François, le pape écolo qui voudrait réconcilier science et foi

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En lançant l’Église catholique romaine dans la mêlée, le pape François a lancé 1,2 milliard de fidèles dans la lutte contre le réchauffement.

Il a annoncé la couleur dès son élection, en 2013. Comme pape, Jorge Mario Bergoglio se ferait désormais appeler "François", en hommage à saint François d’Assise, l’Iranien qui parlait aux oiseaux, le patron de l’écologie. Il a confirmé son engagement au printemps dernier, en publiant à quelques mois de la conférence de Paris sur le climat une circulaire en forme de vibrant plaidoyer pour la lutte contre le réchauffement. Avec l’encyclique laudato si "sur la sauvegarde de la maison commune", le pape argentin a officiellement lancé ses 1,2 milliard de fidèles dans la course.

"La crise écologique peut mettre en péril l’existence même de l’humanité."
Jorge Mario Bergoglio

Sans prendre de gants pour critiquer vertement le consumérisme, François ne s’adresse pas seulement à l’Église et ses fidèles, mais à "toutes les personnes de bonne volonté" et "chaque personne qui habite cette planète". Au risque d’irriter une partie des catholiques. En septembre, après avoir été le premier pape à s’adresser au congrès américain pour répéter le mot d’ordre de l’urgence climatique, il n’a pas seulement essuyé les foudres des Républicains protestants. "Les bons catholiques peuvent être en désaccord sur la manière de combattre les changements climatiques et ne devraient pas craindre d’être envoyés au confessionnal s’ils conduisent un SUV", a notamment réagi le rédacteur en chef de "Real Clear Religion", un catholique.

Retrouvez ci-dessous le portrait des précédentes vedettes du climat:

En soulignant le "consensus scientifique très solide" sur le réchauffement et son origine humaine, il s’est par contre attiré les grâces des experts. "La science et la religion s’entendent sur un point: il faut agir maintenant", a réagi le patron du programme environnemental de l’ONU, Achim Steiner. Certains lui reprochent de n’avoir rempli le verre qu’à moitié.

Un éditorial de la revue "Nature" a ainsi critiqué son silence sur le rôle du contrôle des naissances dans la lutte contre le réchauffement: "Avec une population qui avance vers un possible 10 milliards, l’importance du planning familial est claire", souligne la revue scientifique. Si l’Église est sérieuse, "elle doit être plus courageuse sur la question de la contraception". Le pape est devenu une superstar de l’écologie, mais il reste le pape.

Retrouvez toutes les infos sur la COP21 dans notre dossier spécial.

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