Le gourou français de la sûreté nucléaire appelé en Belgique

©Hollandse Hoogte

"Il y a un problème de leadership chez Electrabel" explique Jan Bens, directeur de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire. Le gourou français de la sûreté nucléaire a été appelé, par Engie, au chevet des centrales belges.

Engie a recruté deux sommités françaises de l'énergie nucléaire pour remédier aux manquements constatés dans la gestion du parc nucléaire belge, particulièrement à Tihange, a expliqué Jan Bens, directeur de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN).

Qui sont-ils?

· L'un d'entre eux est André-Claude Lacoste, haut fonctionnaire qui a présidé l'Autorité de Sûreté nucléaire française entre 2006 et 2012.
· L'autre est un ancien dirigeant d'EDF.

 

Devant la sous-commission "sécurité nucléaire" de la Chambre, Bens a dressé un tableau préoccupant de la sûreté des centrales.

• D'une part, la situation à Doel et Tihange. Des avertissements ont été adressés à l'égard des deux parcs belges. Des mesures ont été prises mais les problèmes ont persisté à Tihange. Un procès-verbal a été rédigé. Deux inspections subséquentes ont mis en évidence des manquements dans la mise en œuvre des plans d'action et des "problèmes structurels" dans la culture de sûreté nucléaire. L'AFCN épingle le minimum d'occupation de personnel dans certains postes, différents services qui se parlent à peine ou un manque de proactivité.

Le directeur nucléaire d'Electrabel a été remplacé au mois de septembre. Un courrier est parti à la direction d'Engie, maison-mère d'Electrabel, qui a réagi rapidement, notamment en désignant les deux experts.

• Incidemment, Jan  Bens a également fait savoir que l'Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles (ONDRAF) a retiré l'agrément d'Electrabel pour le conditionnement des déchets.

• Autre problème: une étude "Fire PSA" sur la résistance à un incendie. Il en ressort qu'un risque réel et sérieux se produirait tous les dix à trente ans dans chaque centrale. Or, l'analyse n'a pas été réalisée de manière sérieuse, à entendre Jan Bens. Le patron de l'AFCN épingle des "conservatismes trop importants", une réaction d'Electrabel qui a minimisé les faits et certains de ses membres qui continuent à les minimiser. S'il y avait eu un risque existant et imminent d'incendie, la centrale concernée aurait été arrêtée, a-t-il précisé.

"Il y a un problème de leadership chez Electrabel. Ils reconnaissent le problème. Ils font très bien certaines choses et d'autres de façon incompréhensible", a souligné Jan Bens.

Ce genre de problème s'est déjà posé à l'étranger et a été résolu. "J'espère que ce sera le cas chez Electrabel dans les mois à venir", a-t-il ajouté.

Jan Bens, patron de l'AFCN: "Il y a un problème de leadership chez Electrabel. Ils reconnaissent le problème. Ils font très bien certaines choses et d'autres de façon incompréhensible." ©BELGA

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