Le marché du rachat d'entreprise en augmentation en Wallonie

Bonneterie Chamar (Tournai) - Image d'illustration ©Lieven Van Assche

Environ 345 opérations de rachat d’entreprise pour une facture globale de 1,3 milliard d’euros ont été enregistrées par la Sowalfin en Wallonie l’année dernière.

C’est un shopping particulier, celui des fusions et acquisitions d’entreprises. À entendre certains chiffres qui circulent et qui reposent essentiellement sur le nombre d’entrepreneurs âgés de plus de 55 ans, et donc "théoriquement" susceptibles de revendre leur société, il y aurait environ 10.000 entreprises à remettre en Wallonie d’ici 5 à 10 ans.

"Racheter une petite entreprise est plus risqué mais moins cher."
Laurent Wenric
Manager à la sowaccess

Le dernier baromètre de la Vlerick Business School, auquel s’est associée la Sowaccess, un outil public wallon spécialisé dans l’accompagnement lors de la cession d’entreprises, montre d’ailleurs que le marché des fusions et des acquisitions est en pleine forme en Belgique. Les tendances pointent notamment une évolution dans le nombre de dossiers traités par les acteurs du secteur en 2018.

Basées sur une enquête menée auprès des acteurs spécialisés dans les dossiers de fusions et acquisitions en Flandre et en Wallonie (avocats, réviseurs, banquiers,…), les conclusions présentées lundi mettent également en avant une croissance prononcée dans la catégorie des transactions valorisées à plus de 50 millions d’euros.

345 opérations enregistrées en Wallonie

©Mediafin

Derrière ce panorama général, la Sowaccess confirme la tendance à l’échelle de la Wallonie. L’année dernière, environ 345 opérations ont par exemple été enregistrées par les différents acteurs de la reprise d’entreprise qui travaillent avec cette filiale de la Sowalfin sur l’ensemble de la Wallonie. On en comptait 310 en 2017 et 293 en 2014. La Sowaccess souligne en outre que 109 dossiers ont transité par ses services l’année dernière.

En terme de valorisation, l’ensemble de ces dossiers de vente d’entreprise représentent un montant global de 1,2 milliard d’euros pour un deal moyen de 4 millions par opération. En nette hausse par rapport aux 666 millions enregistrés en 2017, ce volume d’affaires intègre néanmoins une opération exceptionnelle valorisée à 575 millions dans le cadre de la vente d’une entreprise. À titre de comparaison, en 2014, la Sowaccess avait enregistré des ventes pour un montant de 618 millions d’euros.

Un peu de tout, comme le fromage

Mais qu’achète-t-on? Un peu de tout à vrai dire! Derrière ces entreprises qui sont passées d’une main à l’autre, on retrouve des sociétés aux profils variés, actives dans le commerce de détail, l’Horeca ou l’industrie automobile. Pour mesurer leur poids dans l’économie, le reporting de la Sowaccess parle d’un volume global de 7.440 emplois.

Le profil des acquéreurs varie aussi fortement d’un deal à l’autre selon qu’il s’intègre dans une stratégie d’acquisition déposée par un acteur industriel à la recherche de croissance externe ou celle d’un homme d’affaires désireux de se lancer dans une nouvelle activité. Derrière cette somme de comportements, la Sowaccess en retire une tendance. "Pour les plus petites opérations de rachat d’entreprise, on parle généralement de cadres entre 40 et 45 ans qui ont un poste à responsabilité. On voit qu’ils ont envie de se donner un nouveau challenge. Mais ce ne sont pas tous des entrepreneurs", explique Laurent Wenric, manager de la Sowaccess.

Peu de fonds propres

Si ce shopping n’est pas donné à toutes les bourses, l’étude de la Vlerick montre que pour les petites opérations d’achat (moins d’un million d’euros), l’apport de fonds propres ne doit pas forcément dépasser 21% du montant global. En outre, pour 50% des transactions qui touchent les plus petites opérations, le vendeur accepte d’échelonner le paiement dans le temps. "Racheter une petite entreprise est plus risqué car la société repose souvent sur la tête du patron. Mais l’enquête de la Vlerick montre que c’est aussi moins cher pour l’acquéreur car ces plus petites sociétés sont moins valorisées", prévient Laurent Wenric.

Point de contact pour les acheteurs, la Sowaccess rappelle qu’il existe une série d’aides pour accompagner les candidats lors d’un processus de rachat en Wallonie. Elles vont du coaching à l’apport de garanties financières par la Région. "Finalement, ce n’est pas compliqué de reprendre une société si on a une idée précise du projet que l’on veut. Le tout est de pouvoir identifier la bonne entreprise", avance la Sowaccess, qui estime avoir reçu 200 nouveaux dossiers de vente en 2018.

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