Climat: la France veut un "pré-accord" avant la conférence de Paris

©AFP

A six mois de la conférence de Paris sur le climat, la France a mis lundi la pression sur les négociateurs réunis à Bonn. Elle appelle à "un pré-accord" mondial dès octobre pour lutter contre le réchauffement de la planète. Retour sur les enjeux de cet accord.

Dans un peu moins de 200 jours, Paris accueillera les représentants de 195 pays avec pour ambition de décrocher un accord majeur sur la question climatique. La Conférence de Paris (COP21) tentera de dégager un terrain d'entente pour limiter le réchauffement à 2 degrés par rapport à l'ère pré-industrielle.

©AFP

Plusieurs rounds de négociations sont prévus d'ici le 30 novembre prochain. Ce lundi, des délégations étaient déjà à l’œuvre pour une nouvelle session de négociations à Bonn. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a appelé les délégations à "faire des choix" durant ces 11 jours de discussions. "L'objectif est donc que nous parvenions à un pré-accord dès le mois d'octobre".

 

Une méthode de travail déjà critiquée

La base de travail des délégations de 195 pays réunis à Bonn est un texte arrêté en février qui compte plus de 80 pages. Le but est à présent de clarifier ce texte qui, selon les négociateurs, regorge d'options redondantes ou contradictoires.

©REUTERS

Mais la méthode est déjà vivement critiquée. Pour la ministre française de l'Ecologie Ségolène Royal, "les négociations de l'ONU sont totalement inadaptées à l'urgence climatique." Dans un entretien au quotidien français "Le Monde", elle enfonce le clou. Selon la ministre, il faut changer de méthode de travail. "En privé, tout le monde le dit, tout le monde en est parfaitement conscient, mais la lourdeur du processus est telle qu'il se poursuit comme si de rien n'était".

La limite des 2°C, objectif difficilement atteignable

Des sujets complexes sont au centre des négociations: quel objectif de réduction de gaz à effet de serre de long terme? Comment demander des efforts à tous les pays tout en prenant en compte les besoins énergétiques croissants des pays émergents? Quelles actions d'ici à 2020, date d'entrée en vigueur du futur accord de Paris?

Alors que les pays dévoilent peu à peu leur objectif national de réduction des gaz à effet de serre pour 2025 ou 2030, les discussions portent aussi sur la manière de vérifier leur mise en oeuvre et sur la possibilité de revoir plus tard les ambitions à la hausse.

©AFP

La position des Etats et des entreprises

  • A ce stade, 37 pays dont l'Union européenne, les Etats-Unis, la Russie, le Canada et le Mexique ont annoncé leur contribution nationale à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La Chine, le premier pollueur, devrait le faire prochainement, comme l'Australie, le Brésil ou le Japon.
  • Six compagnies pétrolières et gazières mondiales --BG Group, BP, Eni, Royal Dutch Shell, Statoil et Total-- ont lancé lundi un appel à tous les Etats pour une approche "pratique et réaliste" de la tarification du carbone afin qu'elle soit plus homogène entre les pays.

Qui va payer ?

La tarification carbone est un moyen de lutter contre le changement climatique sur le principe pollueur-payeur. Mais, la question des financements publics pour réduire les gaz à effet de serre et pour l'adaptation aux impacts du réchauffement est toujours difficile, les pays du Sud exigeant des engagements clairs du Nord.

Sur ce sujet, le G7, prévu les 7 et 8 juin également en Allemagne, pourrait donner un coup de pouce aux négociations.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés