interview

"Il faut que le Premier ministre ramène la N-VA à la raison"

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Le ministre wallon de l'énergie et sa collègue bruxelloise dénoncent l'absence d'un accord sur le climat. Ils accusent la NV-A d'avoir tropillé l'accord.

Paul Furlan, ministre wallon de l'Energie répondait ce mardi aux questions de Martin Buxant sur les ondes de Bel RTL. Alors que le gouvernement a signé hier in extremis un accord avec Electrabel sur la prolongation jusqu'en 2025 des réacteurs nucléaires de Doel 1 et 2, Paul Furlan dénonce l'absence de véritable vision énergétique du gouvernement.

"Je ne pense pas que ce soit un message positif que de maintenir en activité de vieilles centrales dans le cadre de la COP21 et de nos obligations internationales. Acter la fermeture de Doel 1 et 2 pendant la COP21 aurait été un signal fort. Le gouvernement Michel a raté un coup".

Pour Paul Furlan, il est toujours possible de réduire nos émissions de gaz à effet de serre sans le nucléaire mais en s'inscrivant dans une logique à long terme. "Vous voyez bien que la logique et les décisions de ce gouvernement sont à court terme. On a l'impression d'une politique énergétique à la sauve qui peut".

"Ma conviction est qu'on est proche d'un accord et j'espère que la COP 21 créera un momentum."
Charles Michel
Premier ministre

La Belgique est présente au Sommet sur le climat qui s'est ouvert hier à Paris. Pourtant, notre pays y est siège sans avoir réussi à trouver un accord entre les régions sur l'avenir de la politique  climatique belge.  

Pour le ministre wallon, ce sont les agissements de la NV-A qui ne permettent pas à la Belgique d'arriver à un accord climatique. "Les enjeux sont essentiels, les défis sont extraordinaires et hier la NV-A a torpillé la Belgique et le Premier ministre mais aussi notre crédibilité". Il ajoute toutefois que la Wallonie est, elle, en "ordre de marche". "Ce n'est pas dans les gênes de la NV-A d'avoir une vision internationale et d'avoir une vision stable de l'organisation de notre société. Ils sont tout le temps dans le court terme".

Des propos partagés par la ministre bruxelloise de l'Environnement Céline Fremault.

Lundi soir, le gouvernement fédéral mettait sur la table une contre proposition. "Ce n'est pas sérieux", lance le ministre wallon. "Cela fait 6 ans que nous négocions ce dossier, à chaque fois bloqué par le gouvernement flamand et la N-VA. On apprend aujourd'hui, qu'il y aurait une contre-proposition. On l'écoutera, nous n'avons pas d'autre choix. Nous sommes otages de la N-VA et du gouvernement fédéral."

Céline Fremault appelle, elle, sur les ondes de la Première le Premier ministre à ramener la N-VA à la raison. "On se distingue de manière ultra-négative", a-t-elle regretté, rappelant que le Premier ministre s'est présenté lundi soir à la tribune de l'ONU sans accord belge et que la nouvelle du refus flamand est tombée juste après le discours de Charles Michel à la Conférence de Paris sur le Climat.

Le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters se dit  conscient que l'absence d'accord "ne donne pas une bonne image" du pays, "mais le plus important est de continuer à négocier pour arriver à un accord", a-t-il commenté mardi dans De Ochtend (VRT). Il espère un accord avant la fin du sommer. Pour Peeters, les points de discussion sont surmontables "si tout le monde est de bonne volonté".

A savoir si la Flandre a le droit de polluer davantage que la Wallonie vu sa dominance économique, Paul Furlan tempère. "La ministre flamande, Joke Schauvliege, s'était montrée positive dans les négociations. Mais le CD&V et les autres partis flamands n'arrivent pas à imposer leurs voix dans ce débat".

 

 

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