Accompagnée par l'ex-CEO de Delhaize, Amoobi s'apprête à vivre son rêve américain

La start-up nivelloise spécialisée dans l’analyse du comportement du client en magasin ouvre une filiale aux Etats-Unis, élargit son champ d’expertise et renforce son conseil d’administration

Spin-off de l’ULB, la société nivelloise Amoobi spécialisée dans l’analyse du comportement du client en magasin, s’attaque au marché américain. Elle y a ouvert un bureau à New York, piloté par Laura Hoste, lauréate du Fonds Prince Albert. "Notre implantation réussie en Grande-Bretagne où nous travaillons avec trois des quatre plus grands distributeurs – Tesco, Morrisson et Asda (Walmart) – nous a incités à franchir l’Atlantique", explique son CEO Olivier Delangre. Ce lancement se fait sur fonds propres. Afin de financer son développement, Amoobi avait en effet procédé en 2017 à une augmentation de capital d’un million d’euros.

Pour faire adopter ses technologies par ce marché XXL, Amoobi ne fait pas les choses à moitié. Le président de son CA, Pierre Olivier Beckers, ex-CEO du groupe Delhaize, coactionnaire avec les fondateurs Olivier Delangre, Fabrice Gosselin et Laurent Dossin, a activé son carnet d’adresses et en a extrait deux formats: Ronald Hodge, ancien CEO de Delhaize America, et Craig Owens, ex-CFO de Campbell Soup et de Delhaize. Ce trio forme le conseil consultatif d’Amoobi aux USA. Il accompagnera cette arrivée dans Big Apple afin d’ouvrir les portes de ce marché hyperconcurrentiel d’autant qu’aux acteurs traditionnels est venu s’ajouter le géant de l’e-commerce Amazon qui a racheté la chaîne bio Whole Foods et ouvert des magasins sans caisse.

Amoobi estime avoir de solides atouts à faire valoir pour séduire le marché américain. Sa technologie consiste à analyser le comportement du client en magasin à l’aide de capteurs optiques 3D situés un peu partout. Jusqu’à des centaines dans le cas d’un hypermarché. Car si jusqu’à présent, les données du ticket de caisse permettaient de savoir ce que le client achète, on ne savait rien de ce qui se passe dans le magasin.

Ce qui se passe dedans

La technologie d’Amoobi comble cette lacune et permet de savoir ce qui se passe à l’intérieur: pourquoi le client s’attarde à tel rayon et pas à un autre, pourquoi il achète tel produit et pas un autre, etc. Le tout, anonymement. Les analyses d’Amoobi permettent ainsi de mieux cerner la performance d’un point de vente ou d’une catégorie et d’obtenir des indicateurs sur les temps d’attente. Initialement, Amoobi travaillait en captant les signaux bluetooth et wi-fi émanant des smartphones des clients qui permettait de les géolocaliser. Cette solution a été abandonnée car elle est moins précise; sans compter que tous les chalands ne possèdent pas de smartphone.

L’autre atout d’Amoobi, c’est que sa technologie ne s’adresse plus seulement aux distributeurs mais aussi aux fabricants. "Au départ, le but était d’étudier le parcours client dans le magasin, afin d’aider le distributeur à organiser son point de vente, son concept, raconte Olivier Delangre. Nous avons depuis renforcé l’outil afin de permettre aux fabricants de mieux comprendre pourquoi les clients choisissent telle marque et pas telle autre, comment ils réagissent aux promotions, etc."

Les technologies d’Amoobi sont aujourd’hui utilisées dans une dizaine de pays européens par des enseignes comme Carrefour, Delhaize, Walmart, Aldi, MediaMarkt Ikea, Tesco, etc. Elles ont permis à la société, qui emploie 14 personnes, de réaliser l’an dernier un chiffre d’affaires d’un million d’euros mais une perte de près de 151.000 euros en raison d’investissements en R & D. Elle vise cette année le million et demi de chiffre d’affaires ainsi que le break-even. "En 2017, nous estimions pouvoir quintupler nos revenus d’ici 2020, rappelle Olivier Delangre. Nous sommes en ligne avec cet objectif."

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