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Le K-Way, un quinquagénaire redevenu tendance

©k-way

Neuf objets qui font partie de notre quotidien. D’où viennent-ils? Qui les fabrique et comment?

Création

Un jour de pluie à une terrasse de café

Comme bien des inventions, celle du K-Way est un peu due au hasard. Il y a tout juste 50 ans, Léon-Claude Duhamel, fils d’un fabricant de vêtements du Nord de la France, est attablé au célèbre Café de la Paix à Paris. Il voit passer une jeune femme avec deux enfants portant un manteau rouge en nylon. Ce qui le frappe, c’est l’aspect léger du vêtement. Il en note les principales caractéristiques sur un calepin. De retour dans l’atelier familial, il s’empare d’un échantillon de tissu imperméable et confectionne ce qui deviendra le K-Way: le premier accessoire anti-pluie depuis l’imperméable et le parapluie. Couleurs vives, fermeture éclair, légèreté et surtout système permettant de le replier dans une de ses poches et de le porter à la taille feront de ce coupe-vent le vêtement indispensable des scouts et autres randonneurs.

"En cas" devient "K-Way"

À l’origine, Claude Duhamel avait appelé son coupe-vent "En cas" (de pluie, de vent…). Un nom pas très vendeur, selon Jean Castaing, publicitaire à l’agence Havas, qui gérait le budget de la marque naissante. Celui-ci proposa à son fondateur de lui donner une connotation américaine.

©k-way

Dans les golden sixties, les États-Unis, terre de tous les possibles, faisaient encore rêver les jeunes générations en quête de liberté. Mai 68 n’était pas loin. Castaing ne jurait que par les noms évoquant le mot "Way", symbole de mouvement et d’aventure. Duhamel, lui, tenait à son "k" de "en cas". Ce sera un compromis: "K-Way", nom facilement déclinable à l’international, qui va permettre à la marque de partir à la conquête du monde. Symbole d’une jeunesse insouciante – la néophyte Sophie Marceau la porte dans "La Boum" en 1980 – K-Way connaîtra la consécration en 1985: cette année-là, la marque entre au Larousse et devient un nom commun comme Bic, Frigo, Scotch, Post-IT ou Mobylette.

Le déclin et le regain

Au début des années nonante, c’est le drame: l’usine K-Way part en fumée. La marque entre alors dans une zone de turbulences car elle est aussi victime de la concurrencedes imitations à bas prix venues d’Asie et des grandes marques spécialistes de "l’outdoor", secteur alors en plein boom. K-Way est rachetée par le groupe Pirelli, puis par la banque italienne Sopaf, avant d’atterrir il y a une dizaine d’années dans le giron d’un autre italien: BasicNet, propriétaire des vêtements de sport Kappa et des chaussures Superga. Celui-ci comprend qu’il est inutile de garder son positionnement intermédiaire. Il décide, un peu comme pour Puma, de l’orienter vers la mode et le lifestyle: nouvelles matières (soie, fourrure), nouvelles coupes, nouvelles couleurs nouveaux designers (Philippe Stark, Marc Jacobs) amélioration de la qualité: plus de dix ans après avoir volé en fumée, K-Way renaît de ses cendres.

50 millions

C’est le nombre d’exemplaires de K-Way vendus depuis sa création. Disponible dans 18 pays, la marque a enregistré en 2014 un chiffre d’affaires de 41 millions d’euros, en hausse de 28% par rapport à 2013. Le K-Way a, de fait, à nouveau le vent en poupe.

©k-way

Fini le côté colonies de vacances, place à un objet branché porté par des stars comme Jean Dujardin. Aujourd’hui, le K-Way est vendu en deux collections. Le 3.0 est plus sportif, plus qualitatif (imperméabilité, résistance…), mais aussi plus cher que l’original (toujours disponible à 55 euros), soit 95 euros la pièce. On le trouve chez nous dans des réseaux de magasins comme AS Adventure ou United Brands. L’autre, plus trendy, plus fashion, est disponible dans des boutiques multimarques à des prix variant de 165 à 500 euros! Au total, la marque est disponible dans 80 points de vente en Belgique. Elle envisage même d’y ouvrir un "flagship store".

[Suivez Jean-François Sacré sur Twitter en cliquant ici]

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