Oslo retire ses billes du fossile et fait la guerre à l'auto

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Les villes sont de plus en plus nombreuses à adopter des politiques ambitieuses pour combattre le réchauffement. Oslo vide son centre des voitures et prévient: dans quinze ans, fini les pots d’échappement.

"Des gens conduiront toujours des voitures [à Oslo en 2030], mais elles devront être zéro émission."
Lan Marie Nguyen Berg
echevine de l’Environnement et des transports à Oslo

C’est à qui ira le plus loin. Après que Bruxelles a créé le plus grand piétonnier d’Europe, que Paris a annoncé le bannissement du diesel, Oslo est depuis octobre la capitale la plus ambitieuse dans la lutte contre le réchauffement. Le conseil communal de la cité norvégienne a décidé d’exclure totalement les voitures du centre-ville d’ici quatre ans. Une première, et un sérieux défi pour les quelque 90.000 navetteurs qui vont y travailler chaque jour. Une décision qui soulève aussi les inquiétudes des commerçants, alors que 11 des 57 centres commerciaux de la ville sont dans la zone concernée. Mais le centre n’est pas le seul impliqué, puisque la municipalité entend réduire le trafic automobile dans l’ensemble de la ville de 30% pour 2030. Et prévient qu’à cette date, "il y aura toujours des gens conduisant des voitures, mais elles devront être zéro émission".

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En 2019 donc, seuls les véhicules de transport en commun, des livreurs et des personnes handicapées pourront encore circuler dans le centre d’Oslo. D’ici-là, la ville planifie la construction de 60 km de routes cyclables, lance des subsides à l’achat de vélos électriques, et prévoit de "doper massivement" l’investissement dans les transports publics. La Ville est aussi devenue la première à se désinvestir des industries émettrices de gaz à effet de serre: les autorités municipales ont décidé que leur fonds de pension doit retirer ses billes (9 milliards de dollars) du secteur des énergies fossiles.

Oslo n’est évidemment pas la seule à avoir compris que repenser la ville est l’un des premiers leviers à actionner pour lutter contre le réchauffement climatique. Copenhague, la ville la plus cyclable au monde devant Amsterdam, a réduit ses émissions de plus de 40% depuis 1990, tout en affichant une croissance économique de 50%. Aux Etats-Unis, Portland estime économiser 2 milliards de dollars par an grâce à une densification du centre-ville et à l’encouragement de la mobilité douce. Et aux quatre coins du monde, une myriade de villes affichent des ambitions à l’avenant, encouragées par des initiatives internationales de partage de bonnes pratiques comme le C40 ou le Local Governments for Sustainability dont Bruxelles, Avers et Gand font partie. Alors que New York vise à réduire ses émissions de CO2 de 30% entre 2007 et 2030, Hong Kong ambitionne "50 à 60%" pour 2020. Sky is the limit.

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