Bientôt une loi sur la cybersécurité nucléaire

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Si le gendarme du nucléaire s’occupe depuis plusieurs années déjà du risque de cyberattaques, il le faisait jusqu’ici sans base légale. Un trou qui va être comblé.

Suite à la multiplication des cyberattaques contre des gouvernements et des industries, la question de la cybersécurité nucléaire se pose avec de plus en plus d’acuité. Alors que depuis des années, les efforts du gouvernement en matière de sécurité nucléaire ont surtout porté sur le renforcement des systèmes de protection physique des installations nucléaire, pour empêcher tout accès non autorisé et prévenir des actes malveillants, la cybersécurité devient une priorité. Les installations nucléaires et, de manière plus générale, les établissements où des rayonnements ionisants sont utilisés constituent en effet une cible potentielle de choix.

Même si Engie Electrabel affirme qu’une perte des fonctions de sûreté des centrales nucléaires suite à une attaque informatique est difficilement concevable, l’AFCN, le gendarme du nucléaire belge, prend le risque de cyberattaques au sérieux. Notamment parce que la vulnérabilité et le risque augmentent avec la modernisation de la technologie informatique des installations et que les systèmes industriels de type SCADA sont de plus en plus souvent la cible de nouveaux "malwares" spécialement développés pour s’attaquer à ces systèmes.

Le Parlement devrait adopter tout prochainement en séance plénière le projet de loi déposé par le gouvernement en matière de cybersécurité nucléaire et déjà voté en commission. Un texte qui concerne non seulement les centrales, mais tous les établissements où des rayonnements ionisants sont utilisés.

"L’AFCN va recevoir la responsabilité des inspections et des contrôles des mesures de cybersécurité nucléaire " souligne Pieter De Crem, l’actuel ministre de l’Intérieur. "Actuellement, nous faisons déjà des inspections et formulons des prescriptions aux exploitants des installations nucléaires – pas seulement les centrales, mais tous les établissements où des rayonnements ionisants sont utilisés, souligne Frank Hardeman, directeur général de l’AFCN. Mais cela se fait sur base volontaire. Et même si la volonté de collaborer est là, disposer d’une base légale est quand même préférable."

Le projet de loi prévoit aussi que l’AFCN collabore avec le CCB (Centre pour la Cybersécurité Belgique) et le Centre de Crise pour réaliser des analyses techniques ou informer les exploitants.

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