Le spécialiste du laser sur mesure Optec à l'affût de niches étroites

©Tim Dirven

Spécialisée dans la construction de machines laser sur mesure, la société de Frameries Optec exporte l’essentiel de sa production. Avec de nouveaux développements en perspective.

"En suivant notre stratégie, nous sommes passés d’une boîte de fond de garage à une entreprise qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires à la grande exportation, dans des marchés de niche", constate Yves Canivez, le CEO d’Optec. Créée il y a près de 30 ans, Optec n’a effectivement cessé de grandir progressivement, mais toujours en recherchant la niche qui assurerait sa spécificité.

Le métier de base de l’entreprise, c’est le laser et ses applications de haute précision, pour le micro-usinage, le traitement de surface, l’ablation de matière ou la découpe. Entre autres. Optec a débuté avec des lasers à excimère qui permettent le traitement de "grandes" surfaces à l’aide d’un faisceau relativement large.

Carrossier

"Nous nous sommes toujours positionnés comme un carrossier qui rhabille et customise le châssis d’une voiture classique pour en faire un modèle unique. Nous adaptons le laser et nous concevons la machine qui le supportera pour répondre exactement à la demande du client." Une structure d’acier hyperrigide et une lourde table de marbre pour assurer la planitude absolue du support sont les bases construites dans le zoning de Frameries pour recevoir le laser en fonction de ses applications.

Optec
  • Localisation: Zoning de Frameries
  • Création: 1993
  • Emploi: 22
  • Chiffre d’affaires: 5 à 6 millions d’euros

Plutôt que de chercher à élargir sa base de clients, Optec se spécialise davantage au fil des ans. "Les machines à laser à excimère restent une branche majeure de notre activité, mais depuis, nous nous focalisons davantage sur les applications médicales, notamment avec des lasers pico ou femtoseconde." Ce type de laser s’est aujourd’hui relativement démocratisé, ce qui rend ses applications plus abordables et surtout beaucoup plus diversifiées, sur des supports différents.

Optec vise particulièrement le marché médical et des applications de plus en plus précises, comme la microperforation de cathéters ou le dénudage de câble de quelques dizaines de microns seulement. L’entreprise de Frameries, qui dispose de son propre bureau d’études, répond aux demandes des clients mais pousse aussi ses recherches le plus loin possible. "Nos équipes n’ont peur de rien. On combine par exemple plusieurs types de laser dans une seule machine pour combiner par exemple des processus d’ablation de matière et de structuration. Cela simplifie le processus pour le client et réduit le coût de fabrication de la machine", explique Canivez.

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La société poursuit cependant sa diversification. "Jusqu’ici, nous nous sommes toujours distingués par des machines construites sur mesure. Cela nous a permis de grandir, jusqu’à tripler la taille de nos installations en 10 ans. Aujourd’hui, nous menons une étude commerciale et de recherche pour mettre au point une machine plus standardisée et plus polyvalente. Une manière d’assurer une meilleure constance des revenus", assure Canivez.

Ouverture du capital?

Si cette étude et d’autres projets de diversification (voir encadré) s’avèrent concluants, l’entreprise devra atteindre une marche supérieure. "Il faudra alors envisager la construction de nouveaux bâtiments. Nous avons des espaces sous option à l’arrière. Mais il faudra aussi songer à une levée de fonds", réfléchit Canivez. Jusqu’ici, Optec a toujours fonctionné de manière autonome, avec le soutien des banques ou de l’IMBC, autour de ses six associés. "Mais pour de tels développements, une ouverture du capital pourrait être envisagée", laisse entendre Canivez, qui se donne encore une bonne année pour arriver au bout de son étude.

Recherche
La céramique en soutien du laser

Situé à quelques encablures d’Optec, le Centre de recherche de l’industrie belge de la céramique est, comme son nom l’indique, le laboratoire du secteur. Il travaille sur de nouvelles applications de la céramique, matériau particulièrement dur. Le centre a notamment développé un procédé de fabrication et de moulage de zircone, une céramique technique de très haute résistance. "À tel point qu’il est très difficile de la travailler et de la sculpter une fois qu’elle est durcie", fait remarquer Yves Canivez, CEO d’Optec. Le processus mis au point par le centre de recherche travaille sur une fine poudre moulée par compression puis usinée par fraiseuse et laser avant d’être cuite pour obtenir un produit fini particulièrement résistant. "Ce type de matière est difficile à usiner par des procédés classiques. Nous avons donc développé une machine hybride combinant la fraise et le laser", précise Canivez. De fil en aiguille, pressentant le potentiel de ce processus de fabrication, Optec a racheté le brevet de fabrication pour en faire une diversification verticale. "Ce type de produit est le complément direct de nos machines et peut nous ouvrir un nouveau marché pour des pièces uniques dans l’horlogerie ou l’industrie du luxe notamment." Optec se donne un an pour juger de la pertinence de cette diversification et voir si elle peut être viable et éventuellement faire l’objet d’une spin-off.

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