À bord avec John Porter, le patronaute de Telenet

©Anthony Dehez

Adepte du ski nautique, l’homme fort de Telenet ne manque jamais une occasion de s’adonner à la glisse. "C’est très régénérateur face à la pression". Pour nous, il a testé les Lacs de l’Eau d’Heure.

Chapeau-short, le ton est donné. Assis sur le ponton baigné de soleil, l’homme enfile ses skis en moins de deux, dans une habitude presque vieille comme le monde, passe son gilet, puis saute à l’eau, sans la moindre hésitation. Ready? Go. Dans un vrombissement de moteur, le voilà parti, tiré par un nerveux petit bateau rouge vif. Place au show. John Porter est visiblement à l’aise comme un poisson dans l’eau. Sauf que lui la frôle de ses skis, cheveux blonds au vent, vagues en conséquence. Il enchaîne les figures, passant même sur un ski à l’envi.

CV Express
  • Né en 1957 aux États-Unis, dans l’État du Minnesota.
  • Bachelier en histoire du Kenyon College, il étudie les sciences politiques à Zagreb.
  • Débute sa carrière chez Group W Broadcasting and Cable avant de passer chez Westinghouse Cable Systems.
  • Président de Time Warner Communications dans l’Ohio de 1989 à 1994.
  • Occupe différentes fonctions managériales dans le câble entre 1994 et 2013, notamment pour Liberty Global (actionnaire de Telenet), puis comme CEO du câblo Austar.
  • CEO de Telenet depuis 2013.

Après quelques tours des différentes îles des Lacs de l’Eau d’Heure, il revient finalement sur la terre ferme dans une longue glissade d’une trentaine de mètres. Avant un peu de repos. Ou pas. À peine arrivé à quai, il lance un grand "who’s next?" aux quelques employés présents pour l’occasion. L’on n’arrête pas le patron si facilement. Mais bon, il se plie tout de même au jeu. Place à la discussion désormais. Au bord de l’eau, miroitante en cette belle journée d’été. "C’est ma première fois ici", confie l’homme fort de Telenet. Et cela s’est plutôt bien passé, embraie-t-on. "Quand bien même, a bad day waterskiing is still better than a good one at the office", plaisante-t-il, fort de son accent américain. On l’interroge alors sur l’origine de cette passion, pas si commune en Belgique. "Elle vient de ma mère, où toutes les bonnes choses en moi trouvent leur source", enchaîne-t-il, tout sourire. Et quelle mère. Sandra Van Fossen, Professeur à la Mount St. Mary’s University et féministe de la première heure, était une pionnière du ski nautique, début des années 50. "Elle participait aux grands rassemblements dans le Wisconsin et le Minnesota, où je suis né", se souvient le CEO. Mais, plus profondément, le ski nautique, "dans notre famille, c’est la tradition. Dès l’âge de deux ou trois ans, les enfants montent sur les genoux de leurs parents et commencent à pratiquer. C’est comme ça que j’ai commencé et que mes enfants ont eux aussi débuté, même s’ils sont bien meilleurs que moi aujourd’hui".

"Être sur l’eau vous fait vous sentir présent. Il faut rester attentif, être dans l’instant. Cela vous rapproche du rythme de la nature."

Plutôt mer que montagne donc, le John? "J’aime tout à propos de l’eau, donc, oui, je suis plus mer que montagne… à moins qu’elle soit couverte d’eau gelée", lance-t-il en boutade. Il s’adonne donc aussi bien au ski nautique qu’au surf, au windsurf, à la voile ou à la navigation. Tout est bon dans le lagon.

Une passion qui n’a été que renforcée du fait d’avoir habité à Sydney à une époque de sa vie. "Là, 90% de la population vit à moins de dix kilomètres à peine de la mer". Ce qui, évidemment, ne laisse pas indifférent l’homme qui, plus jeune, avait déjà pour habitude de participer à des courses sur des dériveurs, petits voiliers pour deux personnes, tels que des Sunfish ou des Laser pour les connaisseurs. "En grandissant, je suis passé à des voiliers plus importants où je faisais partie de l’équipage".

Une passion bien ancrée qui l’a amené, "plus tard, lorsque nous avons eu une jeune famille, à l’affrètement coque-nue (mise à disposition d’un bateau pour un temps défini, sans équipement, contre un loyer, NDLR). Nous avons navigué ensemble en Nouvelle-Zélande et en Australie notamment", se souvient-il.

"Dans notre famille, le ski nautique, c’est la tradition. Dès l’âge de deux ou trois ans, les enfants montent sur les genoux de leurs parents et commencent à pratiquer. C’est comme ça que j’ai moi-même commencé."

L’eau, plus qu’une passion, un mode de vie pour le patron. Parce qu’"être sur l’eau vous fait vous sentir présent. Il faut rester attentif, être dans l’instant. Et ce, sans compter que cela vous rapproche du rythme de la nature. C’est très régénérateur pour la santé, surtout quand vous avez un job où il y a beaucoup de pression". Pour le ski nautique en particulier, l’instantanéité de l’activité est un plus, selon lui, dès lors qu’un point d’eau est à proximité. En effet, "il n’y a qu’à enfiler ses skis, démarrer le bateau et vous êtes parti". Certes, sauf que c’est plus facile à dire qu’à faire quand on partage son temps entre des bureaux à Bruxelles et à Malines. "C’est vrai, mais je vais parfois au Mechelse Waterski Klub ou à Sint Martens Latem quand j’ai du temps". Sinon, le ski nautique, c’est durant les vacances "à travers la France ou chez des amis, aux Pays-Bas", quand ce n’est pas lors d’un retour au Minnesota, au bord du West Twin Lake, situé au nord de Minneapolis. Une occasion de se retrouver en famille là où le grand-père du patron a construit une cabine après avoir perdu un poumon durant la deuxième bataille d’Ypres, en 1915. Véridique.Hollandais d’origine, engagé dans l’armée française, il a payé le lourd tribu de la première utilisation à grande échelle de gaz de combat toxiques sur le front de l’Ouest. "Il avait 17 ans à peine", raconte John Porter. "Quand la guerre a été finie, vu sa condition, on lui a dit d’aller vivre à l’extérieur et il a choisi de retourner au Minnesota où il a alors construit, en 1920, la maison où nous nous rendons encore aujourd’hui, près de cent ans plus tard". Un événement particulièrement marquant.

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L’homme confie d’ailleurs que l’une de ses premières activités en arrivant en Belgique, en 2013, année où il est arrivé chez Telenet, fut de se rendre à Ypres "où Yves Leterme (qui y a grandi avant d’y commencer sa carrière politique, carrière qui l’a amené à occuper un poste chez l’opérateur à une époque, NDLR) avait très gentiment organisé un tour afin de me montrer où le bataillon de mon grand-père avait stationné, mais aussi de me permettre d’assister au Last Post". "Par après, j’y ai amené toute la famille. C’était formidable parce qu’une grande partie des vétérans de cette guerre n’en a jamais parlé. Par conséquent, nous n’en savions pas grand-chose. De là, nous sommes retournés dans les vieux cartons pour y découvrir que mon grand-père avait deux croix de guerre, dont l’une devait être à lui, et l’autre, qui sait…".

Un passé qui résonne particulièrement chez le féru d’histoire qu’est John Porter. D’ailleurs, c’est ce qu’il a étudié au Kenyon College (Ohio), prestigieuse institution qui a vu passer un président des Etats-Unis, quatre vainqueurs du Pulitzer, 6 milliardaires et des personnalités bien connues telles que Paul Newman, avant de poursuivre un travail de recherche à l’université de Zagreb. Un ensemble de savoirs qui le guident aujourd’hui dans sa fonction actuelle. Parce que "l’histoire informe sur les comportements des gens". L’homme confie avoir un faible pour l’étude des empires. Qu’on se le dise.

Sa Terrasse de l'été

La place Sainte-Catherine, avec un plateau de fruits de mer de chez Noordzee et une bière glacée de La Dame du Lac, découverte dans le cadre de cette série d’été.

ses livres de plage

"Toute la lumière que nous ne pouvons voir", roman historique d’Anthony Doerr, "une magnifique fiction", et "Sapiens: une brève histoire de l’humanité", livre de Yuval Noah Harari, une "extraordinaire réalité". "Les deux sont disponibles en français", sourit le patron.

son tube de l'été

Smooth Sailin' de Leon Bridges, jeune auteur-compositeur de gospel et de soul, originaire de Fort Worth au Texas.

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