Le chiffrage du Pacte énergétique limité aux aspects fédéraux

©Photo News

Nouvel écueil en vue dans la saga du Pacte énergétique: le chiffrage en cours ne concerne pas les compétences des Régions, a-t-on appris mardi à la Chambre.

La ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), a confirmé en commission Economie de la Chambre qu’il y aurait finalement cinq scénarios étudiés par le professeur Johan Albrecht (UGent et Itinera Institute) et le Bureau du plan, dans le cadre de l’exercice de chiffrage du projet de Pacte énergétique conclu entre les quatre ministres de l’Energie du pays.

Le sixième scénario, celui de la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en 2040, demandé par un des partenaires du gouvernement et que la ministre voulait faire examiner par précaution intellectuelle, a finalement été rejeté lors d’un gouvernement restreint, le 12 janvier, a expliqué Marie-Christine Marghem. Un scénario qui figurait dans le programme électoral de la N-VA.

Quels sont les cinq scénarios ?

♦ La sortie complète du nucléaire: Elle est prévue dans le projet de Pacte élaboré par les ministres de l’Energie. Pour l’instant, ce projet n'a été avalisé que par Bruxelles et la Wallonie. La N-VA s’inquiète de la conséquence de cette décision sur la facture énergétique et sur la sécurité d’approvisionnement.

♦ La prolongation des 6.000 MW de l’ensemble du parc nucléaire belge.

♦ Des scénarios intermédiaires à la prolongation avec 2.000 MW, 3.000 MW et 4.000 MW. Horizon: au-delà de 2025.

Les résultats sont toujours attendus pour la fin du mois de janvier, mais un écueil possible est apparu lors des questions-réponses à la Chambre: l’exercice n’abordera pas l’impact de la vision énergétique élaborée par les quatre ministres de l’Energie sur tous les sujets qui relèvent des compétences régionales.

"Ce chiffrage, nous le faisons dans le cadre des compétences du gouvernement fédéral, a averti la ministre. Je ne peux pas faire travailler des experts pour le cadre du gouvernement fédéral en dehors de ces compétences. Pour avoir le dernier carat, des chiffrages devraient être lancés au niveau régional, par exemple sur l’impact de notre vision sur les coûts des réseaux de distribution."

Une précision qui a fortement inquiété l’ensemble des parlementaires présents, appartenant tous à l’opposition. "On sait que le timing est déjà serré, et que la montre joue pour le nucléaire", a réagi Karine Lalieux, députée PS. "Je prends acte que ce chiffrage sera incomplet tant que les Régions ne chiffrent pas les éléments qui sont de leurs compétences", a renchéri Jean-Marc Nollet, député Ecolo. "Cela donne de nouvelles munitions à ceux qui veulent remettre en question la sortie du nucléaire", a ajouté Karin Temmerman (sp.a).

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n