Nouveau rebondissement dans l'affaire du fipronil

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Le Dega-16, un insecticide 100% naturel, dans lequel on soupçonne l'entreprise belge Poultry-Vision d'avoir ajouté du fipronil, n’était en fait pas autorisé, même sans fipronil.

Deux entreprises semblent avoir joué un rôle clé dans la crise du fipronil: l'une en Belgique, l'autre aux Pays-Bas. En Belgique, c'est la société Poultry-Vision qui est pointée du doigt. L'entreprise, basée à Weelde (Ravels, province d'Anvers), fournit des produits contre des maladies touchant les volailles. Le 20 juillet dernier, la police s'est rendue sur place, soupçonnant Poultry-Vision d'avoir intégré du fipronil à son insecticide Dega-16.

Le Dega-16, quant à lui, n'est censé contenir que du menthol, de l'eucalyptus et des huiles essentielles, soit uniquement des substances naturelles.

Pas la moindre autorisation

Pour qu’un produit puisse être utilisé dans l’agriculture, il doit être homologué par le SPF Santé publique. Or, le Dega-16 n’a jamais reçu la moindre autorisation.

Aucune demande n’a été rendue auprès des services d’homologation du SPF Santé, même dans sa version "naturelle", sans fipronil.

Aucune demande n’a été rendue auprès des services d’homologation du SPF Santé, même dans sa version "naturelle", sans fipronil, nous a confirmé la porte-parole du SPF Santé publique, Vinciane Charlier.

Le produit, en plus d’être trafiqué avec du fipronil, était donc en vente de manière illégale par la société belge Poultry-Vision. Ce produit était acheté par l’entreprise néerlandaise ChickFriend, spécialiste de l’éradication du pou rouge, un parasite néfaste pour les poules. C’est de cette manière que les œufs ont été contaminés.

Pas assez de contrôles

En principe, les agriculteurs ont la responsabilité de savoir quels produits sont utilisés dans leur établissement. La liste des produits autorisés est disponibles sur le site du SPF Santé publique.

1.522
En 2016, l’Afsca a réalisé 1.522 check-lists pour les produits phytosanitaires. Cela ne dit pas combien de produits ont effectivement été testés.

Qu’en est-il des contrôles de ces produits ? En 2016, l’Afsca a réalisé 1.522 check-lists pour les produits phytosanitaires. Cela ne dit pas combien de produits ont effectivement été testés.

Bruno Schiffers, professeur de phytopharmacie à l’Université de Gembloux (ULg) a travaillé au sein du comité scientifique de l’Afsca jusqu’en 2012. Il affirme qu’à l’époque, environ 150 échantillons été prélevés par an. "C’est pas grand-chose par rapport aux milliers de produits qui sont en vente et aux 9.000 tonnes de pesticides utilisés par an", dit-il.

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