Avec son nouvel écrin, Glutton vise les 200 emplois

©Anthony Dehez

La société spécialisée dans le nettoiement des voiries vient de s’installer dans une nouvelle usine 4 fois plus grande. Après les aspirateurs de rues, Glutton mise sur sa balayeuse Zen pour conquérir de nouveaux marchés. Elle espère doubler ses effectifs dans les cinq ans.

Le sport automobile mène à tout, à condition d’en sortir. Christian Lange rêvait de s’installer dans le baquet d’une Formule 1. Il a pu tâter de la monoplace en Formule Ford, avant de se retrouver aujourd’hui à la tête d’une entreprise florissante qui ambitionne de devenir le leader mondial du matériel électrique de nettoiement des voiries en agglomération.

Depuis douze ans, la société Glutton Cleaning Machines écoule ses aspirateurs électriques Glutton Collect un peu partout dans le monde. Chez nous, les 330 agglomérations de plus de 10.000 habitants s’en sont équipées pour nettoyer leur voirie. On les trouve dans 70 pays du globe.

Depuis la fin 2017, Glutton a ajouté une corde à son arc. Avec le Glutton Zen, l’entreprise wallonne propose une balayeuse électrique à 4 roues dotée d’une cabine spacieuse, qui peut circuler sur les routes.

"Avec son autonomie de 10 heures, elle peut fonctionner une journée entière. Elle coûte peut-être 150.000 euros, contre 80.000 à 90.000 pour une balayeuse diesel équivalente. Mais outre son caractère non polluant, son coût d’utilisation est nettement inférieur: 7 euros d’électricité par jour, contre 100 litres de diesel par jour, sans compter les entretiens", explique Christian Lange.

Clientèle

Les pouvoirs publics, de bons payeur

Les cœurs de cible classiques des entreprises sont soit d’autres entreprises (on parle de B2B, pour business to business) soit le consommateur final (le B2C, business to client). Glutton, elle, est essentiellement active dans le B2G: business to government.Plus de 90 % de ses ventes concernent des administrations publiques. Un créneau finalement guère compliqué à gérer, si ce n’est par la contrainte des marchés publics, qui tend à freiner les transactions.

"Nous n’avons par contre aucun problème de règlement de factures, dit Christian Lange, le patron fondateur de l’entreprise. Les pouvoirs publics sont de bons payeurs. Et si vous devez respecter les règles en matière de marchés publics, il en va de même pour eux: les villes sont tenues de payer leurs factures dans les 30 jours. Nous avons donc très peu de retards de paiement, et s’il le faut, nous réclamons des intérêts de retard."

Et comme Christian Lange préfère dormir la nuit, il s’épargne le souci de paiements en rade en demandant à ses clients de payer à l’avance"Si ça ne lui convient pas, il peut s’adresser à la concurrence. Nous savons de toute façon qu’il finira bien par revenir." Cela a le mérite d’être cash, c’est le cas de le dire… 

Un écrin de 7.000 m²

À ce jour, quatre de ces balayeuses ont été vendues, notamment à Andenne et à Bruxelles. Pour lancer la production à grande échelle, Glutton a quitté son site de Sclayn pour s’installer dans le parc d’activités Mecalys, le long de l’E42, toujours à Andenne. La société y dispose aujourd’hui d’un écrin ultramoderne de 7.000 mètres carrés, quatre fois plus grand. De quoi lui permettre de doubler sa production.

La nouvelle usine, qui a nécessité un investissement de 8,5 millions d’euros, doit permettre de produire annuellement 200 balayeuses Zen. Une capacité qui pourrait être accrue si le succès est au rendez-vous.

"Une dalle a en outre été posée dès la construction de l’usine pour le cas où un agrandissement s’avérerait nécessaire", précise Pierre-Alain Thibaut. Associé depuis 2006 de Christian Lange, qu’il a côtoyé dans les milieux du sport automobile, il possède 20% des parts de l’entreprise.

Chez Glutton, on ne doute en tout cas pas du succès futur de la balayeuse Zen, une machine dont l’entretien se résume à quasi rien: elle n’est pas plus complexe qu’un mix-soup. "Nos ingénieurs ont réussi à concevoir une machine suffisamment spacieuse pour pouvoir accueillir un conducteur mesurant jusqu’à 2 mètres. Elle est en outre dotée d’un filtre qui bloque 99,96% des poussières de plus de 0,5 micron. Elle est enfin totalement silencieuse et peut donc être utilisée de nuit", ajoute Christian Lange.

Isigny, premier acheteur

L’entreprise andennaise, qui connaît déjà une croissance moyenne de 30% par an depuis 2005 – son chiffre d’affaires a atteint 14,2 millions d’euros l’an dernier –, devrait donc poursuivre sur sa lancée. Et gonfler un peu plus encore des effectifs en évolution constante: de 10 en 2005, le nombre de salariés est passé à 49 en 2015 et à 94 au début de cette année. "Si la balayeuse Zen se vend bien, nous pouvons espérer doubler nos effectifs d’ici cinq ans", dit Pierre-Alain Thibaut.

Christian Lange ne doute en tout cas pas du succès. "La première agglomération qui a acheté une balayeuse Zen, c’est Isigny, une localité du sud de la Normandie qui fait à peine 3.500 habitants, un nombre inférieur au plancher de 10.000 habitants sur lequel les études de marché recommandaient de nous baser."

La société peut s’appuyer sur une équipe de 10 ingénieurs spécifiquement dédiés à la recherche et au développement d’innovations. La notoriété des aspirateurs Collect devrait en outre contribuer à accélérer les ventes de la balayeuse Zen.

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