Philippe Mahouin: Un mordu de voyages et de découvertes

Même s’il se dit très attaché au Vieux Continent, Philippe Mahouin ne reste jamais en place. Après 5 fascinantes années en Asie, il vient de (re)déposer ses valises en Belgique.

Lorsqu’il pousse la lourde porte du restaurant "Belga Queen" situé en plein centre-ville, il s’avance détendu et souriant. Philippe Mahouin a 40 ans et est depuis peu en charge de la direction des activités belgo-luxembourgeoises de la marque au trident. Il y a quelques jours, il a donné le coup d’envoi de la stratégie de croissance du Club Med en Flandre, un marché à haut potentiel pour le groupe. Du travail, il en a donc à abattre mais, comme il le dit lui-même, "l’effort est à la hauteur de la récompense". "Je m’applique à conserver un certain rythme au quotidien. Je me lève toujours tôt mais à 19 heures, fini ou pas, je pose mon crayon. Et puis bien sûr, je sais me reposer et passer du temps avec mes proches. Je ne zappe jamais les vacances. Il faut donner l’exemple", s’amuse-t-il. Comme pour donner écho à ses paroles, il enchaîne, avec une impatience touchante, qu’il doit accueillir un vieil ami à la gare en fin d’après-midi. "Il est Japonais et vit à Shanghai. C’est la première fois qu’il vient à Bruxelles. Ce week-end, je lui ferai découvrir les grands lieux et monuments de la capitale."

CV Ex­press

Né en 1970, Philippe Mahouin est licencié de l’Institut d’études politiques de Grenoble et titulaire d’un DESS en économie appliquée de l’Université Pierre Mendès-France (Grenoble II). Il est actuellement à la tête des activités belgo-luxembourgeoises du Club Med.

Gestionnaire des grands comptes d’Amadeus pendant 4 années, il intègre le Club Med France en 1999 en tant que responsable trade marketing.

De 2002 à 2004, il s’expatrie une première fois pour occuper le poste de directeur commercial et transport Belgique et Luxembourg. Les trois années suivantes, il exerce les fonctions de VP Marketing Club Med Asia-Pacific et General Manager Commercial South East Asia à Singapour.

À partir de 2007, il devient directeur général du Club Med Japon. En 2009, alors que le groupe se tourne résolument vers l’Asie, Philippe Mahouin fait le chemin inverse et s’offre un aller simple pour le Vieux Continent.

Cette amitié remonte au temps où Philippe Mahouin parcourait la région de l’Asie-Pacifique. Après un premier passage en Belgique en tant que directeur commercial et transport, il y a en effet passé plusieurs années, notamment à Pékin, à Tokyo et à Singapour. "C’était une expérience incroyable, difficile à résumer en quelques mots, j’y appris tant de choses", explique ce natif d’Anjou qui avoue "ne pas pouvoir rester en place".

Le goût de la découverte et des échanges culturels, Philippe Mahouin le cultive depuis toujours. Après avoir achevé son DESS en économie appliquée à Grenoble et avant d’entamer sa carrière professionnelle, il a effectué un bref passage à l’armée. "J’ai fait mon service militaire en ex-Yougoslavie en 1993 en tant que casque bleu pendant 6 mois. J’avais suivi une préparation spéciale dans les Troupes de Marine au préalable. J’y ai retiré beaucoup d’enseignements comme la solidarité, le respect (très important pour assurer la sécurité) et surtout l’idée que je (nous) suis né privilégié dans un pays en paix (grâce à l’Europe) et que nous devons toujours être reconnaissants de pouvoir apprendre, travailler tout en sachant se détendre dans des choses plus terre à terre. Là, je fais surtout référence à la découverte de la côte adriatique (même si nous portions nos gilets pare-balles) et à la rencontre avec mon meilleur ami."

On le sent, les proches, la famille, c’est sacré. Et s’octroyer du temps libre aussi. Dans ses rares moments de détente, Philippe Mahouin privilégie les plaisirs simples comme la littérature et le cinéma. "Je lis à peu près tout ce qui me tombe sous la main, des essais aux romans en passant par les autobiographies. Je surveille de près tout ce qui a trait à l’économie et à la sociologie. J’aime beaucoup Jacques Attali, Alvin Toffler, McKenzie Wark ou Mary McCarthy. Ce type de littérature te donne des perspectives, des clés de lecture, des lignes de fuite et d’analyse. Cela apporte un éclairage intéressant sur ce qui se passe aujourd’hui. En revanche, je déteste la politique-fiction."

Thé ou café?
Café! Beaucoup trop, d’ailleurs. J’en bois des litres, surtout le matin.

Mer ou montagne?
Montagne. Parce qu’à chaque fois, c’est un dépaysement total. Même si je dois travailler, je m’y sens en vacances.

Standard ou Anderlecht?
Ni l’un, ni l’autre. Je préfère le tennis, avec quelques préférées: Kim pour son allant, Justine pour la beauté de son jeu.

Tintin ou Spirou?
Tintin, sans hésitation. C’est la raison pour laquelle je travaille dans le tourisme. Le voyage, la découverte, le compagnonnage...

Cheveux longs ou cheveux courts?
Courts. Ca a été un choix au début, mais ça ne l’est plus aujourd’hui (rire).

Bière ou vin?
Vin. Pour la finesse, les saveurs, les terroirs que cela représente. J’aime beaucoup les Bordeaux.

Proactif ou réactif?
Ca dépend des moments. En Asie, j’ai appris à être moins réactif parce qu’on y est obligé de bien réfléchir avant d’agir.

Chien ou chat?
Chien. J’ai eu un beauceron, j’ai aussi une préférence pour les jack russels, les terriers et les caniches. Mais aujourd’hui, je n’ai plus le temps.

Carotte ou bâton?
Ni l’un, ni l’autre. Le bon management ne va jamais sur des extrêmes.

Piscine ou musée?
Musée. J’adore le Louvre et le musée Magritte. J’aime beaucoup les Arts asiatiques aussi et le musée d’Orsay, j’y vais à chaque fois que je suis à Paris, même si je connais tout.

Zen ou stressé?
J’aimerais tellement pouvoir dire "zen" (rire).

Le monde de la BD tient également une place importante dans ses habitudes de lecture. "Dernièrement, j’ai relu ‘Les Passagers du vent’, une fresque historique sur le commerce triangulaire au xviiie siècle. Et j’apprécie également beaucoup ‘Maus’ d’Art Spiegelman qui traite de la persécution des Juifs dans les années 30 et 40." Et pour finir, il avoue être un tintinophile absolu. "J’aime tous les albums de la collection mais si je dois citer mes préférés, les premiers qui me viennent à l’esprit sont ‘Le Lotus bleu’ et ‘Le secret de la Licorne’. Tintin, c’est une base, c’est la raison pour laquelle je travaille aujourd’hui dans le tourisme. Je suis un passionné des voyages, des découvertes et de compagnonnage."

Côté films, Philippe Mahouin ne néglige jamais sa séance hebdomadaire et se montre assez contrasté dans ses goûts. "Le dernier film que j’ai vu était tellement mauvais que je n’oserais pas le citer (il a finalement osé mais nous ne le trahirons pas, secret professionnel oblige, NDLR). Alors je vais plutôt parler du dernier que j’ai aimé. ‘Inception’ de Christopher Nolan. Une véritable expérience visuelle. Le principe ‘d’implanter une idée’ dans l’esprit, je trouve ça très bon." Sur le plan musical, il s’extasie sur Vivaldi et se laisse transporter par Wagner, dont la musique "touche les confins de l’âme".

Insatiable bourlingueur, comme le veulent son métier et sa passion, le directeur général du Club Med Belux est de ces hommes qui savent saisir l’instant sur le vif, de ceux qui s’émerveillent encore de ces petits détails qui rendent la vie si pétillante. Et s’il a renoncé, faute de temps, à défendre la cause des baleines comme lorsqu’il était étudiant, il conserve malgré tout quelques restes de sa fibre militante. "Aujourd’hui, si j’avais vraiment la possibilité de le faire, je m’engagerais à nouveau mais sur un autre terrain cette fois-ci: celui de l’enfance."

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