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Un peu d'acier à pousser avant de décoller

Le chariot à bagages permet de transporter aisément plusieurs valises en même temps. ©Thomas De Boever

Neuf objets qui font partie de notre quotidien. D’où viennent-ils? Qui les fabrique et comment?

Un chariot nommé Goldman

Sylvan Goldman. ©doc

Le chariot à bagages moderne a été inventé par Sylvan Goldman (photo), l’entrepreneur américain à qui l’on doit déjà son grand frère, le chariot de supermarché. D’abord actif dans la vente en gros pour épiceries, Goldman lance au milieu des années 30 sa propre chaîne de supermarchés, Humpty Dumpty. Un concept tout récent qu’il complète en créant et en brevetant le premier chariot à utiliser en magasin. Il en crée la première mouture, pliable, avec un mécanicien, avant de dessiner des chariots pouvant s’emboîter les uns dans les autres. Le concept ne prend pas immédiatement: la clientèle masculine trouve le principe efféminé tandis que la clientèle féminine y voit une trop grande similitude avec la poussette pour enfants. Goldman s’accroche et investit lourdement dans la publicité pour doper l’adoption du service. Adopté par les chaînes retail du monde entier, les royalties sur l’invention et les succès de la chaîne lui ont permis de faire fortune. L’homme est décédé en 1984, à la tête d’un patrimoine estimé à plus de 200 millions de dollars et laissant derrière lui plusieurs fondations et œuvres caritatives actives aux États-Unis.

2.100

Sur le seul site de l’aéroport de Zaventem, on compte pas moins de 2.100 chariots, fournis par le leader mondial du secteur, le groupe allemand Wanzl. Le calcul du nombre de chariots à proposer aux voyageurs est un élément complexe de la stratégie d’un aéroport. Il tient compte de la proportion de voyageurs dont l’aéroport est le point de départ ou d’arrivée, et de ceux qui ne font que transiter par le terminal. En moyenne mondiale, les aéroports proposent 159 chariots par million de passager annuel, selon une étude du cabinet spécialisé DKMA. La production des chariots est largement dominée par les industriels allemands Wanzl et Expresso, qui s’arrogent ensemble 40% du marché. Le groupe américain Smarte Carte, actif depuis 1967, truste 23% du marché mondial mais est virtuellement absent des aéroports européens et africains. À noter que ces entreprises fournissent généralement une foule de services connexes, de la gestion des chariots en question à la mise à disposition de consignes, la création d’espaces commerciaux, en passant par des outils de sécurité, jusqu’à la sous-traitance pour des boulangeries.

Des business models très diversifiés

©Shutterstock

Si le voyageur belge est plutôt habitué à voir les chariots à bagages mis à disposition gratuitement, c’est loin d’être le cas partout. Dans de nombreux aéroports du monde, surtout aux USA, il n’est pas rare de tomber sur des distributeurs électroniques de chariots, pour quelques dollars. Les terminaux les plus importants en fournissent toutefois souvent gratuitement pour les vols internationaux. L’entreprise responsable du distributeur doit dans ce cas rémunérer l’aéroport pour l’accès au site. Aéroport qui peut se charger lui-même dela maintenance, ou la confier au même sous-traitant. Dans plus de 70% des cas, c’est la deuxième option qui prime, principalement pour des questions de coûts. Lorsqu’un aéroport choisit de prendre à sa charge l’investissement dans les chariots, il peut choisir d’amortir quelque peu ses frais en apposant des affiches publicitaires. D’autant que l’objet est loin d’être donné: comptez minimum 100 euros par unité.

Dépassé par les valises à roulettes

Le marché de la location de chariots à bagages a longtemps été plus que rentable. Le seul aéroport de Los Angeles générait ainsi, au milieu des années 2000, près de 3 millions de dollars de revenus par an grâce aux quelques dollars nécessaires à la location d’un chariot. Sauf que depuis, la tendance est aux valises à roulettes, un produit qui s’est largement diversifié et démocratisé. Le même aéroport de Los Angeles perd aujourd’hui plus d’un million de dollars chaque année suite à un deal qui l’oblige à offrir gratuitement des chariots aux passagers étrangers. Autre élément qui plombe le marché de la location de chariots: les politiques toujours plus strictes des compagnies aériennes sur le poids autorisé en cabine. Quant aux aéroports qui choisissent de les mettre à disposition gratuitement, ils se montrent toujours plus prudents sur l’étendue du parc de chariots, dont la gestion est très coûteuse, surtout lorsque le passager n’est pas incité à les ramener.

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