdiquer. Au Palais, le Roi était très ému. C’est une décision totalement personnelle, qu’il a mûri et prise en son for intérieur. Il faut la respecter et on va tout faire maintenant pour organiser la transition. Le prince Philippe est prêt à assumer sa nouvelle fonction. Ce sera un autre Roi."

Le président de la Chambre André Flahaut (PS), dont le timing de son passage devant le 16 rue de la loi coïncide parfaitement avec la fin de la déclaration d’Elio Di Rupo, estime que le moment de cette annonce est parfait. "On est à un bon moment pour une abdication. Le gouvernement a pu régler le budget et la réforme de l’État est sur les rails. Et il y a encore du temps avant les élections pour faire du bon travail avec le nouveau Roi." "Si quelqu’un, à 79 ans, après 20 ans de règne, dit qu’il ne peut plus exercer son rôle, le monde politique n’a pas d’autre choix que de respecter cette décision. Qui serions-nous pour dire: non, ce n’est pas le moment?", analyse de son côté le vice-premier ministre Open Vld, Alexander De Croo.

"Il a 1 an pour se préparer"

Sur le plan politique, à quelques mois d’une nouvelle échéance électorale, les ministres évitent de trop s’épancher sur le sujet. "On gérera le pays comme on l’a fait avant", affirme ainsi Didier Reynders.

Johan Vande Lanotte (s.pa) rappelle qu’à ses débuts "Albert II était également contesté. (...) Mais la fonction fait l’homme. Ne l’oublions pas." Il estime du reste que ce n’est pas au roi d’assurer la stabilité du pays. "Cette tâche revient aux élus de la Nation."

"Je suis convaincue que Philippe a eu le temps de se préparer et qu’il sera un bon roi", affirme la ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open vld). Joëlle Milquet (cdH), enfin, souligne que Philippe "a encore un an pour se préparer avant la prochaine échéance électorale".

 

 

 Voici l'intégralité du discours du Roi.

 

 

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