Le Roi des déchets hospitaliers est montois

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La société montoise spécialisée dans le traitement "propre" des déchets hospitaliers exporte 100% de ses machines. AMB Ecosteryl cherche des partenaires pour créer en Wallonie une plateforme intégrée de traitement des déchets hospitaliers.

Un bel exemple de reconversion réussie. En 2003, les Ateliers mécaniques du Borinage, spécialisés dans la sous-traitance mécanique, développaient, en partenariat avec une université parisienne, un procédé technologique innovant permettant de traiter et recycler les déchets hospitaliers non-nucléaires et non-chimiques. Avantage majeur: son caractère plus écologique que l’incinération, coûteuse et très polluante, ou l’autoclave, une stérilisation à la vapeur vorace en eau et prodigue en eaux contaminées.

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Rebaptisée AMB Ecosteryl, la société familiale, aujourd’hui dirigée par la quatrième génération, a vendu à ce jour 150 machines dans 50 pays du monde.

Les machines recourent à un procédé unique au monde. Elles broient les déchets d’hôpitaux potentiellement contaminés (seringues, compresses, tissus, bacs, déchets anatomiques) en petits morceaux de 20 mm maximum, histoire de réduire leur volume de 80 %. Une fois broyés, ils sont chauffés durant une heure à 100° au micro-ondes. Ils deviennent alors inoffensifs, assimilables aux déchets ménagers. Pas besoin d’eau, aucune combustion polluante, pas d’odeur.

Une solution simple, efficace et moins chère, assurent les responsables de cette entreprise qui emploie une quarantaine de personnes, pour un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros. "Le traitement des déchets infectieux coûte près de 1.000 euros la tonne. Nous sommes en mesure de proposer le même service à un prix inférieur", dit Romain Dufrasne, coordinateur de projets.

Aujourd’hui implantée dans le parc Initialis de Mons, la société hennuyère va à présent un cran plus loin. Elle a en effet créé la solution Neo-Ecosteryl, qui permet de recycler les déchets plutôt que de les envoyer à la décharge.

"En Malaisie, 100% des déchets hospitaliers sont traités par nos machines."
Olivier Dufrasne
Président d’AMB Ecosteryl

Les matières plastiques sont ainsi réutilisées tandis que le reste des déchets, une fois réduits en volume, est utilisé comme combustible de substitution pour les cimentiers.

Le succès d’Ecosteryl ne se dément pas. "En Malaisie par exemple, 100 % des déchets hospitaliers sont traités par nos machines", souligne Olivier Dufrasne, directeur des ventes et président d’AMB Ecosteryl.

Une plateforme wallonne

Bien connue sur les marchés extérieurs, l’entreprise familiale n’est par contre pas (encore) prophète en son pays. En Belgique, les déchets partent à l’incinérateur. Comme en Allemagne d’ailleurs.

Pour inverser la tendance, les responsables d’AMB ont eu l’idée de contacter différents interlocuteurs – hôpitaux, autorités publiques… – pour leur proposer de créer un centre de traitement et de recyclage des déchets hospitaliers du pays.

"Pour nous, cela aurait du sens d’avoir chez nous une vitrine complète et de proposer une solution qui limite le transport de déchets. Actuellement, nous sommes obligés de demander à un client français l’autorisation d’effectuer chez lui une démonstration du fonctionnement de la machine à des clients potentiels", déplore Dufrasne.

Pour la gestion de cette plateforme, qui devrait idéalement se situer sur la dorsale wallonne, les dirigeants d’AMB Ecosteryl sont ouverts à toutes les formules possibles. Ils espèrent pouvoir concrétiser le projet cette année encore. De quoi doper la notoriété d’une entreprise qui grandit lentement mais sûrement. Le hall d’assemblage sera agrandi cette année, permettant de doubler la capacité de production. AMB Ecosteryl sera ainsi en mesure de produire deux machines par mois.

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