Idweaver, la première agence digitale de Wallonie, s'installe chez ses clients

Jean-Thierry Dufort, CEO, et Jean-Bernard Degrave, brand communication director (debout au milieu) pilotent une équipe très jeune. ©Dieter Telemans

La Wallonie n’est pas un désert publicitaire. La preuve avec Idweaver qui affiche une croissance annuelle de plus de 30%.

Ce n’est pas la plus connue des agences de com’, mais c’est sans doute celle qui affiche la plus belle croissance ces dernières années. Idweaver prévoit un bond de 36% de son chiffre d’affaires à l’issue de l’exercice 2018-2019, qui se clôturera fin juin, pour atteindre 13 millions d’euros.

Basée dans les bâtiments de l’ancienne Sucrerie à Waterloo, Idweaver est une des rares agences de marketing digital d’envergure en Wallonie. Elle figure désormais dans le top 10 belge des agences digitales si l’on en croit le classement de Digimedia, et arrive à la première place en Wallonie.

Des logiciels à la com'

« Nous installons des agences intégrées chez le client. Chez BNP Paribas Fortis 45 de nos collaborateurs travaillent en permanence. »
Jean-Bernard Degrave
Brand communication director

La société, qui fête ses 15 ans cette année, n’a pas toujours été active dans la pub. Au départ c’est une société qui développe des softwares, sous le nom de Maidez. En 2007 elle évolue vers le monde de la communication marketing sous l’impulsion de Maxence Cüpper qui venait de la rejoindre la avant de la rebaptiser sous son nom actuel. Fin 2010, Jean-Bernard Degrave (brand communication director) et son fils Nicolas rejoignent l’agence. Ils en sont aujourd’hui les actionnaires avec Jean-Thierry Dufort, un ex de Danone aujourd’hui CEO, Eric Hadad et le français Benoît Minvielle – grâce auquel le groupe a ouvert en 2017 un bureau à Paris qui compte une vingtaine de collaborateurs.

Résolument indépendante, l’agence est donc réellement positionnée vers le marketing digital : création de sites, e-commerce, gestion des réseaux sociaux, développement d’applications, etc. A cela s’ajoute tout l’aspect conseil et stratégie de communication. Ce business représente 80% de ses revenus, le solde venant de la pub traditionnelle (TV, radio, presse, affichage…). Parmi ses principaux concurrents, figure l’inévitable Emakina, l’agence bruxelloise cotée en Bourse et active dans plusieurs pays. "Ils sont bien plus gros que nous, mais nous sommes souvent en compétition avec eux sur certains budgets", observe Jean-Bernard Degrave.

13
millions d'euros
Pour l'exercice 2018-2019, qui sera clôturé fin juin, Idweaver table sur un chiffre d'affaires de 13 millions en hausse de 36%

"Pop-up agency"

Ce qui fait la spécificité d’Idweaver, c’est notamment le fait qu’elle a développé depuis 2013 le concept de "pop-up agency", des agences pilotées par ses soins, mais installées chez le client. "A sa demande on installe des cellules intégrées chez lui, détaille Jean-Bernard Degrave, c’est ce que nous avons fait chez BNP Paribas Fortis où 45 de nos collaborateurs travaillent en permanence." Pareilles équipes, mais moins nombreuses sont également implantées chez D’Ieteren et à Paris, chez Raja, un des plus importants fabricants européens d’emballage et chez Géoxia, un gros constructeur de maisons individuelles en France. "Cela permet d’apporter une expertise au client, de s’interconnecter avec tous ses départements, d’éviter ainsi les pertes d’information et de former ses propres collaborateurs ; indique Jean-Thierry Dufort, évidemment pour faire cela il faut que le client ait une certaine taille "

Dans un marché hyper concurrentiel et qui n’est pas au mieux de sa forme, Idweaver considère que c’est le développement de ce concept de pop-up agency qui lui a permis d’afficher pareille croissance. "Nous sommes des facilitateurs, notre force c’est d’accompagner au plus près les annonceurs dans leur stratégie de communication, car notre analyse peut mettre à jour un problème de positionnement de marque plus général plutôt qu’un problème avec le digital, voir un même un problème de stratégie d’entreprise", souligne Jean-Bernard Degrave.

Pénurie de personnel

Outre les clients précités, l’agence compte aussi dans son portefeuille des marques comme Ice Watch, American Express, Knauf, Ageas, Actiris, l’UCM, Orano (ex Areva en France), etc. Elle compte au total quelque 120 collaborateurs, salariés et indépendants, contre moins de dix en 2010 ; un personnel très jeune – stratèges, développeurs, créatifs… - qu’elle forme beaucoup elle-même. "On peine à trouver de bons profils, déplore Jean-Thierry Dufort, on sélectionne donc nos meilleurs stagiaires que nous formons nous-mêmes, car aucune école ne les rend directement opérationnels pour nos technologies dès la sortie des études."

Pour l’exercice qui va débuter le 1er juillet, Idweaver table encore sur une croissance à deux chiffres, mais pas dans les mêmes proportions que celui qui s’achève, le marché étant qualifié un peu partout de "difficile" en cette première partie d’année.

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