Jean-Marc Nollet: un passionné de volley qui déteste la routine

Jean-Marc Nollet déteste la passivité et la routine. Si un jour, la motivation fait faux bond à ce volleyeur, il ira voir ailleurs. En attendant, il avance.

Jean-Marc Nollet a quitté son office sans crainte… La co-présidente d’Ecolo, Sarah Turine, lui avait montré le chemin en début de série pour un exercice qui n’est pas vraiment le truc des Verts, en principe allergiques à toute "peopolisation". "On découvre des choses sur les gens. Mais c’est respectueux, on sent les limites. Heureusement, je ne suis pas très branché sur la presse people" dit-il.

Où mettez-vous les limites?

La famille. Comme "personnage public", je n’ai pas grand-chose de moi à cacher, mais si ça touche quelqu’un d’autre, les enfants, les proches,…je freine. Quand j’étais tout jeune ministre de l’Enseignement, on m’a invité pour un reportage de rentrée scolaire. C’était la première rentrée scolaire aussi pour ma fille. J’ai refusé. C’est un choix. On m’a déjà suivi au volley: là, ça ne touche que moi, ça ne me dérange pas. C’est comme en patinage artistique: il faut passer l’imposé et puis les exercices un peu plus libres comme celui-ci. Ce que le jury attend, c’est la combinaison des deux!

Vous avez l’impression qu’on vous connaît mal? Comment croyez-vous qu’on vous perçoit?

Ouh là là. Comme quelqu’un qui a des convictions, qui sait où il veut aller, qui sait faire avancer ses dossiers.

CV Ex­press

Un CV vaut surtout par ce qu’il n’inscrit qu’en filigrane. A lire celui de Jean-Marc Nollet, on apprend donc que ce licencié de sciences Po, ancien président de la Fédération des étudiants francophones, est administrateur de l’asbl "Le Non-dit", une association de promotion du conte..., qu’il fut pendant deux ans animateur d’une radio libre et que son service militaire obligatoire, il l’a troqué en son temps contre 18 mois de service civil au sein de l’association ATD Quart monde, avant de se lancer non-stop dans le parcours politique. Les plâtres à ce niveau, il les essuie à l’invitation pressante d’un Marcel Cheron comme secrétaire politique du groupe Ecolo au Parlement de la Communauté française et vice-président du conseil d’administration de la RTBF avant d’incarner un premier Olivier comme ministre de l’Enseignement fondamental et de l’Enfance en Communauté française.

La suite comme ministre wallon est toute fraîche; on la connaît!

Et c’est correct comme perception?

Je pense que oui, mais je suis mal placé pour en juger.

Vous avez des convictions… Lesquelles?

D’abord qu’il faut pouvoir changer les choses par la politique et que le temps n’arrange pas les choses. Quand on regarde les urgences environnementales et sociales, le temps n’est pas un allié. Par contre, la décision politique peut l’être. Plus localement, dans le livre "Green Deal" que j’ai écrit, je plaide pour une nouvelle alliance entre développement économique, emploi relocalisé et protection de l’environnement. Les ressources naturelles se régénèrent mais à un rythme à respecter. Le problème c’est que tout s’accélère. "Sky is the limit!", c’est faux; c’est la terre qui est notre limite.

Vous l’avez toujours pensé?

Je l’ai toujours ressenti. Très jeune, plus sur le volet social que sur l’environnemental. Les deux chemins se sont rejoints dans le mouvement étudiant. J’y ai perçu l’écologie politique, ouverte, comme cadre de référence pour mon action ultérieure.

La prise de responsabilités, ça allait de soi?

J’ai toujours pris des responsabilités. En fait, je déteste deux choses: subir et la routine. Le pire, c’est subir la routine. A 16 ans, j’étais responsable de l’ESTU, un mouvement étudiant basé à Mouscron, à Binche et à Schaerbeek. Et on est parti à 120 au camp. Mes parents avaient signé pour moi les papiers d’assurance. Puis en humanités, on a refusé un voyage scolaire tout fait en Italie. Nous sommes partis entre nous à Gouvy: on a fait venir des artistes, fait des promenades découvertes; c’était une manière de se prendre en main. Après ce fut la Fédération des étudiants, dès les candis.

Les étudiants subissaient leur sort?

Oui, il y avait de ça. Mais la fin des humanités sentait la routine et l’univ’ m’a ouvert: une vraie bouffée d’oxygène. Avec la psycho, la socio, la démographie, la philo en option. Tant que je pouvais découvrir, je m’amusais.

Vous êtes retombé sur terre à ATD Quart Monde?

Oui, comme objecteur de conscience, on m’y a demandé de relancer une section "jeunesse". Avec huit groupes de jeunes en Wallonie, on avait pour mission de nous présenter au Conseil de l’Europe. Cela m’a renforcé dans ma conviction du passage obligé par les leviers politiques.

Vous pensez toujours que les leviers sont dans les mains politiques?

La vérité est sans doute dans l’interaction entre l’associatif et le politique. Mais que ma place à moi pour l’instant est dans le politique. Je n’exclus pas d’évoluer ailleurs un jour.

Ca vous motive toujours?

Enormément. Attention, je prends des coups; il y a des jours où c’est très dur. Il y a des moments de découragement. Mais le jour où je n’aurai plus la même énergie, il faudra que j’arrête. Ou alors, on se contente d’occuper le pouvoir, cyniquement...

Thé ou café?
Thé vert, subtil et désaltérant.

Quick ou McDo?
Quick, car c’est du belge. Mais avec modération!

Delhaize ou Colruyt?
Delhaize, ses vins et son rayon bio.

Ketchup ou mayonnaise?
Andalouse. Heureusement qu’il y a le sport après...

Bordeaux ou Bourgogne?
De plus en plus Bordeaux. Malgré mon séjour dans les vignes et les caves en Bourgogne.

Ski ou surf?
Ski. Question d’équilibre: l’air de la montagne, ça me repose. Et la vue des cimes, ça m’inspire.

/Reine Elisabeth ou Rock Werchter?
Esperanzah. Aussi parce que c’est plus près de chez moi...

Essence ou diesel?
Hybride!

Fromage ou dessert?
De plus en plus fromage. Mais bon,un dessert de temps à autre...

Le Monde ou la DH?
L’Echo évidemment...

Mac ou PC?
Je suis plutôt PC par la force des choses. Mais j’avoue que Mac a le sens de l’esthétique.

Dupond ou Dupont?
J’hésite vraiment.

Vacances en voiture ou en avion?
Le train, c’est génial pour les vacances quand c’est possible. Et la voiture sur le train, c’est l’idéal. Mais quelle aventure c’était...

Blackberry ou iPhone?
Pour l’instant, Blackberry. Mais je ne dirais pas que c’est l’objet préféré de ma famille...

Qu’est-ce qui vous fait avaler les coups?

Le fait qu’il y a d’autres choses qui avancent. Et on sait pourquoi on le fait; on sait aussi que si on laisse la place, ça n’ira pas mieux avec d’autres qui prendront des directions contraires à ce qu’il faut pour nos enfants, pour la planète…

Vous avez quand même besoin de souffler?

J’ai un formidable ressort, je joue encore en nationale 2 de volley avec Mont-Saint-Guibert. Il n’y avait pas de club plus près. Jen’ai raté qu’un match pour le week-end du conclave budgétaire.

Viendra un jour où vous devrez céder le relais: il n’y aura plus de volley...

Non, mais il y aura du VTT. Il y en a déjà dans les bois ici derrière l’abbaye. Cela nous arrive parfois dans l’air frais dès 5 h du matin de partir avec des copains de Fontaine-l’Evêque, descendre ici près de l’abbaye d’Aulne, remonter vers Thuin, redescendre dans la botte du Hainaut… Beaumont, Chimay.

Et en dehors du sport?

Il reste un peu de temps pour la famille mais j’ai choisi de ne pas en parler. Une fois ou deux par an au cinéma, à Charleroi/Danses de temps en temps. Mais je n’ai pas beaucoup de temps, c’est vrai. Oh, il y a bien un peu de bricolage, de l’autoconstruction, dans la maison un peu, dans le jardin, avec mon gamin qui est fou de ça; il m’apprend des choses.

Vous vous attendiez à d’autres questions?

Non. Je m’attendais à un dialogue; pas un questionnaire.

Jean-Michel Javaux quand on l’interroge, il parle de spiritualité. Vous pas. C’est incompatible?

Non, mais j’ai parlé de politique...

Les vacances seront familiales?

Oui et sans doute très brèves. Il faudra faire un break; c’est sûr. Mais je ne suis pas un grand fan de mois de vacances complet.

La famille ne le revendique pas?

Si, mais les enfants ont leurs activités aussi.

Vous n’en parlerez pas…

Non, vous avez bien compris. Les gens peuvent comprendre que je n’ai pas envie d’en parler.

En matière de romans?

Je lis peu, voire pas de romans, plutôt des essais. Tim Jackson, par exemple: "Prospérité sans croissance". J’aime aussi tous les bouquins de Luc De Brabandere, une créativité incroyable, l’interdisciplinarité, quoi.

Il sait que vous êtes passionné par ses écrits?

Oui, je l’ai croisé un jour à la Gare du Midi. Mais je ne lui ai pas dit à quel point c’était le cas. l

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