Cefaly espère doubler ses ventes grâce aux futurs remboursements

Pierre Rigaux, cofondateur et CEO de Cefaly Technology. ©Anthony Dehez

La medtech poursuit son extension, avec un chiffre d’affaires aujourd’hui en hausse de 62%. Une tendance qui devrait se renforcer avec l’aboutissement des demandes de remboursement du dispositif de neurostimulation antimigraine dans de nombreux pays, dont la Belgique. Dans notre pays, le remboursement permettrait une économie pour la santé de plus de 50 millions d’euros en cinq ans.

Cefaly Technology serait-elle en train de changer de dimension? La PME liégeoise s’affirme en tout cas comme un acteur de plus en plus incontournable dans le monde du traitement des céphalées et des migraines grâce à son dispositif de neurostimulation crânienne externe.

Les derniers résultats de la société parlent d’eux-mêmes: son chiffre d’affaires, qui était de 6,22 millions en 2017, est aujourd’hui en hausse de 62% par rapport à la même période de l’année dernière, selon le cofondateur et CEO Pierre Rigaux. Les ventes se multiplient. Il est loin le temps où le Cefaly était parfois considéré comme un gadget. "De plus en plus d’associations et d’autorités scientifiques internationales considèrent le Cefaly comme une solution de première ligne pour la prévention et le traitement des migraines, se réjouit Pierre Rigaux. Notre appareil présente en effet un rapport sécurité-efficacité supérieur aux traitements médicamenteux."

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Le diadème anti-migraine est en particulier de plus en plus prisé pour tenter de réduire drastiquement la prise de médicaments antimigraineux chez les patients victimes de MOH ("Medication-overuse headache"), c’est-à-dire les céphalées par surconsommation de médicaments. Pour ces maux de tête spécifiques, la seule recommandation médicale existante est d’interrompre la prise de médicaments…

Surconsommation

Concernant ce type de patients dépendants, la medtech liégeoise a fait réaliser une étude pour le marché belge, pour lequel elle a introduit une demande de remboursement auprès de l’Inami. "Cette étude montre que le remboursement du Cefaly aux patients migraineux avec céphalée par surconsommation de médicaments permettrait une économie pour la santé de plus de 50 millions d’euros en cinq ans", précise le patron de Cefaly. En Belgique, 0,6% de la population, soit plus de 50.000 patients, souffrent de migraines avec une surconsommation de médicaments. "Nous vendons environ 1.000 appareils par an en Belgique. Avec le remboursement, ce chiffre pourrait être multiplié par 7", poursuit Pierre Rigaux.

Cefaly
  • Créée en 2004, Cefaly Technology compte aujourd’hui une trentaine de travailleurs, dont 10 aux Etats-Unis.
  • Son chiffre d’affaires était de 6,22 millions d’euros en 2017 et de 5 millions en 2016.

Il s’agit de la première demande de remboursement de ce type en Europe pour Cefaly. Mais d’autres devraient suivre, fait remarquer le CEO, qui cite la Suède ou l’Autriche. Avant la consécration du côté des poids lourds – Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie –, "peut-être en 2019 pour certains d’entre eux", espère Pierre Rigaux. Le dispositif est déjà partiellement remboursé en Suisse, mais pas en tant que demande spécifique.

Les USA se montrent moins timides: l’achat du Cefaly est déjà remboursé – et pas uniquement pour les patients MOH – pour les vétérans de guerre, les militaires et quelques assurances privées. Le marché américain a nécessité la création il y a trois ans d’une filiale qui emploie une dizaine de personnes, sans compter une quinzaine d’indépendants qui prospectent le pays. Cet eldorado s’est réellement ouvert il y a un an avec l’autorisation de la de la Food and drug administration (FDA), l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, pour la commercialisation du Cefaly pour le traitement de crise.

Notoriété croissante

Ces futurs remboursements et la notoriété croissante du Cefaly poussent Pierre Rigaux à croire que la progression des ventes va se poursuivre. Il évoque un doublement du chiffre d’affaires en 2019 de la société, "qui est rentable". Ce qui pose immanquablement la question de l’avenir de l’entreprise, dont il reste propriétaire avec son associé et cofondateur Pierre-Yves Muller. "Nous avons créé Cefaly pour pouvoir croître avec le schéma d’aujourd’hui, avec l’ensemble de nos équipements qui sont fabriqués et assemblés à Liège et à Bastogne. Nous pouvons monter en cadence avec le plan actuel", souligne Pierre Rigaux, qui laisse quand même entrevoir que plusieurs scénarios sont possibles, du maintien du cavalier seul à l’ouverture du capital.

La medtech a inauguré il y a tout juste un an son nouveau siège dans le parc scientifique du Sart-Tilman (Seraing). Le bâtiment, qui abrite les services administratifs et le centre de recherche, a représenté un investissement de plus de 2 millions d’euros. Il permet d’accueillir jusqu’à 50 collaborateurs sous le même toit.

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