Le port d'Anvers élu Organisation publique de l'année 2018

©Tim Dirven

Ce prix consacre la politique d’ouverture voulue par les gestionnaires du port en vue de positionner celui-ci comme plaque tournante de l’économie belge.

Havenbedrijf Antwerpen, la société qui gère le port d’Anvers, a remporté ce soir, devant un parterre de 800 convives réunis au Brussels Meeting Square, le prix de l'Organisation publique de l'année 2018, dont c'était la cinquième édition. Le prix a été remis par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) à un représentant du port, dont le directeur Jacques Vandermeiren était retenu à l’étranger.

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Créé par une équipe de consultants d'EY, ce prix, auquel L'Echo, De Tijd et BNP Paribas Fortis se sont associés, vise à récompenser les bonnes pratiques dans un secteur souvent décrié comme sclérosé et peu enclin à se remettre en question. À l'issue d'une première sélection, sept candidats ont émergé pour le tour final. Le concours prévoit l'attribution de trois prix en fonction des niveaux de pouvoir (local, régional et fédéral). Le prix fédéral est revenu au SPF Intérieur, le prix régional à l’Opéra et Ballet de Flandre (Opera Ballet Vlaanderen) et le prix local à la Ville de Wavre.

Le port d’Anvers a quant à lui été récompensé pour sa prestation d'ensemble. Un dernier prix, celui de la durabilité, a été décerné par BNP Paribas Fortis à l’administration flamande des impôts (Vlaamse Belastingdienst). Le jury était présidé par Bernard Gilliot, président de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Les précédents lauréats sont le SPF Finances (2017), le CPAS d'Anvers (2016), Famifed (2015) et la Banque Carrefour de la sécurité sociale (2014).

Un vent de changement

Aux yeux du jury, la nouvelle instance portuaire Havenhuis symbolise la tradition du port d’Anvers mais également la volonté de renouvellement. Elle est parvenue à opérer un véritable changement de mentalité. "De quelles entreprises le port aura-t-il besoin demain ?" Telle est la question posée par le management aux stakeholders. Le résultat, c’est que l’organisation ne fonctionne plus en vase clos, mais s’ouvre aux questionnements et aux intérêts de dizaines d’entreprises qui constituent le cœur de l’économie flamande.

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Ce vent de changement, le port d’Anvers le doit à Jacques Vandermeiren, ancien patron d’Elia arrivé aux commandes du port voici un an à peine. L’ancien business modèle qui prévalait sous son prédécesseur Eddy Bruyninckx consistait à régler les choses le plus possible en coulisse, ce qui laissait les stakeholders sur la touche.

Jacques Vandermeiren a changé tout cela en important une nouvelle méthode de management. "Nous ne sommes pas le centre du monde", relativise-t-il. "La relation avec les entreprises et organisations qui jouxtent le port n’a pas toujours été idéale par le passé. Les choses se sont améliorées ces dernières années, au point que ces entreprises s’identifient désormais de plus en plus avec le port. Le management s’est rendu compte que l’organisation ne pouvait plus fonctionner en vase clos."

Clans

Celui-ci entend davantage se positionner en tant que facilitateur de projets d’investissements et d’initiatives, pour stimuler plutôt que de vouloir tout décider tout seul. Vandermeiren ne craint pas, à l’occasion, d’adopter des positions tranchées. Dès son arrivée voici moins d’un an, il a œuvré à une meilleure collaboration entre les différents "clans" qui composent la communauté portuaire, une position qui n’a pas fait que des heureux mais qui a néanmoins fait mouche. Sans langue de bois, il a qualifié l’environnement portuaire de "conservateur" et "fragmenté".

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"Nous ne pouvons pas brader notre prospérité." Telle est une des maximes de la nouvelle gestion portuaire. "C’est pourquoi nous devons nous mettre à table avec tout le monde afin de créer davantage de prospérité." Vandermeiren déteste les conflits et s’est d’emblée positionné en tant que médiateur dans le vieux conflit avec les services de pilotage et de remorquage de l’Escaut ainsi que dans l’épineux dossier du travail des dockers. En tant que néophyte dans le secteur, il est parvenu à désigner les choses et à analyser les problèmes de manière simple. "Les services de remorquage doivent penser à leur propre avenir. Pourquoi un navire ne pourrait-il pas dans le futur venir amarrer au port sans remorqueur ?" a-t-il lancé.

Même chose pour cet autre vieux dossier atterri sur son bureau: la loi Major, qui régit le travail portuaire. "Nous devons oser nous poser la question : est-ce que cette loi est un frein à la création de richesse ? Si oui, alors nous devons être lucides et réformer cette loi." Quant au problème de la mobilité, il l’a parfaitement résumé en soulignant que la Belgique est réputée de la Chine aux Etats-Unis pour ses embouteillages et que cette congestion routière porte directement atteinte à la réputation du port.

Big data

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Vandermeiren se place aussi au-delà des activités de base du port que sont le transbordement, la logistique ou le nombre de conteneurs. Il se mouille dans le dossier de l’impôt des sociétés et s’est lancé avec enthousiasme dans l’aventure NxtPort, du nom de cette super banque de données créée par les entreprises privées du port et qui doit permettre de faire circuler plus efficacement les conteneurs et les colis à l’intérieur du port. Aux yeux de Vandermeiren, les big data sont le moteur de la croissance et il compte miser pleinement là-dessus.

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