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Le liégeois ALX Systems séduit l'Otan avec ses drones autonomes

ALX Systems développe pour le moment des drones de surveillance et de neutralisation. ©ALX SYSTEM

La start-up liégeoise ALX Systems développe des drones autonomes. En décembre dernier, elle a remporté l’Innovation challenge de l’OTAN. De quoi légitimer sa technologie. L’entreprise espère désormais convaincre les gouvernements et les aéroports de lui faire confiance.

Des milliers de vols déviés à l’aéroport de Gatwick en décembre dernier. Le trafic fortement perturbé à celui de Heathrow deux semaines plus tard. Les dernières semaines ont été agitées dans le ciel londonien. Il n’y était pourtant pas question de grèves ou de conditions climatiques exceptionnelles. La raison de ce chaos venait de drones inconnus volant trop près des pistes.

"Nous pouvons intercepter des drones se déplaçant jusqu’à 200km/h."
Geoffrey Mormal
Ceo alx systems

Ce genre de situation, heureusement rare, est difficile à gérer pour les aéroports. Ne souhaitant prendre aucun risque, l’option de la fermeture des pistes est souvent la seule solution efficace. L’entreprise liégeoise ALX Systems pourrait toutefois mettre fin aux crispations des contrôleurs du ciel. Installée à Liège, cette start-up s’est spécialisée dans le développement de drones autonomes. Fonctionnant sans l’appui d’un pilote, l’entreprise peut s’attaquer aux marchés spécifiques de la sécurité et la surveillance.

Depuis quelques mois, la start-up a décidé de se spécialiser précisément dans l’interception de drone. Pour cela, elle a développé un système plutôt radical, la collision. "C’est aujourd’hui ce qui fonctionne le mieux car le moindre choc permet souvent d’abîmer le drone et ainsi le faire chuter. Il est possible de récupérer notre drone mais il est certain qu’il y a aussi de la casse. Si un drone suspect survole une centrale nucléaire, les responsables du site ne vont pas hésiter longtemps à sacrifier leur drone", explique Geoffrey Mormal, le fondateur et CEO d’ALX Systems.

L’Otan convaincue

Pour mener à bien ce genre d’opération, ne pas devoir se reposer sur l’habilité d’un pilote est essentiel. "Les quelques vidéos qu’on peut voir sur le net de ce genre d’interception montrent des neutralisations dans des conditions optimales avec une cible immobile. Ce n’est pas très représentatif. Atteindre une cible en mouvement est quasi impossible pour un pilote", explique le responsable. Il a donc développé une technologie capable de diminuer l’imprédictibilité de la cible. "C’est une méthode qu’on ne souhaite pas expliquer. Mais nous pouvons intercepter des drones se déplaçant jusqu’à 200km/h", assure le responsable.

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La technologie, un brin brutale, n’a pas tardé à convaincre. Il y a quelques semaines, ALX Systems a remporté le Nato Innovation Challenge. De quoi se faire une jolie carte de visite. "Il s’agit d’un concours mis en place par l’Otan lorsqu’elle cherche à résoudre une problématique. Nous étions une soixantaine présélectionnés et une dizaine à présenter la technologie aux différents pays de l’Otan. Nous avons finalement gagné", lance Geoffrey Mormal. Les premiers contacts n’ont ensuite pas tardé. "Nous sommes en négociation avec plusieurs pays dont l’armée belge", explique le responsable. ALX Systems espère maintenant pouvoir signer prochainement avec plusieurs gouvernements. "Mais ce sont des processus très longs", glisse le patron. Outre l’armée, certaines entreprises, dont évidemment les aéroports, s’intéressent à la technologie. "Nous étions justement au CES à Las Vegas lorsque Heathrow a été bloqué ce qui a permis de susciter encore davantage l’intérêt. Nous avons pu avoir des premiers contacts très intéressants", explique encore Geoffrey Mormal.

Outre l’interception, la société a également mis en place en parallèle une technologie de surveillance. "Dans ce cas, le drone permet de vérifier l’absence d’intrusion sur site. Il ne s’agit pas d’un système de patrouille qui n’est pas encore réaliste, mais d’un moyen de lever un doute. Pour cela, nous récoltons toutes les données reçues par les portes, barrières et caméras d’un site. Si une anomalie est remarquée. Le drone est envoyé sur zone pour vérifier la situation", explique le responsable. Equipée de caméras infrarouges, la machine est ainsi capable de rapidement évaluer une situation et même de faire la distinction entre un humain et différents objets.

Repositionnement

En s’activant sur ces deux marchés, l’entreprise espère atteindre l’équilibre pour le mois de juin, seulement trois ans après s’être lancée. Si elle semble donc sur la bonne voie, la start-up a opéré il y a un an un repositionnement de sa stratégie. "Nous l’avons fait au moment de la faillite d’un de nos concurrents ne proposant qu’un logiciel et non une solution intégrée. C’est ce que nous faisions aussi. Mais on a constaté que c’était invendable. Le client veut avoir une solution intégrée et adaptée à son business", explique le patron.

Officiellement à la vente depuis quelques mois, les technologies d’ALX Systems ont déjà trouvé plusieurs fois preneurs dont notamment à la police de Paris. Avant ses premiers clients, l’entreprise a également convaincu des investisseurs de l’intérêt de ses produits.

En avril dernier, le fondateur a ainsi pu compter sur un appui financier d’un million d’euros issu de la SRIW, du fonds W.I.N.G et de l’entreprise liégeoise CMI, active notamment dans la défense.

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