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L'agriculture veut combler son retard digital

©Reuters

Entre l’agriculture et le numérique, ce n’est pas encore l’amour fou. Le digital a pourtant plus d’un intérêt pour le secteur. Certains exploitants l’ont bien compris, une petite mise à niveau peut avoir de réels effets positifs.

Des tracteurs qui se conduisent presque tout seuls, des robots se chargeant de la traite des vaches sans intervention humaine, voire même des drones capables d’analyser les rendements des champs… Les exemples prouvant que l’innovation a aussi conquis les champs ne manquent pas. Mais si les ingénieurs se creusent visiblement la tête sur l’agriculture 2.0, le monde agricole compte encore quelques lacunes dans le numérique.

L’agence wallonne Digital Wallonia s’est d’ailleurs récemment penchée sur le sujet. Dans une étude publiée il y a quelques semaines, on pouvait par exemple lire qu’en moyenne, seulement 25% des entreprises agricoles disposent d’un site internet. Autre résultat surprenant, seule une exploitation sur trois travaille avec un logiciel de comptabilité, soit le taux le plus bas de tous les secteurs interrogés.

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Le virage numérique n’a donc visiblement pas tout à fait été bien négocié par les différents entrepreneurs. Un constat qu’ont également pu faire les responsables du Digital BoostCamp. Organisées depuis trois ans par le Microsoft Innovation Center, ces formations permettent à des chefs d’entreprise de venir se former à la numérisation, une journée par semaine durant quatre mois. Il y a peu se clôturait la première session dédiée exclusivement aux agriculteurs. "La formation était ici focalisée sur la relation client et comment les outils numériques peuvent être utiles dans leur métier et la vente", explique Xavier Bastin, le directeur du Microsoft Innovation Center.

IoT, blockchain, intelligence artificielle, les éléments abordés étaient nombreux. De quoi informer sur les technologies qui émergent doucement mais aussi évoquer de manière concrète comment rendre son site efficace ou booster sa visibilité sur Facebook. "Il y a effectivement un retard du secteur, qui n’a sans doute pas perçu directement l’intérêt d’un tel outil", avoue le directeur.

"Je suis parfois frustré quand je vois le retard que nous avons. Je connais des agriculteurs qui ne lisent pas leurs mails."
Henri Louvigny
Agriculteur

Damien Vermeiren, un des dix agricultures ayant participé, est visiblement du même avis. "Nous sommes capables de produire et transformer nos produits mais nous ne sommes par formés à la partie vente", explique le jeune homme, visiblement plus à l’aise pour gérer un troupeau que derrière son écran.

Henri Louvigny, un agriculteur de la région de Libramont, affiche lui aussi un constat assez clair sur son secteur et pour le moins critique. "Je suis parfois frustré quand je vois le retard que nous avons. Je connais des agriculteurs qui ne lisent pas leurs mails. En tant que chef d’entreprise, ce ne serait pas imaginable ailleurs", lance le jeune homme, convaincu, lui, par l’intérêt de s’intéresser de plus près au numérique.

Site internet version start-up

Il fut l’un des participants au BoostCamp, mais d’une session précédente, n’étant pas juste réservée à des professionnels de son secteur. Quelques mois après, il déborde d’idées. Le site internet de son exploitation n’a d’ailleurs rien à envier aux dernières start-ups à la mode. "Je viens par exemple de développer sur mon site un outil permettant d’acheter une partie d’un bovin. Je n’envoie l’animal à l’abattage que lorsqu’il est entièrement vendu", résume le responsable en montrant sur son smartphone la page de son site reprenant l’animal actuellement en vente et les différentes parties du bovin ayant déjà trouvé preneur. Un moyen ludique de mettre en avant son produit mais également bien utile pour son exploitation. "Cela évite le gaspillage et je suis également payé avant l’abattage, ce qui évite les problèmes de trésorerie", ajoute Henri Louvigny.

L’agriculteur souhaite désormais aller encore plus loin. La prochaine étape sera l’exploitation de données. "Je vais investir dans différentes technologies dont des podomètres connectés. En analysant le nombre de pas des animaux, il est possible de repérer une situation particulière comme une chaleur ou un animal malade", explique encore le fermier. "Et j’ai encore deux ou trois autres idées", sourit l’agriculteur.

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