BT CC se voit déjà en Europe avec son traducteur pour le monde médical

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La start-up carolo BT Clinical Computing, qui développe un logiciel de traduction médical, passe à la vitesse supérieure. Après avoir levé 322.500 euros en décembre 2017, elle est en passe de finaliser un second tour de l’ordre de 500.000 à un million d’euros auprès d’investisseurs professionnels. Objectif: accélérer la commercialisation internationale de son logiciel de traduction en Snomed.

Entre 2011 et 2015, Thierry Klein, docteur en médecine et spécialisé en informatique, travaillait à l’hôpital Erasme. Son futur cofondateur Benny Van Bruwaene était chef de projet pour la plateforme e-health du SPF Santé publique. À cette époque, le ministre de la Santé lançait une nouvelle terminologie en Belgique, baptisée Snomed. "L’objectif était de créer un serveur terminologique belge avec une version traduite en français et néerlandais de ce langage médical international", nous explique Thierry Klein depuis le CHR de Soignies, qui fait office d’hôpital pilote. "Il était en contact avec une série de médecins qui validaient les traductions de chapitre par spécialité." Malheureusement, pour diverses raisons, les autorités publiques ont abandonné le projet et dans la foulée, BT Clinical Computing est née.

BT CC

Lancée en 2015 par Benny Van Bruwaene et Thierry Klein, BT Clinical Computing a développé un logiciel qui permet de traduire un document rédigé en français ou en néerlandais vers Snomed, le langage de plus en plus adopté par le monde médical.

Le Snomed, adopté par une cinquantaine de pays, peut être vu comme un langage clinique qui est à la fois compréhensible par un médecin et par un ordinateur. Et la start-up BT CC, dont le siège d’exploitation se trouve à Charleroi, développe un logiciel de traduction qui part des données médicales existantes, essentiellement du texte, et qui les traduit en Snomed. "L’avantage du texte, c’est que c’est très précis. On a une granularité très importante. Mais le désavantage du texte, c’est qu’il est difficile de réaliser des statistiques. En traduisant en Snomed, non seulement on respecte le texte et ses nuances mais en outre, comme tous les mots sont codés, ils sont interprétables par ordinateur. Il est donc plus facile de faire une recherche dans une base de données sur une pathologie précise", poursuit Thierry Klein.

Améliorer le financement des hôpitaux

Il y a trois cas d’utilisation concrète de ces données. Il y a tout d’abord la continuité des soins. "En codant les pathologies des patients, on peut facilement retrouver leurs antécédents en ressortant les éléments principaux et en faire un résumé médical", commente Thierry Klein. Ensuite, il y a le vrai nerf de la guerre: le financement des hôpitaux. "Actuellement, la moitié des revenus des hôpitaux provient des forfaits par pathologie. Il faut donc coder les pathologies. Actuellement, cela se code manuellement et cela coûte 50 millions d’euros par an. Notre logiciel permet de semi-automatiser le codage en ayant à la fois le dossier médical en Snomed et la conversion de ces codes en une classification moins détaillée", poursuit le cofondateur de BT CC. Enfin, le logiciel pourrait intéresser l’industrie des biotechs et des pharmas en facilitant le recrutement des patients lors des phases cliniques de type 3.

Cap sur l’international

Si la concurrence ne manque pas, BT CC estime qu’en terme de "snomédisation pure", elle a un train d’avance. "Nous sommes les plus performants parce que depuis le début, Benny Van Bruwaene a développé un glossaire qui permet de reconnaître tous les mots des phrases", explique Thierry Klein. En revanche, en terme de découpage de texte, de nombreuses firmes issues de centres de linguistique font déjà le job.

Après avoir levé 322.500 euros auprès des "families and friends" en décembre 2017 et bénéficié d’avances récupérables de la Région wallonne de 744.000 euros, la société est en passe de clôturer un nouveau round de 500 à 1 milllion d’euros. "On n’a pas vraiment besoin d’un nouvel apport pour industrialiser notre solution et engager du personnel. Mais si on veut, en parallèle, lancer la commercialisation à l’international, là, on a besoin de l’appui de VC", assure Thierry Klein. À travers le développement d’un réseau de distributeurs locaux, la start-up vise notamment la France, les Pays-Bas, la Suisse et le Luxembourg.

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