Costas Bakoyannis | À Athènes, un renouveau aux airs de déjà-vu

Costas Bakoyannis, le nouveau plus jeune maire d’Athènes, marque le retour des dynasties politiques en Grèce.

C’est en jean et avec un sourire éclatant qu’est apparu dimanche soir Costas Bakoyannis pour célébrer sa victoire sur une estrade posée devant l’ancien parlement d’Athènes. Candidat de Nouvelle Démocratie (droite) élu à une majorité écrasante à la mairie de la capitale grecque avec plus de 65% des voix, il devient à 41 ans le plus jeune maire élu à Athènes. Surtout, il marque le retour inattendu des dynasties politiques en Grèce.

Le profil
  • 16 mars 1978: Naissance à Athènes.
  • 26 Septembre 1989: Mort de son père, assassiné par le groupe terroriste marxiste 17 Novembre.
  • 7 Novembre 2010: Entrée en vie politique et élection comme maire de la petite ville de Karpenisi.
  • 25 Mai 2014: Il est élu président de la Région de Grèce centrale.
  • 2 Juin 2019: Élu maire d’Athènes au 2e tour avec 65% des voix.

Pour son discours de victoire Costas Bakoyannis a ainsi tenu – juste après avoir remercié les Athéniens pour leur vote – à saluer "sa famille et sa sœur". Une concession à la réalité, en quelque sorte. Car chez les Bakoyannis, la famille est non seulement sacrée, mais elle est aussi un tremplin politique. Petit-fils de l’ex Premier ministre conservateur Constantin Mitsotakis (1990-1993), le nouveau maire d’Athènes, est aussi le fils de Dora Bakoyannis première femme maire d’Athènes et ex-ministre. Son oncle, Kyriakos Mitsotakis, est le chef de l’opposition et pourrait être le prochain Premier ministre grec.

Mais si faire partie d’une telle famille ouvre bien de portes cela peut aussi être à l’origine de grandes tragédies. Le père du nouvel élu, Pavlos Bakoyannis, avocat et député du parti conservateur Nouvelle Démocratie, a été assassiné en 1989 par le groupe terroriste marxiste "17 Novembre". Costas n’avait alors que 11 ans. Ironie du sort, pendant que la campagne électorale pour la mairie d’Athènes battait son plein, la Justice (sous l’impulsion d’une nouvelle loi votée par le gouvernement d’Alexis Tsipras) a accordé plusieurs permissions de sortie à Dimitri Koufodinas, l’assassin de son père et cerveau du groupe terroriste.

Costas Bakoyannis déclara son dégoût de voir cet homme se promener librement dans les rues de la capitale. Et il y donna une réponse toute politique. Sa campagne électorale a fait de la sécurité une priorité n’hésitant pas à fustiger le laxisme (supposé ou réel) du Premier ministre de gauche radicale face aux actes de vandalisme des mouvances anarchistes locales. À la mi-avril, il organisa des rencontres avec les commerçants du quartier d’Exarchia, haut lieu de la mouvance anarchiste grecque et de l’insécurité a Athènes. Des contre manifestants anarchistes venus le huer et insulter la mémoire de son père n’ont fait au final qu’augmenter son capital de sympathie.

Le soir du premier tour ou il frôla 45% des voix, Nouvelle Démocratie gagna les élections européennes avec plus de 9% d’avance sur le Syriza d’Alexis Tsipras. Pour Bakoyannis le second tour n’était plus qu’une formalité. Si Alexis Tsipras et tout le Syriza ont eu beau jeu de crier depuis cinq ans vouloir "mettre un terme aux dynasties politiques qui dirigent le pays depuis la fin du régime des colonels en 1974", le climat en Grèce a désormais changé. La victoire de Bakoyannis à Athènes s’annonce comme un prélude du triomphe électoral promis à son oncle lors des législatives anticipées qui auront lieu en Grèce le 7 Juillet.

Un grand séducteur

Dotée d’un sourire désarmant et d’une silhouette svelte digne d’un sportif, Kostas Bakoyannis a la réputation d’être un grand séducteur. Réputation peut-être méritée pour un homme qui a quatre enfants avec trois femmes différentes…

Ancien "indépendant"

Lors ses deux premiers combats électoraux, pour la mairie de Karpenisi et pour la présidence de la région de Grèce Centrale, Costas Bakoyannis a été élu sans étiquette de parti, comme candidat "indépendant". Dans les deux cas, Nouvelle Démocratie n’a pas présenté de candidat contre lui.

 

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