L'Iran et l'UE se dressent face à Trump pour défendre l'accord nucléaire

L'Union européenne a invité le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à des discussions avec ses homologues français, allemand et britannique ce jeudi à Bruxelles sur la préservation de l'accord sur le nucléaire iranien. ©AFP

Trump doit dire s'il réimpose à l'Iran les sanctions économiques qui avaient été suspendues après le démantèlement d'installations d'enrichissement d'uranium. Les Européens, eux, défendent l'accord international sur le programme nucléaire iranien signé en 2015 après plus d'une décennie d'âpres négociations.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif doit recevoir ce jeudi à Bruxelles le soutien des Européens à l'accord sur le nucléaire iranien, avant une décision imminente de Donald Trump sur l'éventuel rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran.

Mais l'urgence aux yeux des Européens est de faire une nouvelle fois bloc pour défendre l'accord international sur le programme nucléaire iranien signé en 2015 après plus d'une décennie d'âpres négociations. Face à eux, ils ont les Etats-Unis qui "se préparent à dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien et donc à détruire un succès dans les efforts visant à empêcher que le nucléaire militaire continue à se propager dans le monde", selon le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel. 

Trump, détracteur farouche de cet accord, doit dire dans les prochains jours s'il réimpose une série de sanctions économiques qui avaient été suspendues après le démantèlement d'installations d'enrichissement d'uranium notamment, conformément à ce compromis jugé historique par les autres grandes puissances qui l'ont négocié (Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne). Selon deux sources, le président américain n'avait pas encore tranché mercredi soir, alors que la décision sera probablement annoncée vendredi.

"Les Etats-Unis doivent se rendre compte de l'unanimité de la communauté internationale par rapport à l'accord nucléaire et corriger leur politique en conséquence", a déjà prévenu Mohammad Javad Zarif, appelant les grandes puissances à "résister aux actions hostiles" de l'administration Trump. Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne qui a présidé les négociations au nom de l'UE, a promis de tout faire pour préserver l'accord.

Et tous les autres dossiers difficiles... La réunion de ce jeudi sera sans doute également l'occasion d'aborder avec Zarif les dossiers qui fâchent, à commencer par le développement de missiles balistiques par l'Iran et son soutien au régime du président Bachar al-Assad en Syrie, au Hezbollah libanais et à la rébellion houthie au Yémen. La récente répression de manifestations populaires avait également fait l'objet de critiques européennes.

Une quarantaine de personnes ont manifesté mercredi midi sur le rond-point Schuman à Bruxelles contre la venue dans la capitale européenne du ministre iranien des Affaires étrangères. ©REUTERS

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