Euroquartz, la PME wallonne qui investit 5 millions d'euros dans le sable

©RV DOC

La spécialité d’Euroquartz, installée à Hermalle-sous-Argenteau? Le séchage et le calibrage de sables, et la production de mélanges spéciaux. Parmi ses nouveaux marchés: l’éolien offshore, pour lequel elle vient d’investir 5 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production et des halls de stockage.

"Nous sommes une PME industrielle wallonne typique, active dans des métiers de base, et dont la principale préoccupation est de pérenniser l’activité", explique Geoffroy Jacobs, le CEO d’Euroquartz. Installée le long du canal Albert à Hermalle-sous-Argenteau, l’entreprise, qui emploie un peu plus de 30 personnes, est spécialisée dans le séchage et le calibrage de sables, venus pour la plupart d’Allemagne, et la production de mélanges spéciaux.

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Pour assurer son avenir, le patron d’Euroquartz a décidé de miser sur l’innovation, afin de développer des produits à plus haute valeur ajoutée, sur des marchés de niche. Plus de 50% de sa production est déjà expédiée aux quatre coins du monde via le Trilogiport, situé à moins d’un kilomètre. "C’est une aubaine pour nous: ce terminal à conteneurs est directement relié au port d’Anvers. Nous y faisons toutes les démarches administratives, et nos conteneurs partent en Australie, en Chine ou en Thaïlande", poursuit Geoffroy Jacobs.

Les applications traditionnelles des produits d’Euroquartz? Le sable de freinage pour les trams, les moyens draînants pour les terrains de sport ou les mélanges destinés à la filtration de l’eau.

Mais grâce à ses efforts en recherche et développement, la PME wallonne s’est ouvert d’autres marchés: les sols techniques à haute performance pour des bâtiments industriels, la géothermie et l’éolien en mer. "Pour la géothermie, nous avons mis au point un mélange prêt à l’emploi qu’on injecte dans les puits techniques, autour du tuyau, et qui combine à la fois une très bonne conductivité thermique et une très basse perméabilité", explique le patron d’Euroquartz. Pour l’éolien offshore, l’entreprise propose d’autres mélanges spéciaux destinés à être injectés dans les fondations des éoliennes ou à renforcer la colonne de l’éolienne contre laquelle les bateaux viennent cogner.

"Ce nouvel outil rend notre avenir plus pérenne. Nous espérons exporter plus de 75% de sa production."
Geoffroy Jacobs
CEO d’Euroquartz

Une nouvelle ligne pour l’offshore

Pour servir ces marchés, Euroquartz vient d’investir 5 millions d’euros dans une nouvelle ligne de mélanges spéciaux, principalement destinés à l’industrie offshore, ainsi que dans de nouveaux halls de stockage, inaugurés officiellement ce jeudi. De quoi augmenter sa capacité de production, qui variait jusqu’ici entre 50.000 et 100.000 tonnes par an, de 50.000 tonnes supplémentaires.

Geoffroy Jacobs, Euroquartz. ©Amélie de Wilde

L’investissement a été réalisé au travers d’un projet d’investissement déposé auprès du pôle de compétitivité Greenwin, ce qui lui a permis de bénéficier de subsides importants. "Cet outil est à la pointe de la technologie et entièrement automatisé, ce qui est un gage de qualité parce que nous ne sommes plus tributaires des risques liés aux erreurs humaines, affirme Geoffroy Jacobs. Cela rend notre avenir plus pérenne. Nous espérons exporter plus de 75% de la production de ces nouvelles installations et augmenter l’emploi à plus de 40 équivalents temps plein d’ici 2021. Le chiffre d’affaires, qui était de 7 millions d’euros environ en 2018, devrait doubler."

La vie n’est pas pour autant un long fleuve tranquille pour le patron d’Euroquartz. S’il affirme que la Wallonie est une vraie terre d’accueil pour les industriels, avec de l’espace disponible, une localisation privilégiée, un vrai savoir-faire industriel et des autorités locales et régionales très à l’écoute, il se plaint des charges administratives. "On sent peu les efforts de la simplification administrative, et on vit parfois de véritables chemins de croix", regrette-t-il. Mais son plus gros souci, c’est le Brexit. "Nous réalisons plus d’un tiers de notre chiffre d’affaires au Royaume-Uni, et nous avons de vraies craintes concernant les complications administratives et logistiques, les droits de douane et le risque de change."

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