Huggy's Bar, le burger anti fast food, sera rentable en 2018

Roberto Navarro (à gauche), Thomas Mémurlin (à droite) et l'épouse de ce dernier, Virginie, qui les assiste dans le développement de Huggy's Bar. ©Debby Termonia

Le liégeois Huggy’s Bar compte 9 restaurants de burgers gourmets. Il vient de lever 1,1 million via le fonds Invest For Jobs. L’enseigne terminera pour la première fois l’année dans le vert. Trois établissements s’ouvriront en 2019.

Dans le marché hyper concurrentiel du burger – fast food, chaînes de burgers gourmets (Ellis Gourmet Burger, Be Burger, Manhattn’s), etc. – le liégeois Huggy’s Bar détonne un peu. Il mise sur le choix (43 variétés de burgers) et les produits locaux (la viande vient d’une boucherie liégeoise). Et il a développé avec la brasserie Curtius une gamme de huit bières accordées à ses plats, le tout dans une ambiance qui rappelle les "sports bars" américains. De fait, c’est aux Etats-Unis qu’est née l’idée de Huggy’s Bar. En 2011, Thomas Mémurlin et Roberto Navarro s’y rendent en vacances, après leurs études à HEC Liège. Ils y découvrent le burger "gourmet": de vrais restos, un service à table, une offre large. Rien à voir avec le fast food traditionnel. S’inspirant de leur découverte, ils ouvrent en 2012 à Liège le premier Huggy’s Bar tout en assurant leurs arrières en travaillant dans la consultance: Thomas chez Accenture au Luxembourg et Roberto chez Aon à Chicago. "Cela nous a permis de nous former, d’apprendre et de peaufiner le concept, raconte Thomas Mémurlin, mais au fil du temps, comme l’aventure nous plaisait, nous avons eu envie d’en faire notre projet de vie, de créer un concept, une marque."

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Un personnage déterminant va les aider: Gabriel Jean, un consultant investisseur. "Il aimait bien notre projet, nous lui avons vendu des parts en échange de financement et de conseil, il nous a guidés, challengés, ouvert son carnet d’adresses et mis 1,5 million sur la table, de quoi financer en fonds propres les dix premiers restaurants." Outre le soutien de leur mentor et leurs économies, les deux entrepreneurs, qui détiennent la majorité de la société, sont aussi parvenus à convaincre Meusinvest et BNPP Paribas Fortis de les financer. Ce qui leur a permis d’ouvrir à ce jour neuf restaurants: 6 dans la région liégeoise, deux à Bruxelles et plus récemment un à Charleroi.

Problème. Meusinvest ne pouvant investir que dans sa "zone de chalandise" et le duo n’ayant pas les fonds propres suffisants pour poursuivre le développement d’une enseigne gourmande en capitaux – 600.000 euros par restaurant hors murs –, il a dû trouver d’autres source de financement. "Nous avons été aiguillés vers le fonds Invest For Jobs, détaille Thomas Mémurlin; il a mis 1,1 million sous forme de prêt, ce qui permet de prendre le relais de Meusinvest là où ce dernier ne peut pas aller."

Huggy’s Bar
  • Création: 2012.
  • Actionnaires: Thomas Mémurlin et Roberto Navarro (majoritaires), Gabriel Jean.
  • Nombre de restaurants: 9 (12 en 2019).
  • Personnel: 200 (130 ETP).
  • Chiffre d’affaires: entre 1,4 et 1,7 million d’euros par restaurant.

Comme son nom l’indique, Invest For Jobs, créé par des partenaires sociaux de la métallurgie et de la fédération technologique Agoria, est un fonds privé à objectif social: "Comme nous créons beaucoup d’emplois, 200 (130 ETP) à ce jour, le projet les a séduits", relève Thomas Mémurlin. Cette injection doit permettre à Huggy’s Bar d’ouvrir trois nouveaux restaurants en 2019, deux à Charleroi et un à Namur. À terme, ils visent deux ouvertures par an afin d’atteindre un réseau de 15 à 20 restaurants, pas plus. "Nous ne voulons pas ouvrir tous azimuts car nous voulons garder la maîtrise du concept, garantir une qualité, explique Thomas Mémurlin; c’est la raison pour laquelle nous ne misons pas sur la franchise, même si elle nous permettrait de croître plus vite." Sauf, comme ce fut le cas à Sprimont, lorsqu’un entrepreneur arrive avec un excellent emplacement.

©doc

Le duo d’entrepreneurs ne se dit pas trop pressé. La Flandre paraît une expansion naturelle, comme le Nord de la France. Cette prudence va permettre à l’enseigne d’être pour la première fois rentable cette année. Chaque restaurant réalise un chiffre d’affaires annuel allant de 1,4 à 1,8 million, les derniers étant plus vite rentables avec des marges allant de 4 à 6%. De quoi attirer un jour des investisseurs? "On en a déjà discuté entre nous, on verra, conclut Thomas Mémurlin. Aujourd’hui on s’amuse bien, c’est notre bébé et nous n’avons pas la volonté de le céder."


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