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Le photomaton, des trombines en cabine depuis 90 ans

©RV DOC

Neuf objets qui font partie de notre quotidien. D’où viennent-ils? Qui les fabrique et comment?

De l’argentique au numérique

Apparus en 1925 aux États-Unis, les premiers photomatons ne débarquent en France et en Belgique qu’en 1930. Conçu par l'inventeur américain d’origine russe Anatol Marco Josepho, le photomaton ne prendra son essor que dans les années 1950 en Europe. On en est encore à l’argentique : la photo, en noir et blanc, prend 4 minutes à être développée.

Il faudra attendre les années 1970 pour que la photo couleur prenne le pas. Les photomatons dotés de caméras numériques et d'imprimantes à sublimation thermique (destinées au départ à des usages médicaux) arrivent à partir de 1993. Avantage principal : un temps de développement nettement réduit.

Aujourd'hui, les cabines offrent toutes sortes de fantaisies de mise en scène grâce aux possibilités d’incrustations de décors numériques.

28.000
C’est le nombre de cabines qu’exploite le leader mondial des photomatons, Photo-Me.

La société Photo-Me, leader incontesté du marché mondial, possède 28.000 cabines dans le monde.

On compte aujourd’hui plus de 600 photomatons en Belgique, un chiffre qui progresse de 10 % par an.

La société belge Prontophot réalise un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros dans notre pays. En 18 mois, les salons-lavoirs externes ont pris à leur compte 15 % des revenus.

Art et photomaton

Si les jeunes utilisent le photomaton pour se mettre en scène et satisfaire leurs fantaisies, la célèbre cabine photographique a toujours entretenu avec les artistes une relation fusionnelle. L’essor des papiers d’identité avec photo n’est apparu que dans les années 30-40. µ

©SHUTTERSTOCK

Le photomaton a toujours fasciné les artistes par son côté ludique. Les surréalistes se prennent en photo dans les petites cabines. Jan Wenzel, lui, en photographie chaque élément: le tabouret, le rideau, la boîte de produit développeur. Au début, on trouvait aussi les photomatons sur les champs de foire avec les machines à sous.

Le dessinateur et écrivain Roland Topor imagine de son côté les Topor-matons, des séries de quatre photos racontant une petite histoire. Le cinéma ne sera pas en reste. On retrouve des cabines Photomaton dès 1936 dans le film "Samson" d’Alain Tourneur. Plus près de nous, le photomaton joue presque un second rôle dans "Amélie Poulain" en servant de réceptacle à une intrigue secondaire autour d’un personnage mystérieux figurant sur des clichés ratés de cabines photographiques.

Si les jeunes utilisent le photomaton pour se mettre en scène et satisfaire leurs fantaisies, la célèbre cabine photographique a toujours entretenu avec les artistes une relation fusionnelle. L’essor des papiers d’identité avec photo n’est apparu que dans les années 30-40.

Le photomaton a toujours fasciné les artistes par son côté ludique. Les surréalistes se prennent en photo dans les petites cabines. Jan Wenzel, lui, en photographie chaque élément: le tabouret, le rideau, la boîte de produit développeur. Au début, on trouvait aussi les photomatons sur les champs de foire avec les machines à sous. Le dessinateur et écrivain Roland Topor imagine de son côté les Topor-matons, des séries de quatre photos racontant une petite histoire. Le cinéma ne sera pas en reste.

On retrouve des cabines Photomaton dès 1936 dans le film "Samson" d’Alain Tourneur. Plus près de nous, le photomaton joue presque un second rôle dans "Amélie Poulain" en servant de réceptacle à une intrigue secondaire autour d’un personnage mystérieux figurant sur des clichés ratés de cabines photographiques.

Effet 11 septembre

La carte d’identité, un maître atout menacé

 La fin utilitaire du photomaton  la classique photo d’identité  garde son importance. Mais les choses se sont compliquées depuis les attentats du 11 septembre. L’ICAO (Organisation de l’aviation civile internationale) a durci les normes des photos d’identité (respect des formats, fond gris, sauf en Belgique et en Pologne où le blanc est toujours de mise, ne pas sourire…).

Chez nous, Prontophot, la filiale belge de Photomaton, s’est trouvée face à un autre problème.

"En 2008, le gouvernement Leterme a voulu prendre la photo d’identité en mains, en partenariat avec Zetes. Nous nous sommes associés aux photographes professionnels pour contrer cette mesure. Et le gouvernement Di Rupo a fini par abandonner le projet", explique Valéry Hox, administrateur délégué de Prontophot Belgium. Il n’empêche: la prolongation de la validité de la carte d’identité (de 5 à 10 ans) et du passeport (de 5 à 7 ans) a contribué à diminuer les volumes.

Diversification

Pour pallier le manque à gagner de ses cabines, Photomaton a opté pour une diversification insolite. Plutôt que d’installer des cabines photos, pourquoi ne pas implanter des laveries automatiques en libre-service, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, près de supermarchés?

Selon Valéry Hox, le succès de ces salons-lavoirs automatiques dans le midi de la France tend à se reproduire chez nous. "Aujourd’hui, il y a 90 salons-lavoirs externes en Belgique, essentiellement en Wallonie. Certains accueillent jusqu’à 900 clients par mois", dit-il. En un an et demi, les "Révolution", les salons-lavoirs externes de Photomaton, ont pris à leur compte 15 % des revenus de la société en Belgique.

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