L'incubateur WSL veut développer un hub de l'internet des objets au Val Benoît

Le bâtiment phare du Val Benoît est l’immeuble "Génie civil", qui abrite déjà WSL et quelques jeunes pousses. ©MICHEL HOUET

WSL, l’incubateur wallon des sciences de l’ingénieur, a quitté le Liège Science Park au Sart-Tilman pour rejoindre de nouvelles installations au sein de l’ancien site universitaire du Val Benoît. La direction de WSL souhaite en effet élargir à nouveau le spectre de son champ d’activité. L’idée est de développer un hub dans le domaine des dispositifs connectés.

Un nouveau départ pour WSL, l’incubateur wallon des sciences de l’ingénieur: cette "structure d’accompagnement pour les techno-entrepreneurs", comme l’appelle sa directrice, Agnès Flémal, a quitté le Liège Science Park au Sart-Tilman pour rejoindre tout récemment ses nouvelles installations au sein du Val Benoît, le long du quai Banning menant vers Sclessin. Une migration qui est bien plus qu’un simple déménagement. Initialement spécialisé dans les sciences spatiales, WSL s’était en effet au fil du temps ouvert aux métiers de l’ingénieur. Sa direction souhaite désormais élargir à nouveau le spectre de son champ d’activité, pour l’étendre à tout ce qui touche à l’internet des objets, c’est-à-dire la tendance par laquelle de plus en plus d’objets quotidiens ou nouveaux sont connectés à internet. Au passage, Agnès Flémal ambitionne de faire éclore sur le site du Val Benoît un véritable hub dans le domaine des dispositifs connectés.

"Le virtuel a besoin d’un centre de gravité qui consolide et fertilise."
Agnès Flémal
General Manager de WSL

"Le virtuel a besoin d’un centre de gravité qui consolide et fertilise, qui se révèle un terrain de jeu connecté, à dimension globale mais personnalisable", fait valoir la general manager de WSL. L’ancien campus universitaire de l’ULg en cours de reconversion répondait parfaitement à ces enjeux. Parc d’activités économiques d’un nouveau genre, le Val Benoît fourmille de projets urbanistiques novateurs. Son bâtiment phare, le seul quasiment achevé à ce stade, est l’immeuble dit "Génie civil", qui abrite notamment WSL et quelques jeunes pousses en lien ou pas avec l’incubateur.

"Depuis quelques années, on remarque plusieurs secteurs en pleine expansion chez WSL", poursuit Agnès Flémal, en citant l’industrie 4.0, l’énergie intelligente, la santé connectée ou la logistique intelligente. Des secteurs qui comprennent de nombreux gisements à exploiter dans le domaine des dispositifs connectés et de l’analyse des données. Avec à la clé de nouveaux emplois à haute valeur ajoutée, difficilement délocalisables. Néanmoins, à ce stade, concède Agnès Flémal, "il s’agit toujours d’un marché en émergence et hyper fragmenté".

Une nouvelle plateforme

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"Par manque de place ou pour des raisons financières, le Spatiopôle du Liège Science Park n’était plus en mesure d’accueillir les techno-entrepreneurs que nous accompagnons", fait encore valoir la directrice de WSL, qui rappelle que depuis son lancement par le gouvernement wallon en 2000, l’incubateur a contribué au lancement d’environ 140 sociétés, dont quelques-unes aujourd’hui bien établies comme Cephaly ou LambdaX. "Par ailleurs, il est important que les différents acteurs soient proches pour développer des synergies. Dans une logique d’optimisation des infrastructures, quitter le Spatiopôle pour le Val Benoît représente bien l’évolution de WSL".

L’arrivée de WSL dans son nouveau bâtiment a coïncidé avec le lancement d’une plateforme mutualisée appelée Atom-IT, destinée à structurer l’offre wallonne dans le nouveau secteur visé. Il s’agit d’un logiciel libre et en open source qui permet notamment de développer un prototype d’objet connecté en quelques jours, en réduisant considérablement l’investissement financier. "L’avenir est dans une combinaison du hardware et du software, note Agnès Flémal. Or, les petites entreprises dotées de cette double expertise restent rares en Wallonie."

Un "zoning vertical"

Les 15.000 mètres carrés rénovés (pour 24 millions) du bâtiment Génie civil sont appelés à devenir un "zoning vertical", explique de son côté Pierre Castelain, porte-parole de la SPI, l’agence de développement pour la province de Liège. "Cela permet d’économiser une vingtaine d’hectares de terrains tels qu’ils seraient lotis dans un zoning industriel classique."

WSL occupe environ 400 mètres carrés du bâtiment, qui pourront abriter une vingtaine de start-ups. Mais l’immeuble dispose de place supplémentaire pour accueillir les futures pépites qui se sentiraient à l’étroit. Parmi celles-ci, SmartNodes, une start-up technologique spécialisée dans la fabrication de solutions d’éclairage extérieur basées sur une gestion intelligente et en temps réel de l’éclairage public.

Situé en bord de Meuse, le Génie civil abrite également une dizaines d’autres start-ups qui ne sont pas passées par WSL. Convert Pharmaceuticals, une jeune biotech qui a levé 13,6 millions d’euros début 2018, y a ainsi installé son QG.

L’ancien institut constitue par ailleurs la première réaffectation d’un ensemble de bâtiments qui seront remis à neuf progressivement. À terme, c’est tout un nouveau quartier multifonctions de 9 hectares qui revivra à dix minutes à pied de la gare TGV des Guillemins.

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