Sleev'in, la société qui "habille" les bouteilles, veut doubler sa production

©ANP

La société Sleev’in personnalise les bouteilles en les "habillant" d’un manchon personnalisé. La petite entreprise liégeoise compte porter cette année sa production de 200.000 à 400.000 bouteilles. Pour y arriver, elle compte remettre son site internet à neuf et s’étendre sur le marché français.

L’année 2019 sera celle du véritable envol. C’est en tout cas le credo affiché par Judith Michel, cofondatrice, avec Yannick Palmkoeck, de la société Sleev’in. Au programme: un doublement de la production.

Associés depuis 2010 dans la société Opale, spécialisée dans l’importation et la distribution de vins effervescents (mousseux, champagnes), ils ont eu l’idée, trois ans plus tard, de se diversifier dans l’habillage personnalisé des bouteilles. Une réponse à une demande croissante émanant de la clientèle.

"À l’époque, on ne trouvait cela nulle part sur le marché. Nous avons donc décidé d’investir dans un tunnel de rétractation à vapeur, ce qui nous a permis de proposer à nos clients des produits doublement personnalisés: par le produit en lui-même et par son habillage", explique cette fille d’indépendants, diplômée en sciences commerciales et en entrepreneuriat de HEC-Liège.

Pour ce faire, ils ont créé Sleev’in, dont le patronyme résume l’activité: la production de manchons thermorétractables – des "sleeves" – qui permettent de "customiser" les bouteilles. La rétractation à vapeur permet d’ajuster le manchon en plastique recyclable sur le récipient. Le PET se rétracte sur toute la hauteur, ce qui permet d’éviter le recours à la colle.

200.000 euros investis en machines

Installée à Chênée, en région liégeoise, Sleev’in, qui s’appuie sur une équipe de graphistes indépendants pour la réalisation des manchons, dispose de tout l’équipement nécessaire pour l’habillage: tunnel de rétractation, étiqueteuse, pose-coiffe… Pour la décoration des manchons, Sleev’in recourt à des technologies d’impression numérique. Le tout permet d’offrir une capacité de production théorique de 40.000 bouteilles par semaine.

"Jusqu’ici, nous avons investi 200.000 euros dans les machines", précise Judith Michel.

La première réalisation de Sleev’in remonte à 2013. C’est elle qui a été chargée par les organisateurs des Francofolies de Spa de la réalisation de la bouteille personnalisée servie à l’occasion du 20e anniversaire du festival.

Sleev’in s’appuie sur une gamme d’une bonne centaine de références. Mais le client peut aussi faire "habiller" ses propres bouteilles, en grandes ou en petites séries: on peut personnaliser à partir de six bouteilles et aller jusqu’à 20.000. Une quantité livrée, par exemple, au domaine du Ry d’Argent, l’un des principaux domaines viticoles wallons.

Le prix unitaire est évidemment lié à la quantité commandée. Il varie de 20 centimes à 6 euros par bouteille. Ce qui explique que la personnalisation des contenants cible davantage les vins et spiritueux que la bière, par exemple.

"Des entreprises passent par nous pour leurs cadeaux de fin d’année ou pour un événement spécifique. Le B19 ou Delhaize, par exemple, sont passés par nous. Mais nous avons aussi de plus en plus de demandes de particuliers qui souhaitent personnaliser un événement privé (mariage, baptême, naissance)", explique la responsable de Sleev’in.

Objectif: 400.000 bouteilles en 2019

Avantage non négligeable pour les entreprises: une fois personnalisée, la bouteille est assimilée à un objet publicitaire, et devient donc déductible à 100%.

Les ventes de manchons décorés aux goûts des clients progressent rapidement. De 80.000 en 2017, la production est passée à près de 200.000 l’an dernier. "Et pour cette année, nous visons une production de 400.000 bouteilles", dit Judith Michel.

Pour cela, Sleev’in compte s’appuyer sur la mise en ligne, en juin, d’un site internet renouvelé et trilingue (français, néerlandais, anglais), sur une expansion en France, puis aux Pays-Bas (en 2020), et sur la production de gourdes en résidus de canne à sucre garnies d’un manchon personnalisé. Judith Michel évoque aussi une extension de la personnalisation aux canettes ou aux boîtes de sauce.

L’équipement sera lui aussi renforcé. D’ici deux ans, Sleev’in prévoit l’installation d’une ligne automatisée.

À terme se posera immanquablement la question d’une augmentation de capital. "Des business angels ont déjà exprimé leur intérêt. Cela ne me pose pas de problème. Je préfère avoir une plus petite part d’un gâteau plus gros", conclut sa fondatrice.

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