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Paul Furlan, le ministre casse-cou du gouvernement wallon

Quand Paul Furlan sort de l'Elysette, il retrouve ses filles, qu'il élève seul chez lui, et leur fait partager sa passion pour les sports extrêmes.

Le ministre wallon Paul Furlan n’aime pas le côté quotidien des choses. Alors, pour être sûr de ne pas s’encroûter, il pratique les sports extrêmes. Plus d’une fois, il a risqué sa vie.

Si Paul Furlan était un animal, il pourrait être un chat. Car comme eux, il a neuf vies. Ministre wallon des Pouvoirs locaux et bourgmestre (empêché) de Thuin, l’homme a déjà tout connu, ou presque… Aventurier, casse-cou, Furlan a déjà plus d’une fois frôlé la mort.

Avant tout, Paul Furlan est père de deux filles, Margot et Marie. La plus grande aventure de sa vie sans doute. Ce n’est donc pas un hasard si le ministre a choisi de nous recevoir chez lui. Dans sa grotte, son refuge. Un lieu qu’il réserve à ses enfants. Il n’y reçoit d’ailleurs que rarement, même ses amis. "Pour les amis de mes filles par contre, la porte est toujours grande ouverte, parfois, il y en a dix…". Pour ce ministre, comme pour beaucoup de ses collègues, la famille est primordiale. "Quand on a vécu comme j’ai vécu, avec tous les risques que j’ai pris, on prend conscience de l’essentiel: la vie, les enfants. C’est pour cela aussi qu’en politique, je suis peu touché par la mesquinerie et pourtant, il y en a! et que je suis peu rancunier."

CV Express

D’origine italienne, Paul Furlan est né en 1962 à Binche. En 1987, il décroche une licence en gestion des administrations publiques à l’Université de Liège avant de se lancer dans une carrière d’indépendant dans le commerce.

Sa carrière politique démarrera au conseil communal de Thuin en 1995. En 1999, il entrera au Parlement wallon comme député avant de devenir bourgmestre de la ville de Thuin un an plus tard.

De 2007 à 2009, il occupera la présidence de l’Union des Villes et Communes de Wallonie. C’est donc tout naturellement qu’Elio Di Rupo lui confiera, au lendemain des élections régionales de 2009, le portefeuille de ministre en charge des Pouvoirs locaux, de la rénovation urbaine et du tourisme.

Paul Furlan fait partie de la jeune garde socialiste que Di Rupo a mis en avant suite à l’éclatement des affaires du PS. À l’époque, Paul Furlan avait d’ailleurs été choisi par Elio Di Rupo comme porte-parole du parti pour la Wallonie.

Dans sa carrière, comme dans sa vie privée, l’homme est hyperactif. "J’ai une idée toutes les cinq minutes. À mes yeux, la vie est trop courte pour ne faire qu’une seule chose." Avant d’entrer en politique, Paul Furlan a ouvert un restaurant, été commerçant dans les articles de sport, dans les vêtements, comptable, conseiller en assurance. Il a même été à deux doigts de s’exiler dans les montagnes pour devenir moniteur de ski. "J’étais jeune, je ne voyais dans le métier que les beaux côtés, le soleil, la montagne, les jolies filles… Je suis entré à l’école nationale de ski en France. Mais mes amis m’ont fait revenir à la raison, j’ai laissé tomber ce projet et j’ai terminé ma licence en administration publique."

Ce côté touche-à-tout, Paul Furlan le révèle aussi dans ses passions. Avec, malgré tout, un fil rouge: le sport. Mais pas n’importe lequel. Furlan a un goût très prononcé pour les sports extrêmes: escalade, ski en pente raide, triathlon, parapente, VTT. Ce qui n’en fait pas pour autant une tête brûlée. "Dans les sports comme l’escalade en montagne par exemple, il faut toujours mesurer le risque, sinon, c’est simple, on est mort… Il faut savoir faire la balance entre la mesure du risque et le stress qui pousse à se lancer."

En vacances, vous ne verrez donc pas Paul Furlan lézarder sur une plage. Pour le trouver, il faudra plutôt avoir des cuisses bien musclées. "Dès que j’ai deux, trois jours de libre, je pars faire du parapente". Son spot favori, c’est le Grand Bornand. Un lieu où il n’hésite pas à emmener ses filles. "Je ne conçois pas de partir sans elles. Elles font du parapente avec moi, mais là, je mesure deux fois plus les risques…"

Cette prudence qui le guide due sans doute à ses multiples blessures au dos, aux épaules a aussi sa place dans sa vie professionnelle. " En politique, je ne laisse pas de place au hasard, je travaille beaucoup. Je ne sais pas défendre un dossier que je ne comprends pas, pour moi, c’est inconcevable."

Thé ou café?
Café, et j’en bois trop…

Ponctuel ou dernière minute?
Très ponctuel. Je déteste être en retard, je suis même systématiquement en avance. Au gouvernement, quand les autres arrivent avec un quart d’heure de retard, moi je suis là un quart d’heure à l’avance. Résultat, j’attends une demi-heure, et ça m’énerve… Je suis peu patient, je peux piquer de grosses colères pour cela.

Californie ou Saint-Tropez?
Saint-Tropez. Pas pour la ville en soi, mais parce que j’adore la France. En plus, avec les sports que je pratique (VTT, parapente, ski,…), je dois prendre beaucoup de matériel. Donc prendre l’avion, c’est un peu difficile. Et puis, Saint-Tropez parce que c’est une ville de fête, et la fête, je sais la faire…

Axelle Red ou Sttellla?
Sttellla, pas pour la bière… quoique (sourire). J’aime beaucoup l’humour décalé de Jean-Luc Fonck. Je l’ai déjà rencontré, et j’ai passé un excellent moment avec lui.

Jour ou nuit?
Jour et nuit. La vie est courte, il faut en profiter.

Essai ou roman?
Roman. Mais je lis très peu pour l’instant, je regarde surtout la télé. Les émissions de société (Chacun son histoire, des Racines et des ailes, Striptease), ou des séries télés.

Automne ou printemps?
Printemps. La sève monte, les filles mettent des jupes, les jours s’allongent et on peut faire plus de choses. On revit, les gens sont de meilleure humeur.

Boire ou conduire?
Boire. Je ne suis pas amateur de voitures, et j’aime beaucoup boire un coup avec les copains… quand mon agenda m’en laisse le temps. Mais je ne bois que de la bière ou du vin, je n’aime pas les alcools forts.

Euro ou dollar?
Euro. Je suis profondément européen, et parallèlement assez antiaméricain. Je n’aime pas la notion d’égoïsme, le manque de justice sociale que véhiculent les Etats-Unis. Je ne supporte pas qu’on laisse des gens au bord du chemin. Ce n’est pas pour rien que je suis socialiste…

Quand Paul Furlan se lance dans un projet, il le fait à fond. Ou du moins, jusqu’où le portent ses limites. Elles peuvent être financières aussi. Il laissera par exemple tomber une participation au Paris-Dakar, "parce qu’investir 120.000 euros d’un seul coup dans une passion, c’est beaucoup…", dit-il. "Je prends tout comme un combat. Pour réussir sa vie, il faut faire les choses bien. Quand je me suis lancé en politique, en 1994, je voulais changer le monde. J’étais à la 19e place sur la liste aux communales, je me suis battu, j’ai fait le 4e score. Cela dit, passé un certain stade, on relativise. Mais j’aimerais quand même qu’on dise qu’au bout du compte, j’ai fait évoluer les choses. J’espère en avoir le temps, car je suis bien conscient que ministre, c’est l’anagramme d’intérim…"

Paris-Bruxelles en VTT

Ses activités sportives aussi, il les a poussées à fond. Jusqu’à en faire des challenges. Il y a 20 ans, à l’époque où le VTT n’était pas aussi répandu qu’aujourd’hui, Paul Furlan a fait Paris-Bruxelles en VTT à travers bois, armé d’une boussole. Il a avalé les 500 km de bosses et de flaques de boues en 5 jours. Un exploit qu’il a été le premier à réaliser. Le ski, l’escalade, le triathlon, il a pratiqué ces trois sports en compétition. "En ski, j’ai laissé tomber les épreuves classiques pour me consacrer à la pente raide car je savais qu’en tant que Belge, je ne pouvais pas percer…" En escalade, Paul Furlan a grimpé le Mont Blanc en cordée aux côtés des plus grands noms. Il participera aussi aux championnats de Belgique de triathlon.

S’il n’est pas devenu un habitué des pages sportives, Paul Furlan explique que c’est avant tout parce qu’il aimait trop la vie, sous toutes ses facettes… "Je travaillais beaucoup, mais je sortais beaucoup aussi. Je suis très sociable, j’aime faire la fête. J’ai toujours eu l’impression que j’allais passer à côté de quelque chose… Mais dans le monde sportif, ça ne va pas…"

Un fêtard, Paul Furlan? L’homme ne s’en cache pas. Il n’est pas du genre à se coucher sagement à 22h00, un bouquin à la main. "J’ai beaucoup guindaillé, j’ai bu la mer et ses poissons… (rires). Mais avec l’âge, les enfants, le boulot, je me suis un peu calmé. Mais je reste couche-tard et lève-tôt, la vie est trop courte, il faut en profiter…"

S’il ne lit pas beaucoup, Paul Furlan a malgré tout ses auteurs favoris. "J’adore Jean-Paul Sartre, son côté militant, engagé, libertin. C’est un existentialiste, je me retrouve tout à fait dans la philosophie qu’il a développée." Son livre de chevet, Paul Furlan ne l’a pourtant pas puisé dans la biographie de l’auteur engagé, mais dans celle de Marguerite Yourcenar: "Les mémoires d’Hadrien". "Un livre qui montre qu’à l’époque déjà, on parlait de rupture entre le monde politique et la société civile. On n’a rien inventé…"

La fête, Paul Furlan aime aussi la faire une trompette à la main. "A 35 ans, j’ai pris des cours de solfège, et je m’y suis mis. J’adorais le jazz, je voulais apprendre vite. Pour le moment, je n’ai plus trop le temps, mais un jour, j’espère passer au trombone à coulisses et jouer dans un orchestre de jazz." La neuvième vie de Furlan, peut-être?

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