interview

"Je suis étonné et choqué que l'on associe le nom d'Ageas aux Paradise Papers"

©Karoly Effenberger

Les Paradise Papers ont pointé du doigt les activités d'assurance-vie d'Ageas à Hong Kong. Bart De Smet se défend et affirme avoir joué la carte de la transparence.

En marge de la présentation des résultats trimestriels du groupe Ageas, nous avons rencontré son patron, Bart De Smet. L’homme évoque sans détour le dossier des Paradise Papers et dément en bloc que l’assureur élude l’impôt. Pourtant, l’entreprise figure, avec Janssen Pharmaceutica, en tant que sociétés belges dans le dossier concocté par le Consortium international des journalistes d’investigation sur les structures d’optimatisation fiscaleLe numéro 1 belge de l’assurance revient à plusieurs reprises dans ce scandale pour ses activités d’assurance-vie à Hong Kong (vendues en 2016 pour 1,23 milliard d’euros) au travers d’une suite de sociétés offshore.

Ageas est épinglé dans le dossier Paradise Papers…
Je suis étonné et choqué que l’on associe le nom d’Ageas à ce dossier. Tout ce qui est raconté sur nous est connu depuis des années. Tous ces éléments se trouvent dans nos comptes annuels, dans nos résultats trimestriels. Les structures auxquelles il est fait référence sont des structures que nous n’avons pas créées.

D’où proviennent-elles?
Du rachat d’une compagnie de Hong Kong, entre-temps revendue en 2016. Nous n’avons donc plus aucune structure dans ce pays. D’ailleurs, nous n’avons plus aucune activité dans aucun paradis fiscal.

"Nous n’avons aucune activité dans quelque paradis fiscal que ce soit."

Pour l’année 2016, combien d’impôts avez-vous payés en Belgique?
Le taux de taxation qu’Ageas a payé était de 49% en 2016. On a fait 435 millions de bénéfice et on a payé 212 millions de taxes pour tout le groupe. La plus grande partie est payée en Belgique. Nous sommes parmi les cinq plus gros payeurs de taxes en Belgique. Uniquement sur ce trimestre, on paie 80 millions. Après cela, être mis sur une liste avec des compagnies dont je ne veux pas citer les noms, cela m’étonne et me choque. On n’a jamais utilisé de structures pour réduire les taxes que nous devons payer. D’ailleurs, tous les bénéfices réalisés à Hong Kong ont été taxés à Hong Kong. Et l’information indiquant que l’Etat Belge a donc perdu une taxe de 34% sur 1,2 milliard, permettez-moi de le dire mais c’est de l’idiotie complète.

Pourquoi?
S’il y a une taxation, ce n’est jamais sur le prix de vente, mais sur les plus-values. Et les plus-values ne sont taxées ni en Belgique, ni aux Pays-Bas.

Vous considérez que votre réputation a été entachée?
Bien sûr, mais les investisseurs, ils s’en fichent. Le pire c’est que cela impacte notre personnel car il se demande dans quelle compagnie il travaille. Je pense aussi aux syndicats. Je rappelle que nous employons 5.000 personnes en Belgique. Il faut à chaque fois expliquer ce que nous faisons réellement. Notre philosophie est de considérer que c’est éthiquement incorrect d’utiliser un montage de ce type pour bénéficier d’avantages fiscaux. On veut être un bon employeur, être un bon assureur pour nos clients et une entreprise responsable dans l’environnement dans lequel on évolue. C’est pour cela que je dois faire attention de ne pas réagir avec trop d’émotion.

"Le pire c’est que cela impacte notre personnel qui se demande dans quelle compagnie il travaille."

Allez-vous intenter une action en justice?
A quoi cela ça sert. Et puis, vous savez c’est très difficile de mesurer l’impact. Souvent une communication négative si on la gère bien, peut donner un avantage. Nous avons eu récemment de la publicité négative dans la presse par rapport à un produit pour assurer le cancer. Dès qu’on a eu des articles dans la presse à ce sujet, on n’a jamais eu autant de ventes…

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