Lambda-X, de Mars aux lentilles de contact

©BELGA

La société nivelloise spécialisée à l’origine dans l’optique spatiale poursuit sa croissance. Elle agrandit ses installations et renouvelle ses équipements de contrôle des lentilles de contact.

Outre son intérêt scientifique, l’exploration spatiale a permis de révolutionner certaines activités humaines comme les télécommunications ou la météorologie. Mais elle génère aussi son lot d’innovations qui peuvent se traduire en produits commerciaux. La société Lambda-X, à Nivelles, en constitue un bel exemple. Spécialisée depuis sa création en 1996 dans les systèmes optiques pour des applications spatiales, cette spin-off du laboratoire de microgravité de l’ULB a également réussi à se faire une place au soleil dans le secteur de la métrologie ophtalmique.

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Lambda-X revendique ainsi la place de leader mondial en matière de contrôle de qualité des lentilles intra-oculaires et de contact, grâce à un instrument appelé NIMO. Fruit d’une technologie spatiale entièrement développée par la PME, cet équipement est présent chez la plupart des fabricants de lentilles, y compris chez les leaders comme Alcon, Johnson & Johnson ou Bausch & Lomb.

Pour renforcer cette position, Lambda-X vient de lancer une version améliorée de l’appareil et de ses logiciels associés, qui viennent d’être présentés au salon européen EFCLIN (European Federation of the Contact Lens and IOL Industries) à Bruxelles. Appelé NIMOevo, cet instrument de nouvelle génération "est plus compact et offre des avancées majeures en termes de vitesse de mesure, de sécurisation des données et de possibilité d’intégration dans des environnements de production automatisés, explique Olivier Dupont, CEO et cofondateur de Lambda-X. L’ancienne génération a un peu plus de dix ans. Nous avons plus de 300 machines qui fonctionnent sur 4 continents. Il était temps de présenter un équipement de nouvelle génération qui pouvait résoudre le seul petit défaut qu’on pouvait nous reprocher, la vitesse, un peu moindre que celle de nos concurrents."

Des postes à pourvoir

Tous les éléments de l’appareil sont achetés auprès de fournisseurs et la machine est assemblée, alignée et qualifiée dans les laboratoires à Nivelles. Le succès important du segment ophtalmique, qui représente environ 40% du chiffre d’affaires de Lambda-X, ainsi que la bonne tenue des activités dans les autres secteurs (industrie, médical, spatial et défense) ont poussé la direction à agrandir les installations. Quelque 1.700 m² ont été ajoutés, ce qui représente une augmentation de 50% de la surface du siège, qui se situe dans le zoning implanté sur l’ancien circuit automobile. Le réaménagement sera terminé en septembre.

New Space

Lambda-X affiche une croissance moyenne de 20% depuis 2010. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 7,5 millions d’euros en 2018 et devrait atteindre 8,7 millions cette année. Les effectifs sont actuellement de 43 personnes et vont continuer à augmenter, plusieurs postes étant à pourvoir. L’actionnaire majoritaire (65%) est le groupe industriel Verhaert, le solde étant aux mains d’Olivier Dupont et du CTO (Chief Technology Officer) Luc Joannes.

7,5 millions
d'euros
Lambda-X affiche une croissance moyenne de 20% depuis 2010. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 7,5 millions d’euros en 2018.

Dans le domaine spatial, le cœur de métier historique, la société affiche à son palmarès environ 35 systèmes optiques de haute technologie pour des satellites, sondes et la Station spatiale internationale. Sur sa carte de visite, on trouve notamment deux mini-télescopes de l’instrument Nomad de la sonde européenne TGO, qui tente de détecter – jusqu’ici en vain – des traces de méthane dans l’atmosphère martienne.

L’activité dans le spatial continue pour sa part à se développer. "Nous avons de très gros projets dans ce secteur, indique encore Olivier Dupont, notamment dans le domaine du new space", qui est en train de révolutionner l’accès à l’espace. Une redistribution des cartes qui va ouvrir de nouveaux marchés à l’entreprise belge, dont l’activité spatiale était jusqu’ici très largement dépendante des programmes institutionnels européens.

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