Amanote, le logiciel de prise de notes qui séduit 70.000 étudiants et la Sorbonne

Amanote aimerait bien s’installer dans les auditoires américains. ©Jonas Lampens

Le Liégeois Adrien Fery a lancé, il y a trois ans, un logiciel pour faciliter la prise de notes en auditoire. Aujourd’hui, 70.000 étudiants l’utilisent. La start-up vient de signer un contrat avec la Sorbonne.

Pour l’étudiant un poil brouillon, c’est souvent à cette période qu’il se rend compte que sa prise de notes durant l’année ne fut probablement pas la plus optimale. Aujourd’hui, ils sont toujours plus nombreux à directement opter pour la prise de notes sur ordinateur plutôt que la bonne vieille feuille. Pratique pour certains éléments mais pas toujours adapté à toutes les matières/professeurs. Pas vraiment satisfait de ce que Word et les autres logiciels lui proposaient pour sa prise de notes, Adrien Fery a décidé il y a trois ans, lorsqu’il était encore étudiant en informatique, de développer son propre logiciel de prise de notes. "À la base, je l’ai simplement fait pour moi, explique le jeune homme d’aujourd’hui 25 ans. Mes amis se sont ensuite intéressés puis l’idée est venue de le développer de façon plus importante."

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Amanote collabore aujourd’hui avec une dizaine d’universités en Europe.

Une bonne nouvelle pour les étudiants. Après avoir pris le statut d’étudiant-entrepreneur durant deux ans, le jeune chef d’entreprise se consacre désormais a temps plein à son logiciel. Aujourd’hui, 70.000 étudiants utilisent Amanote, essentiellement dans son format gratuit. "Nous avons également quelques options payantes mais on souhaite laisser beaucoup de services en gratuit et plutôt signer des contrats avec les universités", explique encore le fondateur. Car à côté de ce modèle freemium, la start-up compte surtout sur le soutien des universités et hautes écoles pour grandir. Elle a ainsi déjà signé des premiers contrats avec l’UNamur, quelques universités italiennes et une finlandaise. "On travaille avec une bonne dizaine d’universités en Europe. Ce sont encore souvent de petits contrats mais nous sommes optimistes. L’implantation à Turin s’est par exemple d’abord faite dans une seule faculté. Mais au total, l’université compte 80.000 étudiants. Il y a donc un énorme potentiel. Nous sommes également en test dans beaucoup d’autres universités dont l’ULB et l’ULg", ajoute encore Adrien Fery. Autre succès récent, le jeune chef d’entreprise liégeois a depuis peu un pied dans la célèbre université parisienne de la Sorbonne. "C’est un petit contrat prévu pour les étudiants handicapés. Ceux qui ne peuvent pas se rendre en cours demandent à des étudiants de prendre notes ou d’enregistrer le cours pour eux", détaille Adrien Fery.

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La technologie mise en place convainc visiblement. Mais le fondateur ne compte pas pour autant mettre fin au développement de son produit. Au fil du temps, les nouvelles fonctionnalités se sont donc enchaînées sur Amanote. "Il est par exemple possible de donner une évaluation de la clarté d’un slide, ou préciser au professeur s’il va trop vite dans ses explications. Il est aussi possible d’enregistrer le professeur. L’enregistrement se synchronise alors directement aux slides. Cela permet de réécouter le cours de façon segmentée", explique encore Adrien Fery.

Focus sur l’Amérique

L’entreprise espère désormais s’attaquer à d’autres marchés, dont l’américain. "C’est potentiellement le plus intéressant avec des milliers d’universités, précise le jeune homme. Je suis parvenu à prendre contact avec un professeur là-bas. Il teste actuellement notre logiciel dans un de ses cours à l’université de NorthEastern. Mais il est également professeur à l’université de Boston et est convaincu par notre produit. J’espère donc prochainement entrer en discussion avec eux", explique le responsable.

Si le service aux étudiants est en pleine croissance, l’entreprise pense déjà à attaquer d’autres marchés. "Nous avons développé un outil permettant aux professeurs d’enregistrer facilement leur cours. Nous nous sommes rendu compte que cela pouvait être très utile pour les formateurs et les entreprises qui veulent diffuser des formations en e-learning."

Amanote avait levé plus de 600.000 euros en 2018 via différents moyens dont le soutien du fonds WING qui a injecté 100.000 euros dans le projet. Le jeune homme a également profité des conseils du Venturelab lorsqu’il était étudiant et est passé par l’incubateur Reaktor "Nous réfléchissons à une autre levée de fonds pour la fin de l’année. Le montant n’est pas encore déterminé et variera suivant l’évolution des différents tests actuellement en cours avec les universités et l’intérêt des entreprises." La jeune entreprise espère déjà atteindre la rentabilité pour le début de l’année prochaine.

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