Mestdagh & Co au chevet des truites de Mathonet

Avec ses 100 tonnes de truites travaillées par an, de l'espèce arc-en-ciel à la saumonée, la pisciculture malmédienne est aujourd'hui dans le top 3 du pays.

La pisciculture malmédienne voit monter à son bord une petite dizaine d'entrepreneurs wallons. De quoi lui permettre de se redéployer au mieux dans un contexte complexe.

Chaque année, la sécheresse persistante et la montée en température des eaux des rivières touchent particulièrement les élevages de truites. Pour surmonter ces difficultés, de même que pour renouer avec une croissance en berne, la pisciculture Mathonet, située à Pont-Ligneuville (Malmédy), a obtenu un soutien régional, a-t-on appris de bonne source.

Une petite dizaine d'entrepreneurs sont ainsi montés à bord, intéressés par le développement de l'activité née en 1935 de l'un des gros poissons du secteur. Il en va là de Michel Bodarwé, du groupe de construction Bodarwé, de Jean Steffens, créateur et codirecteurs des Francofolies de Spa, de Frank Mestdagh, cofondateur du magasin D'ici et membre de la famille bien connue de la grande distribution, ou bien encore de Michel Horn, actionnaire des laboratoires de phytothérapie Ortis, et de Jean-Luc Abras, aux commandes du producteur artisanal de saumon fumé Sodial.

"On ne cherche pas un retour à court-terme, mais bien à aider un acteur local plein de potentiel."
Michel Horn
Nouveau président du CA de Mathonet

Réseaux et compétences

Autant d'hommes aux casquettes diverses qui témoignent du fait que le soutien apporté ne sera pas que financier. En effet, la société pourra dès à présent compter sur les compétences et les réseaux des business angels qui la rejoigne.

Avec un filet de sécurité notable, à savoir "que la première question que j'ai posée aux autres investisseurs était combien ils étaient prêts à perdre", plaisante Michel Horn, qui prend la présidence du CA – qui sera tournante et régie par les principes de la sociocratie (accord par consentement). De quoi illustrer la patience financière des nouveaux venus, "pas là pour un retour sur investissement à court-terme, mais bien pour aider un acteur local plein de potentiel en difficulté".

15%
La participation de la famille Mathonet est ramenée à 15 % dans l'opération.

La participation de la famille Mathonet est ramenée à 15 % dans l'opération. Olivier Mathonet reste administrateur délégué.

Côté activité, l'injection de capitaux frais va permettre à l’entreprise d’investir dans la modernisation de son infrastructure, dans le marketing et dans le développement de nouveaux produits tels que la mousse de truite, à plus forte valeur-ajoutée. Et ce après des années difficiles ayant vu le chiffre d'affaires tomber à 700.000 euros cette année, selon les prévisions, contre près du double il y a trois ans encore.

L'horeca en tête

100
tonnes
Chaque année, Mathonet travaille un peu plus de 100 tonnes de truites.

A ce stade, Mathonet vend surtout ses 100 tonnes de truites travaillées par an à des grossistes ou à l'horeca – avec aussi un peu de vente directe, renforcée par la crise du Covid-19. La distribution constituera le prochain focus, même si l'on retrouve déjà ses produits dans les Carrefour Market du groupe Mestdagh ou dans les Cora, par exemple.

Au passage, la pisciculture ne s'appellera plus que "S.A. Mathonet". Exit donc le "Gabriel" qui y était accolé, ce qui permettra une plus grande différenciation par rapport à d'autres entreprises locales.

Enfin, l'entreprise malmédienne poursuivra en parallèle de ces changements d'actionnariat son projet de développement d'une vraie filière de la truite bio avec un ancrage 100% wallon, de l'œuf à la truite. Et ce, forte du soutien de l'exécutif wallon, après une longue période d'oubli de la pisciculture dans les aides agricoles.

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