Abdel Fatah al-Sissi, le dictateur égyptien

Il est le nouvel ami des diplomaties occidentales en dépit de son bilan médiocre. À la tête de l’Egypte depuis 2014 à la faveur d’un coup d’État, al-Sissi vient d’être réélu pour un second mandat de quatre ans.

C’est peut-être le syndrome de Stockholm qui frappe depuis quatre ans une partie de la population égyptienne. Au terme de trois jours d’une élection présidentielle qualifiée de "mascarade" par les observateurs indépendants, Abdel Fatah al-Sissi, président sortant, vient d’être réélu avec un score soviétique de 97% face à un unique opposant qui a vanté publiquement ses mérites tout au long d’une campagne fantoche.

Avant d’être propulsé à la tête du pays en 2014, al-Sissi n’a pas eu un parcours qui force le respect. Sa biographie officielle est d’ailleurs volontairement peu fournie. Fils de commerçant, le jeune Abdel Fatah Said Hussein Khalil al-Sissi (de son nom complet) s’oriente rapidement vers une carrière militaire et choisit l’infanterie mécanique. Qualifié de consciencieux et discret, il grimpe un à un les échelons du pouvoir sans faire de vague: attaché de défense à l’ambassade égyptienne d’Arabie Saoudite, commandant en chef de la zone nord d’Alexandrie, devenu directeur des renseignements militaires sous Moubarak, son mentor, le général Tantawi le nomme membre du Conseil suprême des forces armées après le soulèvement de la place Tahrir en 2011.

Le profil
  • 1954: naissance à Gamaleya au Caire.
  • 1973: entrée à l’académie militaire.
  • 1992 – 2006: études au Joint Services Command and Staff College en Angleterre et à l’United States Army War College aux États-Unis, lors desquelles il rédige un mémoire intitulé "La démocratie au Moyen-Orient".
  • 2010-2012: directeur des services de renseignements militaires.
  • 2012-2014: commandant en chef des Forces armées, il prend la tête du pays en renversant Mohamed Morsi en juin 2013.
  • 2018: élu président une première fois en 2014, il est réélu avec 97% des voix.

Sissi mania

Réservé, réputé pour son caractère très pieux, il séduit les Frères musulmans qui le nomment ministre de la Défense lors de leur ascension au pouvoir en 2012. Premier président civil à la tête de l’Égypte, Mohamed Morsi, engagé dans un début de mandat médiocre, convainc les Égyptiens que seule l’armée est apte à gouverner le pays. Un an après l’arrivée au pouvoir de la confrérie, al-Sissi se porte en sauveur et renverse le chef d’État islamiste avec l’onction populaire. La "Sissi-mania" inonde le pays. Un peu moins d’un an plus tard, al-Sissi promu au rang de maréchal – sans avoir pourtant jamais combattu – est élu président de la République avec 96,9% des voix.

Traumatisée par les bouleversements provoqués par le printemps arabe, la population égyptienne s’engage alors dans ce qui peut être qualifié aujourd’hui d’automne politique, social et démocratique. Appuyé par une propagande massive, al-Sissi construit son pouvoir sur une image de militaire fort, désireux de restaurer la stabilité du pays et de lutter contre le terrorisme, notamment dans le Nord-Sinaï que la branche égyptienne de l’organisation de l’État islamique tente de contrôler.

Des partisans d'al-Sissi réunis sur la place Tahrir, après l'annonce de sa réelection, le 2 avril. ©REUTERS

Ses détracteurs lui reprochent de réprimer toute forme d’opposition et de museler les médias. Plus de 60.000 personnes ont été emprisonnées depuis mi-2013, majoritairement des sympathisants des Frères Musulmans mais aussi des militants libéraux, des défenseurs des droits de l’homme, des chercheurs et des journalistes.

Les quatre premières années de sa présidence ont aussi été marquées par une grave crise économique et des réformes douloureuses: la livre égyptienne a perdu plus de la moitié de sa valeur face au dollar, l’inflation a bondi atteignant 35% et a fragilisé la popularité d’un régime sous perfusion financière des pays du Golfe.

Sur le plan international, le président égyptien veut toutefois se présenter comme un acteur incontournable dans la sécurisation des frontières libyennes et prend une part active dans les négociations du dossier israélo-palestinien, malgré une relation ambiguë avec le Hamas.

En dépit d’un autoritarisme dénoncé par de nombreuses ONG de défense des droits de l’homme, les diplomaties occidentales, partenaires historiques du Caire, appuient le régime égyptien, à la faveur de ventes d’équipements en tout genre et de lutte contre le terrorisme et l’immigration illégale.

En Egypte, l’homme qui n’a mobilisé que 40% des électeurs est soupçonné de vouloir prolonger son second et dernier mandat. Une proposition de loi est actuellement discutée au Parlement pour rallonger son quadriennat, voire annuler l’interdiction de faire plus de deux mandats consécutifs.

NO SARCASM

Le chef d’État est la cible régulière des caricaturistes et des talk-shows humoristiques dans lesquels il est dépeint comme un homme stupide. Accusé de crime de lèse-majesté, un jeune Égyptien a notamment été condamné à 3 ans de prison pour avoir partagé une image d’al-Sissi, affublé d’oreilles de Mickey.

En vente sur eBay

Dans un discours télévisé défendant ses réformes économiques, en février 2016, il a déclaré: "S’il était possible de me vendre, je me vendrais pour le pays." Une déclaration tournée en dérision. Le soir même, un compte eBay proposait la cession du président égyptien. Une mise aux enchères qui a dépassé les 100.000 dollars en quelques heures avant d’être retirée du site de ventes.

Culte de la personnalité

La Sissi-mania envahit le pays par vagues depuis son arrivée au pouvoir, notamment lors des événements importants. T-shirts, fausses pièces d’identité et porte-clés sont vendus par les marchands ambulants. Certaines pâtisseries proposent aussi des chocolats et des cupcakes avec le portrait du chef d’État ou avec les deux lettres "CC".

Enente sur eBay

 

Dans un discours télévisé défendant ses réformes économiques, en février 2016, il a déclaré: "S’il était possible de me vendre, je me vendrais pour le pays." Une déclaration tournée en dérision. Le soir même, un compte eBay proposait la cession du président égyptien. Une mise aux enchères qui a dépassé les 100.000 dollars en quelques heures avant d’être retirée du site de ventes.

 

Culte de la personnalité

 

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