Un nouveau projet géothermique lancé en pleine ville de Mons

L’intercommunale Idea et l’université de Mons lancent ce 14 février une grande campagne de prospection géophysique. C’est la première étape concrète d’un projet de géothermie au cœur de la ville de Mons.

Dès ce jeudi, trois camions vibrateurs vont sillonner à vitesse réduite, durant quelques semaines, 14 communes de la région montoise. Ils vont envoyer des signaux sismiques, captés par des récepteurs répartis sur cinq lignes d’une dizaine de kilomètres de long. L’objectif: modéliser précisément la nappe profonde qui va être exploitée dans le cadre d’un nouveau projet géothermique.

En 2020, deux puits d’environ 2.500 mètres de profondeur – on parle donc de géothermie de moyenne profondeur – doivent être creusés, avec un puits dédié au pompage de l’eau chaude, et un autre destiné à réinjecter l’eau dans le sous-sol, après son passage dans des échangeurs de chaleur.

Une centrale géothermique sera ensuite construite, qui devrait être raccordée au réseau de chaleur de l’hôpital Ambroise Paré mi-2023, pour le fournir en chauffage et en eau chaude sanitaire. L’hôpital sera ainsi approvisionné en chaleur verte et locale, à un prix équivalent à celui du gaz, grâce à la subsidiation de 80% des 16 millions d’euros d’investissement par le Feder et la Région wallonne. "Nous tablons sur un débit de 150 m3/heure, avec une eau à une température de 73 degrés, soit une capacité de 7 MW, explique Caroline Decamps, directrice générale d’Idea. Si le potentiel est plus important, nous pourrons aussi alimenter des centres scolaires ou la cour de Justice, qui se trouvent à proximité."

Ce n’est pas le premier projet géothermique dans la région de Mons. Depuis 1985, Idea utilise déjà deux puits creusés dans les années 70 en espérant trouver du pétrole pour alimenter en chaleur deux hôpitaux, quatre écoles, une piscine, 355 logements sociaux, la gare de Saint-Ghislain et deux maisons de repos et de soins. De quoi économiser annuellement 1,5 million de tonnes de mazout. En 2014, l’entreprise japonaise AW Europe a été raccordée à un troisième puits existant. Et depuis l’an dernier, le puits de Ghlin, inexploité jusqu’alors, alimente Geothermia, le premier parc d’activité économique de Belgique alimenté à l’énergie géothermique.

C’est par contre la première fois qu’un doublet géothermique va être creusé. Et sans doute pas la dernière. "L’ambition wallonne pour 2030 est d’arriver à 20 doubles puits de ce type. Et cela ne suffira pas: les jeunes qui manifestent pour le climat nous disent qu’il faut agir plus rapidement et faire plus d’efforts", commente le ministre wallon de l’Énergie Jean-Luc Crucke (MR). Pour faciliter les choses, il a fait passer récemment en première lecture au gouvernement wallon une garantie géothermique, qui permet aux porteurs de projet de couvrir une partie du risque de forage, moyennant le paiement d’une prime.

Le ministre de l’Environnement Carlo Di Antonio (cdH) travaille, lui, à un décret sur l’exploitation du sous-sol. "Le droit actuel date d’il y a plus d’un siècle. Il faut une nouvelle manière de gérer les permis, qui soit à la fois plus attractive pour les entrepreneurs, et protectrice pour l’environnement et les riverains", souligne-t-il.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité