Une base de travail pour la négociation sur le climat

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Les négociateurs des pays engagés dans la négociation de l'Organisation des Nations-Unies sur le climat ont adopté un texte qui servira de base aux débats devant aboutir à un accord multilatéral espéré en décembre à la conférence de Paris. La ministre belge Marie-Christine Marghem a salué l'adoption de ce texte.

Les pays de la convention de l'ONU sur le climat ont adopté vendredi à Genève un texte de négociation en vue du tout premier accord multilatéral pour lutter contre le réchauffement climatique, espéré en décembre lors de la conférence de Paris.

Ce texte, qui à ce stade inclut toutes les positions, a été largement salué comme une base de travail, gage de transparence et de confiance entre les parties. Mais il promet d'intenses tractations dans les mois à venir tant les points de vue divergent.

La ministre fédérale de l'Energie, de l'Environnement et du Développement durable, Marie-Christine Marghem (MR), a salué l'adoption vendredi à Genève d'un texte de négociation en vue du tout premier accord multilatéral pour lutter contre le réchauffement climatique, espéré en décembre lors de la conférence de Paris.

Mme Marghem a annoncé que le gouvernement devrait approuver prochainement le plan fédéral d'adaptation aux changements climatiques. L'accord trouvé à Genève par les pays de la convention de l'Onu sur le climat est "une étape importante" en vue de la signature d'un accord climatique globalement contraignant, à la COP21 de Paris, en décembre prochain, a-t-elle souligné dans un communiqué. "Au niveau fédéral, nous ne restons pas inactifs", a assuré Mme Marghem.

Selon elle, les différentes administrations ont récemment finalisé le plan fédéral d'adaptation aux changements climatiques, qui doit maintenant être adopté par le gouvernement. "J'espère pouvoir être en mesure de bientôt vous annoncer que le fédéral formalisera son engagement de 1,5 million d'euros au Fonds d'adaptation des Nations unies (en complément de la contribution belge au Fonds Vert annoncée à la conférence de Lima en décembre dernier) afin que la Belgique puisse conserver sa réputation de partenaire fiable au sein des négociations climatiques internationales", a conclu la ministre.

"Pouvons-nous considérer que le texte de négociation que vous avez livré aujourd'hui à Genève est le texte de négociation sur lequel (nous) entamerons des négociations substantielles?", a demandé en séance plénière de clôture le coprésident des débats, Daniel Reifsnyder. "N'entendant aucune objection, il en est ainsi décidé", a-t-il ajouté, une déclaration accueillie par une salve d'applaudissements.

Les délégués étaient réunis depuis dimanche au palais des Nations pour travailler sur un texte ébauché lors de la conférence de Lima en décembre. Six jours plus tard, le texte, qui a plus que doublé de volume, "reflète les propositions faites par toutes les parties", a souligné M. Reifsnyder, saluant l'engagement de tous au cours de cette semaine.

Trois sessions de négociation sont prévues avant la conférence de Paris, la prochaine en juin à Bonn. D'ici juin, les échanges informels promettent donc d'être abondants, pour tenter de faire progresser des positions très différentes sur les moyens de lutter contre le réchauffement planétaire.

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Pour la responsable climat de l'Onu, "les délégués (...) partent dans de très bonnes dispositions". "Nous avons un texte de 86 pages", a dit Christiana Figueres à la presse. "Cela rend (la session de) juin un petit peu plus difficile, mais il a une valeur énorme car il est reconnu comme le texte formel de négociation et toutes les parties voudront fortement s'impliquer".

"beaucoup de travail"

"Nous quittons Genève avec un texte très long (...), mais c'est important qu'il reflète les points de vue et ait le soutien de tous," explique le maldivien Ahmed Sareer, pour l'Alliance des petits Etats insulaires. "C'est un bon point de départ pour les négociations" dès juin, a réagi le groupe des LMDC, qui rassemble une vingtaine de pays en développement et émergents dont la Chine.

Les gouvernements se sont fixé depuis 2009 l'objectif de contenir l'élévation de la température mondiale à +2° d'ici la fin du siècle par rapport aux niveaux d'avant la Révolution industrielle. Ce qui implique de restreindre radicalement les émissions de gaz à effet de serre, chaque année plus importantes dans le monde.

Si les émissions se poursuivent, les scientifiques mettent en garde contre les effets dévastateurs d'un réchauffement de +4 ou 5° en 2100 et surtout non stabilisé: désertification, inondations, montée du niveau de la mer... A moins de 300 jours de la conférence de Paris, la route vers un accord ambitieux paraît longue.

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"Nous nous sommes mis d'accord sur un texte de négociation, c'est positif car c'est une base pour avancer", a dit à l'AFP Elina Bardram, la représentante de l'UE. Mais "les négociations difficiles sont devant nous et le temps manque". "Nous avons désormais un gros morceau d'argile, et les pays doivent commencer à sculpter s'ils veulent obtenir quelque chose dont ils soient fiers à Paris", souligne Mohamed Adow, de l'ONG Christian Aid.

Au coeur des divisions entre négociateurs depuis des années: la répartition de l'effort entre pays développés et en développement. Alors que Paris doit prendre le relais du protocole de Kyoto en impliquant pour la première fois l'ensemble des pays dans l'effort de réduction des gaz à effet de serre, les pays en développement estiment qu'ils ne doivent pas être traités comme les pays industrialisés. Ils invoquent leur droit au développement et la "responsabilité historique" des pays riches dans le réchauffement.

Les pays riches pointent eux la part croissante d'Etats comme la Chine ou l'Inde dans les émissions mondiales. Résultat : dans le chapitre "finances" du projet de texte, les options vont d'engagements précis des pays développés à un accord sans "engagements individuels et quantifiés".

Laurence Tubiana, envoyée spéciale du gouvernement français chargé de préparer la conférence de Paris, a souligné "la volonté intacte" de tous de parvenir à un accord. "Mais nous ne sommes pas entrés dans les discussions très difficiles", poursuit-elle. "Nous aurons trois sessions (de négociation) pour avancer radicalement si on ne veut pas de très mauvaises surprises à Paris. Donc beaucoup de travail".

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