interview

Le Panda est (aussi) un gin bio et wallon

©Frédéric Pauwels / HUMA

Depuis un peu plus d’un an, le Panda s’affiche dans les bars. Créée par quatre jeunes entrepreneurs, cette nouvelle marque de gin belge et bio n’a pas tardé à trouver son public. Le breuvage saveur litchi est déjà installé dans plus de 150 points de vente.

Les initiés connaissaient déjà le Bulldog ou encore le Monkey. Ils découvrent depuis peu le Panda. On ne vous parle pas des animaux que vous rencontrerez au zoo lors de votre prochaine escapade en famille, mais bien de gin. Panda, c’est en effet le nom qu’ont choisi Jérémy Chauvaux, Sonny Mortiaux, Corentin Janssens et Jonathan Blanchart, quatre amis de longue date, pour leur breuvage lancé il y a seulement un an.

"On a effectué les premiers tests dans un atelier qui ressemblait d’ailleurs plutôt à une grosse cuisine."
Jeremy Chavaux
Cofondateur

Leur admiration pour l’animal iconique chinois n’étant pas plus importante que la moyenne, le choix du nom s’explique autrement que par un simple hommage. "La particularité de notre gin, en plus d’être produit en Belgique et d’être bio, est qu’il est à base de litchi. Nous sommes les seuls au monde à intégrer le fruit dans une recette de gin. C’est d’ailleurs un fruit très peu utilisé de manière générale dans les alcools forts. Le clin d’œil vient donc du lien avec l’Asie et la Chine, la région principale d’où viennent le fruit et le panda", explique Sonny.

L’eau des Hautes Fagnes

©doc

Mais avant d’en arriver à afficher la charmante tête de l’animal sur leur bouteille, le travail fut loin d’être simple et les recherches même plutôt longues. "Nous avons entièrement réalisé la recette, façon amateurs. On a effectué les premiers tests dans un atelier qui ressemblait d’ailleurs plutôt à une grosse cuisine", sourit Jérémy, l’un des autres cofondateurs.

Une fois la première idée aboutie, l’équipe a dû s’assurer que la production à grande échelle était possible. "Nous avons donc encore travaillé huit mois avec notre distillateur. Comme il s’agissait d’une première et que le litchi contient beaucoup de sucre, il a fallu faire plusieurs tests, notamment pour équilibrer au mieux l’amertume et la combinaison avec les autres ingrédients", détaille la petite équipe, qui visiblement fait attention à chaque détail qui compose son "bébé". "Tous nos ingrédients sont bios et nous connaissons exactement les provenances de chaque baie et de chaque plante. On utilise également l’eau des Hautes Fagnes, considérée comme l’une des plus pures d’Europe."

Pairi Daiza et cavistes

Officiellement lancé en avril 2017, le gin Panda n’a pas tardé à convaincre. Aujourd’hui, plus de 150 établissements et revendeurs proposent déjà l’alcool. "C’est même davantage car certains établissements l’ont sur leur carte sans qu’on soit forcément au courant, glisse Jérémy. On travaille avec beaucoup de bars, des restaurants, mais également des cavistes… Nous sommes désormais plutôt bien implantés dans le Brabant wallon et à Bruxelles. Nous développons désormais la Flandre et on propose également de la vente en ligne sur notre site."

"L'export fait partie des objectifs futurs. À partir de septembre, nous débutons avec l’Allemagne, le Luxembourg et la France."
Sonny Mortiaux

Le gin se retrouve ainsi dans une belle série de bars et bonnes adresses du pays. "Et aussi à Pairi Daiza!, sourit Sonny. Ils nous ont contactés pour pouvoir nous vendre dans leur boutique et les restaurants du site. C’est une collaboration fun qu’on trouvait sympa à faire."

Un intérêt des visiteurs de zoo et des bars branchés qui n’a pas laissé insensibles des acteurs du marché encore plus importants. "On est par exemple en vente chez le Comptoir des vins, qui est l’un des plus importants cavistes du pays. Nous avons aussi déjà été contactés par des grandes surfaces, mais nous avons préféré décliner. Certains diront que c’est un risque, mais on souhaite que notre produit soit bien conseillé. Nous faisons probablement moins de volume, mais nous avons beaucoup plus de contrôle. De plus, notre notoriété n’est probablement pas encore assez grande pour pouvoir être placé, sans explication, à côté des grands noms qui parlent beaucoup plus aux gens", ajoute Jérémy.

©Frédéric Pauwels / HUMA

Pour les quatre fondateurs, les possibilités de croissance se trouvent ailleurs, notamment à l’export. "Cela fait partie des objectifs futurs. À partir de septembre, nous débutons avec l’Allemagne, le Luxembourg et la France. Les deux premiers sont d’importants consommateurs. C’est moins le cas pour la France, mais on s’attend à une forte croissance, comme celle qu’on vient de connaître sur le marché belge, explique encore Sonny. Si on veut continuer à grandir, l’export doit rester notre priorité."

10.000
bouteilles
10.000 bouteilles de Panda ont déjà été vendues. C'est dix fois que les premières estimations des fondateurs.

En attendant les ventes internationales, les chiffres pour cette première année sont déjà pour le moins encourageants. "On a dépassé les 10.000 bouteilles vendues. En réalité, nous sommes aujourd’hui à des chiffres de vente dix fois supérieurs à ceux de nos premières estimations", se réjouit Sonny.

Des débuts en trombe qui ont d’ailleurs demandé quelques ajustements organisationnels. "Il fallait tout revoir en plus grand: avoir plus de bouteilles, imprimer plus d’étiquettes. On a été un peu dépassés, mais ça reste très positif. Ça veut dire qu’on apprécie ce que l’on fait."

Les jeunes patrons ne parlent d’ailleurs pas encore de succès. "C’est un bon démarrage", préfère plutôt dire Sonny. Outre le soutien du public, le gin Panda peut également s’appuyer sur une certaine reconnaissance. Lors de son dernier concours, "l’international taste and quality institute", qui rassemble un jury de 123 experts, a attribué deux étoiles d’or au breuvage, soit une note de 90%.

L’alcool et la mode

Vendu 38 euros la bouteille, le gin Panda se situe dans l’entrée de gamme du premium, un positionnement tout réfléchi. "Notre produit n’est pas un gin qu’on boit pour se saouler. La cible principale est les 25-35 ans qui disposent d’un certain pouvoir d’achat", précise Sonny. Une cible particulièrement touchée par les dernières modes bio et gin: une part du succès dont ont bien conscience les quatre entrepreneurs. "Le gin est effectivement très à la mode. Comme les vêtements et les chaussures, l’alcool suit aussi certaines tendances. Beaucoup se demandent si cela ne va pas s’écrouler. C’est certains que des acteurs vont disparaître, mais on essaie d’avoir une vision à long terme. La consommation va peut-être descendre dans cinq ans pour remonter à nouveau dans quinze ans, il faudra toujours être là et penser aussi à se diversifier", analyse Jérémy qui n’en dira pas plus sur les autres idées qui trottent dans leur tête. "On aime aussi beaucoup le rhum", se contentera de sourire Sonny.

©Frédéric Pauwels / HUMA

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