Un partenaire du fisc aurait reçu près d'un million d'euros venant d'un paradis fiscal

Les Iles vierges britanniques sont dans la liste des paradis fiscaux. ©Image Globe

Le SPF Finances a mandaté Forax pour gérer l'exonération de TVA des diplomates. Or, cette société est sous le coup d'une enquête pour blanchiment d'argent...

L'entreprise Forax a reçu un mandat des Finances afin de gérer l'exonération de TVA des diplomates, alors qu'elle fait l'objet d'une enquête pour blanchiment d'argent, selon De Standaard. Pourquoi? Forax aurait reçu près d'un million d'euros en provenance des Îles vierges britanniques.

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Forax était l'un des trois candidats afin d'être reconnu comme mandataire pour l'exonération de TVA pour les diplomates. Elle a dès lors été auditée par l'Inspection spéciale des impôts (ISI). En raison de "soupçons de blanchiment d'argent", l'ISI a transmis le dossier à la Cellule de traitement des informations financières (CTIF), qui est spécialisée dans ce type d'affaires.

L'association luxembourgeoise Traxlux, qui appartient à 99,99% à Forax, a soudainement reçu une injection de capital d'un montant de 900.000 euros via une société boîte aux lettres basée aux Îles vierges britanniques.

Malgré l'enquête, toujours en cours, de la CTIF, le SPF Finances a décidé de mandater Forax, alors que la nouvelle législation stipule que les entreprises mandatées doivent être en règle avec le fisc. Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) confirme que son cabinet et l'administration étaient au courant de l'enquête pesant sur Forax. "La CTIF doit d'abord déterminer s'il est effectivement question de blanchiment", indique son porte-parole Ferry Comhair. "Des mesures supplémentaires éventuelles pourront être envisagées une fois que nous disposerons de plus de détails."

  • Le PS a déjà réagi, par la voix de son chef de groupe à la Chambre Ahmed Laaouej: "Comment prétendre que l'on veut lutter efficacement contre la fraude fiscale alors que l'on ne prend pas des mesures immédiates lorsque l'on est informé de tels faits? Le ministre des Finances nous a pourtant expliqué qu'il allait prendre des initiatives pour éviter que l'Etat investisse dans des sociétés qui passent par des paradis fiscaux. Il y a manifestement plus qu'un fossé entre la parole et les actes."
  • De son côté, Ecolo réclame des explications "urgentes" au ministre des Finances et la dénonciation "sans délai" du contrat. Selon Ecolo, le gouvernement fédéral est pris en flagrant délit "d'incohérence et d'hypocrisie" par rapport à son objectif déclaré de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. "Cette fois, le ministre des Finances ne pourra pas prétendre l'ignorance et se retrancher derrière des décisions du passé", a expliqué Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo. "Le fait qu'il ait conclu ce contrat malgré l'avertissement de la CTIF dénote d'un total désintérêt dans son chef pour la lutte contre les paradis fiscaux. Cette situation est d'autant plus problématique qu'il est spécifiquement en charge de la lutte contre la fraude fiscale. Pour être crédible, il faut pourtant être exemplaire."

 

 

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